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Blanchiment de dents : la population appelée à être prudente

En attendant que le blanchiment de dents soit un acte réservé aux dentistes et aux hygiénistes, les professionnels de la santé dentaire tiennent à prévenir la population des possibles dangers des blanchiments offerts dans les cliniques d’esthétique.

«Le blanchiment de dents est peut-être un traitement esthétique, ça reste quand même du peroxyde qu’on injecte dans la dent. Il faut un suivi médical sinon il peut y avoir des complications pour les gencives, notamment», a plaidé Fannie Leblanc, une hygiéniste dentaire qui travaille en prévention, en entrevue téléphonique.

Un peu plus tôt cette semaine, elle s’était insurgée sur sa page Facebook qu’une clinique d’esthétique puisse offrir des coquilles blanchissantes après un court questionnaire en ligne alors que le même traitement en clinique dentaire nécessite une évaluation d'une heure trente.

Bientôt une loi

Conscients qu’il y avait beaucoup de désinformation, l’Ordre des hygiénistes dentaires et celui des dentistes ont milité durant des années pour que le blanchiment des dents soit un acte réservé à leurs membres.

Au début du mois, la ministre de la Justice, Sonia LeBel, a déposé le projet de loi 29, qui répond à leur demande. C’est donc dire que les cliniques d’esthétique devront se départir de leurs lampes et de leurs gouttières blanchissantes, si la loi est adoptée l’an prochain comme le souhaite le gouvernement.

«Je suis soulagé qu’il y ait un projet de loi. Il a eu beaucoup d’abus dans les dernières années. On a vu des gens qui se sont improvisés techniciens en blanchiment, ce qui n’existe pas. On a vu beaucoup de complications de mauvais blanchiment», a commenté le président de l’Ordre des dentistes, Barry Dolman, en entrevue.

Le Dr Dolman a assuré que la position de son organisation n’est pas motivée par les profits que les dentistes pourraient tirer de la loi. Un blanchiment coûte de 60 à 200 $ dans des cliniques d’esthétique, mais ce peut être beaucoup plus élevé chez un dentiste.

«C’est sûr que c’est plus cher, mais c’est le prix à payer pour ne pas avoir de problème. Par exemple, si vous vous faites blanchir les dents, mais que vous aviez des couronnes que vous ne soupçonniez pas, vous allez devoir les refaire et ça va coûter 1000 $ », a défendu de son côté l’hygiéniste Fannie Leblanc.

Problème de formation

Pour les esthéticiennes, le projet de loi représente un important enjeu financier.

«Il faut savoir que c’est très payant. Le matériel ne coûte rien et 90 % du prix d’un traitement revient en profit», a indiqué à l’Agence QMI une infirmière auxiliaire qui donne à temps partiel des formations sur les technologies blanchissantes.

Elle n’a pas voulu être identifiée, car elle craint de subir des représailles de certaines clinques d’esthétique qu’elle tient à dénoncer.

«Les filles sont pour la plupart mal formées. J’ai déjà vu quelqu’un laver une gouttière dans un lave-vaisselle, pensant la stériliser. Même si ça représente une petite perte de revenu pour moi, je dois dire que ce serait une bonne affaire que la loi passe», a-t-elle laissé tomber.

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