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Il court sur le Saint-Laurent pour se rendre au bureau

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Il court sur le Saint-Laurent pour se rendre au bureau

Photo courtoisie, Joan Roch

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Lorsque le Saint-Laurent gèle suffisamment, Joan Roch ose courir dessus pour aller et venir de son travail au centre-ville de Montréal à partir du Vieux-Longueuil. Le père de famille de 45 ans en profite alors pour passer sous le trafic du pont Jacques-Cartier.

Joan Roch court jusqu’au travail presque sans interruption depuis six ans. La piste du pont Jacques-Cartier est fermée et non-entretenue, mais il contourne les barrières et l’emprunte quand même. Lorsque toutefois des rénovations il y a quelques années ont totalement barré le pont aux piétons, au lieu de s’acheter une carte Opus en se résignant au métro, cet adepte de l’ultra-marathon a préféré s’aventurer sur le Saint-Laurent, plus précisément sur le canal de la Rive-Sud. « J’ai fait ça avec un ami pour qu’on puisse s’aider en cas de pétrin. La nuit d’avant, j’ai mal dormi. Mais ça s’est bien déroulé. »

Il n’est pas fou. Il passe là où des pêcheurs sur glace se déplacent avec leurs 4X4. Une fois sur l’île Notre-Dame, il va rejoindre le pont de la Concorde (par-dessus les parties encore liquides du fleuve) pour atteindre Montréal.

Magnifique vue

Il court sur le Saint-Laurent pour se rendre au bureau

Photo courtoisie, Joan Roch

« La vue sur la métropole et sur le pont à partir du fleuve est magnifique et j’utilise mes courses quotidiennes pour faire de la photo », raconte-t-il. Sa page Facebook Joan Roch/Ultra-ordinaire compte quelque 7000 membres. Son livre Ultra-ordinaire : journal d’un coureur (Éditions de l’Homme, 2016) s’est écoulé à quelque 8000 exemplaires.

« Nous sommes juste trois à traverser la voie maritime en jogging pendant l'hiver et ça ne risque pas de devenir populaire », juge Joan Roch qui a l’habitude des performances extrêmes. Par exemple : en 2015, il a couru le trajet Québec-Montréal par la route 138 en 31 heures et demi.

Dangereux

Il court sur le Saint-Laurent pour se rendre au bureau

Photo courtoisie, Joan Roch

Mon éditeur m’incite à vous rappeler que si la glace cédait sous vos pieds vous pourriez subir le supplice « hypothermique » du personnage de Leonardo DiCaprio dans Titanic. S’il y a un peu partout des pêcheurs avec leurs F-350, ça ne signifie pas forcément que la glace est solide partout sur l’étendue d’eau ; dans le doute, abstenez-vous. Chaque année des motoneigistes se font prendre à ce piège sur un lac ou une rivière.

Comme je le disais plus tôt, Joan Roch se fie aux pêcheurs. Il écoute leur avis. « Lorsque je les vois percer leurs trous et poser leurs lignes, je descends du pont. » Il a fait sa première traversée fluviale de l’hiver vendredi dernier seulement. La neige abondante l’arrête-t-elle ? « Non ! Au pire, j’enfile mes raquettes de course ! »

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