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Bombardier : l’École nationale d’aéronautique optimiste malgré tout

LONGUEUIL – Malgré toutes les turbulences chez Bombardier, il y a d’autres débouchés dans cette industrie, insiste l’École nationale d’aéronautique, qui est en pleine période de recrutement à deux semaines de la date limite d’inscription.

L’établissement collégial de la Rive-Sud, qui est affilié au Cégep Édouard-Montpetit, tenait d’ailleurs dimanche après-midi une journée portes ouvertes.

«C’est sûr qu’on se fait beaucoup parler de Bombardier», a reconnu Laurie Breton, qui avait pour mandat de présenter son programme d’étude devant des jeunes du secondaire pour l’occasion.

Cette finissante en technique de maintenance d’aéronerfs est peu préoccupée par toute l’incertitude qui plane autour du géant québécois depuis que le ministre du Développement économique, Pierre Fitzgibbon, a annoncé que l’entreprise a vendu les parts qui lui restaient dans l’ancienne C-Series à Airbus.

«Bombardier, c’est un seul côté de l’aviation. Il y a plein d’autres entreprises. C’est sûr que ceux qui se dirigent en conception et en assemblage, ça les touche plus. Mais moi, ma carrière, ça va être la réparation», a raisonné Laurie Breton, qui a déjà été approchée par quatre employeurs alors qu’elle n’a même pas encore terminé son cours.

Une bonne entente

Le taux de placement à l’École nationale d’aéronautique (ÉNA), la seule au Québec qui forme des techniciens dans ce domaine, est de l’ordre des 100 %.

Pour Pascal Desilets, directeur de l’ÉNA, cet indicateur très encourageant ne risque pas d’être beaucoup affecté si jamais l’usine de Mirabel venait à être fermée par Airbus, malgré l’entente tacite avec le gouvernement du Québec pour préserver les emplois.

Pascal Desilets, directeur de l'École nationale d'aéronautique à Saint-Hubert

Photo Agence QMI, Étienne Paré

Pascal Desilets, directeur de l'École nationale d'aéronautique à Saint-Hubert

De toute manière, la compagnie française n’aurait pas intérêt à rapatrier la production de l’avion A220, le nouveau nom de la C-Series, vers son hub de Toulouse, assure M. Desilets.

«La main d’œuvre québécoise est la meilleure au monde. À Toulouse, ils ont de la difficulté à former une main-d’œuvre technique, comme à l’ÉNA. Nous ce qu’on entend des gens d’Airbus avec qui l’on parle, c’est qu’ils veulent développer le Québec. Pour nous, c’est une bonne entente qui va permettre de sauver des emplois», a-t-il tenu à faire savoir.

Le directeur de l’ÉNA en pense de même pour l’Américaine Textron, qui, comme le rapportait le «Wall Street Journal» il y a deux semaines, serait en discussion avec Bombardier pour racheter sa production d’avions d’affaires, basée en partie à Montréal.

Pas d’impact pour le financement

Reste que le démantèlement de Bombardier signifie la perte d’un fleuron québécois, qui avait particulièrement à cœur de financer une école comme l’ÉNA.

«C’est notre principal soutien financier pour nos recherches, mais ça ne m’inquiète pas. Pratt & Whitney est aussi un important contributeur et le siège social est aux États-Unis», a ajouté M. Desilets, qui est davantage tracassé par le nombre d’élèves dans son école, les 1300 actuels étant largement insuffisants pour combler la pénurie de main-d’œuvre.