Benin
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

Des échanges autour du 60e anniversaire de l'OUA/UA

En partenariat avec le monde universitaire béninois, l’Institut Français a ouvert, mardi 13 juin 2023, un colloque à l’occasion des 60 ans de l’Organisation de l’Unité africaine, Union Africaine.

Le 60e anniversaire de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA/UA) a été marqué par un colloque autour de plusieurs thématiques à l’Institut Français. Dans son mot de bienvenue, Amadou Diongue, représentant résident de la CEDEAO près le Bénin a salué la démarche de l’Institut Français. « Le présent colloque se propose de comprendre l’organisation africaine à travers un regard croisé sur sa trajectoire historique, économique et politique dans une approche comparative avec la marche ayant abouti par exemple à la construction de l’Union européenne », a affirmé Amadou Diongue. Il note que la création de l’OUA a permis de jeter les bases nécessaires au continent pour relever certains défis dont entre autres sa libération du joug colonial et la fin de l’apartheid. Certes, poursuit-il, l’Union africaine a encore des défis à relever.
« L’intégration passe par des chantiers énormes sur tous les plans et dans tous les domaines. C’est un processus très difficile qui face à la complexité des défis, demande encore une volonté politique toujours renouvelée de la part des leaders africains dans le sens de l’unité et de la solidarité », a déclaré le représentant résident de la CEDEAO près le Bénin.

De l’OUA à l’UA

Au lendemain des indépendances, 32 chefs africains se sont réunis le 25 mai 1963 à Addis-Abeba, en Éthiopie pour fonder l’Organisation de l’unité africaine (OUA). C’est dans la vision panafricaine d’une Afrique unie, libre et en pleine possession de sa propre destinée. Selon Professeur Gérard Aïvo, l’OUA a connu des succès et des échecs. A sa création, rappelle-t-il, l’OUA avait deux objectifs. Le premier objectif est de libérer les peuples africains du joug de la colonisation et de participer à leur indépendance et au respect de l’intégrité de leur territoire. Le deuxième objectif est de contribuer à l’intégration du continent africain à travers la fédération des États africains. « Sur le premier objectif, on peut dire que l’OUA a atteint son objectif puisque, aujourd’hui tous les peuples africains sont libérés du joug de la colonisation », a relevé Professeur Gérard Aïvo.

Pour le deuxième objectif, poursuit-il, il y a encore du chemin à faire. «  L’Organisation n’a pas réussi sur ce plan », a indiqué le Chef département de droit public à l’UAC. C’est donc dans le but d’accélérer le processus d’intégration continentale que le 09 septembre 1999, les chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) ont signé la Déclaration de Syrte. En juillet 2022, l’Union africaine (UA) a vu le jour pour prendre le relais de l’OUA. Elle réunit 55 Etats africains depuis 2017. « L’Union africaine a décidé d’aller plus loin que l’OUA en mettant en place des organes un peu plus techniques (Parlement africain, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples etc) ; un certain nombre d’institutions techniques capables d’aider l’organisation à aller beaucoup plus vers l’intégration et le développement des peuples », informe-t-il. A l’en croire, l’Union africaine fait des efforts en termes d’intégration, de développement, de pacification mais elle a aussi des difficultés à faire face aux questions de sécurité et de développement. « Sécurité avec le terrorisme, les questions de conflits armés sur le continent, les questions de crises politiques et institutionnelles dans un certain nombre d’Etat africain mais également avec le respect des engagements de chacun des États à aller plus loin dans l’intégration », souligne l’enseignant-chercheur. Son intervention durant la première table ronde du colloque ‘’Histoire et politique’’ a permis de cerner les mutations complexes des organes juridictionnels de l’OUA à l’UA tout retraçant l’histoire de l’organisation continentale.

« Pour que l’UA passe d’une organisation de coopération à une véritable organisation d’intégration, il faut qu’elle continue de se reformer », a-t-il indiqué. L’organisation doit selon lui, investir dans la recherche. « Les chercheurs doivent dire ce qui ne va pas. Sans une remise en cause permanente, l’UA risque de végéter dans une léthargie qui risque d’emporter sa mort prochaine », a ajouté Gérard Aivo.

Dr Ebénezer Sedegan a axé son intervention sur l’intangibilité des frontières sous l’OUA/UA et enjeux géostratégiques des crises frontalières en Afrique (1964-2012). Il relève que le principe d’intangibilité des frontières adopté par l’OUA en juillet 1964, était une disposition illusoire qui ne mettait pas la plupart des Etats africains à l’abri des crises de frontières et ne garantissait nullement l’intégration des peuples africains.
Les communications de la première table ronde ont aussi permis d’échanger sur les constructions identitaires, la clinique de la multiplicité dans le débat des défis posés à l’Union Africaine avec Dr Olga Bamisso.

La deuxième table ronde a été l’occasion pour les intervenants de faire une approche comparée des constructions de l’Union africaine et de l’Union européenne sur les plans juridiques, économiques ou politiques. Les discussions se poursuivent ce mercredi 14 juin à l’Institut Français avec deux tables rondes ‘’Trajectoire économique’’, ‘’Histoire et actualité du panafricanisme’’. L’industrialisation des pays africains, l’intégration économique, l’évolution du panafricanisme feront l’objet des échanges.

Akpédjé Ayosso

www.24haubenin.bj ; L'information en temps réel

14 juin 2023 par Akpédjé Ayosso, Ignace B. Fanou