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Congédiement de Stéphane Waite: encore une nouvelle voix

Marc Bergevin avait bâti une relation très solide avec Stéphane Waite. Les deux hommes ont grandi avec les Blackhawks de Chicago, gagnant même la coupe Stanley ensemble en 2010. À cette époque, Bergevin occupait un rôle de directeur du personnel, alors que Waite était l’entraîneur des gardiens. 

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Lundi dernier à l’entraînement du Canadien à Brossard, Stéphane Waite était loin de se douter que sa relation achevait avec les gardiens Jake Allen, Carey Price et Charlie Lindgren.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Lundi dernier à l’entraînement du Canadien à Brossard, Stéphane Waite était loin de se douter que sa relation achevait avec les gardiens Jake Allen, Carey Price et Charlie Lindgren.

Waite a suivi Bergevin à Montréal un an après son embauche au poste de directeur général. Le 4 juillet 2013, soit un mois après une autre conquête avec les Hawks, Waite devenait le nouveau mentor pour Carey Price. 

À Chicago, Waite avait mené deux gardiens à la terre promise : Antti Niemi en 2010 et Corey Crawford en 2013. À Montréal, il n’y aura finalement jamais eu de triomphe même s’il s’associait à l’un des meilleurs gardiens de sa génération en Price. 

En 2014-2015, soit à sa deuxième année sous l’influence de Waite, Price a connu sa meilleure saison dans la LNH, gravant son nom sur les trophées Hart et Vezina en plus de conduire son équipe à la finale de l’Est. 

Mais il n’y a aucune relation éternelle dans le monde du hockey. À sa huitième saison avec le CH, Waite a compris cette règle d’une façon assez inusitée. Bergevin lui a appris son congédiement après la deuxième période du match entre le Canadien et les Sénateurs, mardi, au Centre Bell. 

Deux longues histoires, soit celle entre Bergevin et Waite et celle entre Price et Waite, venaient de s’éteindre pendant que la zamboni faisait la glace. 

« Ce n’était pas une décision facile, a expliqué Bergevin pendant l’entraînement du CH hier à Brossard. J’ai fait ce choix durant la journée d’hier. Je devais être prêt à 100 %, tu ne peux pas prendre une telle décision quand tu es 98 % dans ton esprit. »

« Quand tu prends une telle décision, il y a toujours le côté humain. Je ne voulais pas l’annoncer avant le match, afin d’éviter une distraction. Pourquoi après la 2e période ? Il n’y avait plus d’enjeu pour Stéphane. Je voulais que ce soit le plus facile pour lui, il n’avait pas à rester près des entraîneurs et joueurs. Il avait la 3e période pour prendre ses choses et quitter. Ce n’est jamais facile, jamais idéal. Il n’y a pas eu une histoire, une chicane ou une confrontation. J’ai pris la décision pour l’organisation. »

Un cas différent

Le 12 janvier 2012, Pierre Gauthier avait capté l’imaginaire en échangeant Michael Cammalleri aux Flames de Calgary après la deuxième période d’un match contre les Bruins à Boston. 

« Je ne peux pas comparer les deux, a répliqué Bergevin. Mike Cammalleri participait à un match. On l’a sorti de la glace. Waite n’avait pas un effet sur la rencontre. »

Dans son rôle d’entraîneur des gardiens, Waite regardait le match de la passerelle de presse, mais il retournait au vestiaire pour parler avec Price ou Jake Allen entre les périodes. Après le deuxième engagement, il n’avait plus de contact direct avec son gardien.  

Une autre voix

Le 24 février dernier, Bergevin a remplacé Claude Julien par Dominique Ducharme et Kirk Muller par Alexandre Burrows. Le DG a offert un autre coup de balai une semaine plus tard. Pourquoi ne pas avoir fait tous les changements au même moment ?

« J’ai fait le changement la semaine dernière avec Dominique, mais je n’étais pas prêt à le faire pour Stéphane. J’ai décidé ça hier. C’est ma neuvième année comme DG. À mon arrivée, on avait Pierre Groulx à ce poste. Je ne suis pas un homme qui fait des changements uniquement pour faire des changements. Huit ans, c’est une bonne période. Je voyais qu’on avait besoin d’une nouvelle voix pour nos gardiens. J’avais un instinct. Tu dois te faire confiance. Je sentais qu’on avait besoin d’un changement. » 

« C’est une décision réfléchie, a-t-il continué. Ce n’est pas juste basé sur cette saison. Je revois de mauvaises habitudes [pattern]. Comme DG, je dois amener des joueurs ici. Et leur donner des outils pour connaître du succès. J’amène un homme d’expérience et crédible avec Sean Burke. Il a l’expérience. Il peut se mettre dans la peau d’un gardien. » 

Un directeur des gardiens

Burke sera le quatrième entraîneur des gardiens de Price après Roland Melanson, Groulx et Waite. Contrairement à ses prédécesseurs, Burke a hérité du titre de directeur des gardiens, pas simplement un rôle d’entraîneur.

« Sean a fait un bon travail dans le passé en Arizona avec Mike Smith, Devan Dubnyk et Ilya Bryzgalov. Il a de l’expérience. Comme on dit en québécois, ce n’est pas un deux de pique. Il a de l’expérience et du vécu. Avec Burke plus près de nous, ça fait de nous une meilleure équipe. Je ne dis rien contre Stéphane. Il a réalisé tout un travail. Mais je sens qu’on avait besoin d’une nouvelle voix, une voix différente. »

♦ Burke devrait sauter sur la glace avec Price et Allen à partir du 19 mars, soit après sa quarantaine obligatoire à Montréal. Pendant ce temps, Marco Marciano, du Rocket de Laval, travaillera avec les gardiens du CH.

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