Burkina Faso
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DRAME DE PERKOA : Quelles leçons ?


Depuis le 16 avril dernier, six Burkinabè, un Tanzanien et un Zambien sont coincés dans les entrailles de la mine de Zinc de Perkoa, à 550 mètres de profondeur. Dès la survenue du drame, des responsables de la mine avaient mis en cause une inondation de la cavité, provoquée par des pluies diluviennes. D’autres sources ont soutenu la thèse d’une inondation de la  mine, intervenue, non pas à cause de fortes pluies, mais en raison de la rupture de la digue d’un barrage qui jouxte pratiquement la mine. Le Premier ministre, Albert Ouédraogo, accompagné de quelques ministres de son gouvernement, dépêché sur les lieux du drame, a pointé, quant à lui, des failles imputables aux responsables de la mine. Interdiction leur a été donc faite de franchir les frontières du pays jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur le drame. Ce drame, il faut le dire, a mis en  émoi tous les Burkinabè. Et l’on peut facilement imaginer l’angoisse que  vivent les proches des   huit (8) mineurs dont on est sans nouvelles depuis un mois. La situation invite au pessimisme, mais l’on garde encore l’espoir de les sauver. Le gouvernement y  veille et toute la Nation est en prière pour cela. En attendant le dénouement du drame, l’on peut déjà tirer des leçons pour que le Burkina soit définitivement à l’abri d’un tel phénomène. La première leçon est de faire en sorte que toutes les mines du pays soient équipées de matériels de sauvetage appropriés. En effet, dès la survenue de l’inondation, le constat a été fait que la mine ne disposait pas de pompes susceptibles d’évacuer les eaux en un temps qui ne mette pas la vie des mineurs en danger. L’on a été obligé de faire venir d’urgence du Ghana et d’Afrique du Sud, des machines de pompage plus performantes.

Le régime de Damiba est attendu sur le terrain de l’assainissement du secteur des mines.

Ce manquement  est tout simplement inadmissible. Il l’est d’autant plus que les sociétés minières sont de véritables  boîtes à sous. La deuxième leçon à tirer est en lien avec le fait qu’entre les mines et les communautés qui les accueillent, il n’y a pas d’osmose suffisamment forte pour que les populations fassent leurs, les difficultés des gens des mines. Cela, nous l’avons vécu en live à Perkoa. En effet, visiblement, le torchon brûlait entre les deux entités. Et il a fallu, avons-nous eu l’impression, le sens de la médiation d’un fils du terroir pour rabibocher “ ses parents “ avec les responsables de l’entreprise. C’est pourquoi, Bassolma Bazié, puisque c’est lui qu’il s’agit, s’est mis en première ligne dans l’équipe du gouvernement, pour approcher les chefs de terres et autres dépositaires des coutumes, pour qu’ils fassent le nécessaire pour sauver les huit (8) infortunés. La troisième leçon peut porter sur la création d’unités spécialisées dans les opérations de sauvetage dans les mines. C’est vrai que nos vaillants sapeurs-pompiers existent, mais les opérations de sauvetage dans les mines sont si complexes que le matériel et la formation des soldats du feu, peuvent se révéler inadaptés face à un drame tel que celui de Perkoa. L’on peut invoquer les propos du commandant d’unité adjoint de la 3e Compagnie des Sapeurs- pompiers, le lieutenant Stéphane Nana, pour corroborer cette réalité. Dépêché sur les lieux du drame  pour aider au sauvetage des huit mineurs, l’officier a dit, en substance, que   lui  et ses hommes  sont prêts pour  la plongée.

Seulement, ils sont confrontés à un certain nombre de difficultés. Il s’agit, entre autres, du fait qu’ils ont face à eux, une eau boueuse où la visibilité n’est pas au rendez-vous. Pourtant, explique-t-il, leur équipe ne dispose pas d’appareil pour ce genre d’opérations. C’est clair, nos sapeurs-pompiers    ne sont pas équipés pour faire face à la mission qu’on leur demande d’exécuter. La dernière leçon que l’on peut tirer du drame de Perkoa, est que toutes nos mines demandent à être sérieusement auditées. L’Union d’action syndicale (UAS) l’a, du reste, demandé. Il reste à savoir si le gouvernement de la transition va avoir le courage d’aller dans ce sens. Et pour cause. L’on peut prendre le risque de dire que certaines sociétés minières sont de véritables nébuleuses où sont impliqués des hommes politiques et pas des moindres. De ce fait, les intérêts du pays comptent pour du beurre. Certains bonzes des régimes Compaoré et Kaboré se sont particulièrement enrichis grâce à cela. Dès lors, on peut comprendre que certaines sociétés minières se croient tout permis au Burkina. Le respect du cahier de charges,  par exemple, si cahier de charges, il y a, est le cadet de leurs soucis. Le régime de Damiba qui prône, entre autres, la refondation, est donc attendu sur le terrain de l’assainissement du secteur des mines. Moralement et politiquement, le drame de Perkoa l’y invite.

Sidzabda