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Cartes de crédit de fintechs : qu'est-ce que c'est et pourquoi ce marché explose?

Brim, Caary, Cypto.com, Float, Jeeves, Neo, Nexo : les banques traditionnelles affrontent désormais une concurrence féroce au Canada, avec l’arrivée d’une multitude de cartes de crédit d’entreprises de technologies financières (fintechs). Et s’y retrouver n’est pas toujours facile.

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Pouvez-vous utiliser vos bitcoins pour acheter du lait au dépanneur avec votre carte de crédit habituelle? Probablement pas. Comme vous l’avez peut-être vu passer sur une publicité en ligne, les cartes de Crypto.com et Nexo, elles, le permettent. D’autres cartes du genre proposent des programmes de fidélités originaux, de recevoir de sa paye deux jours à l’avance ou peuvent être obtenues en quelques minutes seulement. 

Ce n’est pas pour rien si ces cartes de nouvelle génération semblent désormais partout. Non seulement elles sont nombreuses, mais si en plus vous avez le malheur d’en chercher une sur le web une seule fois, vous serez inondés de publicités pour les mois à venir.

« Les fintechs sont généralement financées par du capital de risque. Elles peuvent perdre de l’argent pour chaque client qu’elles acquièrent, alors elles sont agressives », observe Julien Brault, PDG de Hardbacon, une application de gestion de portefeuille. 

Ces cartes sont soumises aux mêmes règles que celles des banques traditionnelles. « Une entreprise qui décide d’évoluer dans le marché du crédit variable (qui comprend les cartes de crédit) devra respecter l’ensemble des règles prévues à cet égard », confirme Charles Tanguay, porte-parole de l’Office de la protection du consommateur. 

Pour des raisons légales, ces cartes sont d’ailleurs émises en partenariat avec des institutions financières traditionnelles, généralement de plus petites banques méconnues du grand public, comme Peoples Trust et Digital Commerce Bank. 

Avantageux? Ça dépend pour qui

Les cartes de crédit de fintechs offrent pratiquement toutes de jolies applications mobiles, qui permettent de suivre ses dépenses d’une façon léchée et efficace. « On ne change toutefois pas de carte de crédit parce qu’une application est plus belle », estime Julien Brault. 

Pour trouver son compte dans ce nouveau marché, les consommateurs doivent magasiner les offres et les caractéristiques uniques des fintechs, qui varient grandement d’une carte à l’autre. 

Brim, par exemple, se démarque par ses offres pour les voyageurs et les familles, puisqu’aucun frais n’est chargé sur les transactions internationales et que chaque carte gratuite supplémentaire peut être contrôlée facilement (bloquer une carte en un clic, ou empêcher les achats en ligne, par exemple). Neo se spécialise pour sa part dans le magasinage, avec des remises plus élevées que la moyenne auprès de ses commerces partenaires. 

« Dans l’ensemble, les cartes prépayées populaires auprès des fintechs sont moins avantageuses que les cartes régulières », note toutefois Julien Brault. C’est logique : ce sont après tout avec leurs taux d’intérêt élevés que les cartes de crédit rapportent de l’argent aux institutions financières, et les cartes prépayées ne permettent pas d’emprunter de l’argent. 

Il y a quand même des exceptions, selon les avantages recherchés. La carte prépayée Koho offre par exemple une application complète, avec virements électroniques et suivi du budget, mais surtout une fonctionnalité pour rebâtir son crédit, en déboursant 7$ par mois. 

Des cartes de crédit prépayées comme celles de Crypto.com et Nexo permettent quant à elles d’alimenter son compte avec des cryptomonnaies, et même de retirer de l’argent à partir de son portefeuille bitcoin ou ether dans n’importe quel guichet automatique.

La lenteur des banques et l’argent des fintechs

L’arrivée des cartes de crédit de fintechs peut être expliquée par plusieurs facteurs, tout particulièrement la lenteur des banques à s’adapter, l’explosion du financement et l’arrivée à maturité d’un nouvel écosystème technologique. 

Les fintechs ont en effet bénéficié du manque d’opportunisme des banques à répondre à certains besoins, comme l’intégration de cryptomonnaies. « Les banques ont aussi mal exploité le marché des cartes prépayées pour les gens avec du mauvais crédit, et les fintechs en ont profité », ajoute le PDG de Hardbacon.

Environ 950 milliards de dollars ont aussi été investis dans des fintechs au cours de la dernière décennie. Ces investissements ont notamment permis le développement de technologies conçues pour faciliter la mise en place de cartes de crédit. Swipe.IO, par exemple, fournit pratiquement toute l’infrastructure nécessaire pour émettre des cartes virtuelles et physiques et payer dans plus de 30 pays dans le monde.

« Il aurait été possible de créer une nouvelle carte de crédit il y a cinq ans, mais ça aurait été difficile. Aujourd’hui, c’est plus simple », note Julien Brault.

Autrement dit, mieux vaut s’habituer à l’arrivée de nouvelles cartes d’entreprises de technologies financières, car ce n’est probablement que le début.