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Canada

L’échec du bingo électronique

Le projet-pilote de Loto-Québec visant à donner un second souffle à l’industrie du bingo s’est avéré un échec, a appris Le Journal. Certains établissements ont même enregistré une baisse importante d’achalandage.

« Malheureusement, cela n’a pas été concluant pour nous », indique Roch Huot, directeur général au Bingo des Chutes, à Beauport. « Nous avons voulu aller chercher un peu de modernité [...], mais cela a été une bouchée trop grosse pour la clientèle actuelle, qui n’a pas aimé cela », poursuit-il.

À l’automne 2018, Loto-Québec et le Secrétariat du bingo sont passés à l’offensive pour moderniser cette industrie qui traverse une période plus difficile. L’objectif étant d’attirer de nouveaux joueurs dans les salles grâce à une offre bonifiée, des cagnottes plus élevées et un jeu en réseau.

Rappelons que le gouvernement avait donné son aval au projet-pilote de bingo électronique (Bingo +) au printemps 2016. Avec cette solution, Québec espérait rajeunir la clientèle dont l’âge moyen est d’environ 60 ans.

Il faut dire que des 176 salles de bingo à travers la province en 1997, aujourd’hui, il n’en reste que 41 et des centaines d’organismes sans but lucratif (OSBL) dépendent toujours des revenus de ces établissements.

Au cours des derniers mois, cinq salles ont participé au projet-pilote de Loto-Québec qui a nécessité un investissement de plus de 630 000 $ pour développer la solution technologique avec la compagnie américaine Planet Bingo.

Pas rentable

Après moins de trois mois, l’établissement de Longueuil a décidé de se retirer de l’aventure. Trois autres salles ont emboîté le pas au cours de l’été dernier et la dernière a quitté le programme au mois d’octobre.

« À notre avis, le plan d’affaires du projet-pilote n’était peut-être pas rentable. Les salles n’arrivaient pas dans leurs frais », explique Eric Castonguay, directeur général du Secrétariat du bingo.

« C’est certain que je suis inquiet par ces résultats avec Bingo +. Nous sommes la seule province qui n’a pas réussi dans l’aventure du bingo électronique », poursuit-il.

Lorsque Québec a accepté d’aller de l’avant avec le projet-pilote en 2016, le gouvernement emboîtait le pas à d’autres provinces canadiennes comme l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique.

Selon M. Castonguay, qui prône maintenant une réglementation plus allégée afin d’aider l’industrie, l’expérience des derniers mois a tout de même permis de connaître mieux les joueurs, notamment le fait qu’ils ne cherchent pas nécessairement à obtenir des magots plus alléchants et qu’ils sont sensibles aux changements. 

Commun accord

Chez Loto-Québec, on souligne que c’est d’un commun accord avec les gestionnaires de salles que l’offre a été retirée. « Après un an d’opération, le projet-pilote ne s’est pas avéré aussi porteur que souhaité », note le porte-parole, Renaud Dugas. « Loto-Québec prend très au sérieux l’importance du bingo pour le financement des OSBL », dit-il.

Pour l’année 2018-2019, la contribution annuelle totale de Loto-Québec aux OSBL a été de l’ordre de 16 millions $.

Le bingo au Québec

Une « révolution » qui ne passe pas

Alors que l’objectif du projet-pilote visant à relancer l’industrie du bingo était d’attirer de nouveaux joueurs, au Bingo des Chutes, à Beauport, l’effet a été l’inverse, et l’achalandage a chuté de 20 % durant la période visée.

« C’est certain qu’il y a une inquiétude. On voit décliner notre industrie. Il y a moins de gens. [...] Notre produit est vieillot, et nous avons de la misère à le moderniser. En plus, avec ce qu’on vient de voir, peut-on vraiment faire des changements ? », demande Roch Huot, directeur général de l’établissement.

Selon lui, les modifications imposées aux joueurs dans le cadre du projet-pilote avec Loto-Québec, notamment pour des produits électroniques et différents jeux avec des lots progressifs, ont refroidi l’ardeur de la clientèle.

« Nous voulions évoluer, mais je pense que nous avons révolutionné, et cela n’a pas marché », dit le directeur général.

« Lorsque nous avons conçu le projet, nous ne pensions pas que certains éléments allaient heurter les clients, mais cela a été le cas », poursuit-il.

De 350 à 150 personnes

Depuis qu’il a abandonné la nouvelle formule en juillet dernier, M. Huot mentionne avoir vu son achalandage revenir à la normale dans sa salle.

En 2007, environ 350 personnes participaient à ses événements, aujourd’hui, ils sont 150.

« Je pense que c’est utopique de penser qu’on pourrait remplir de nouveau des salles », concède au Journal le patron, croyant tout de même à la survie de son industrie. Il n’y aura toutefois « pas de solution miracle », avoue-t-il.

« Une nouvelle boîte à outils pour la réglementation nous ferait du bien. Par exemple, on pourrait arrêter de donner le papier de bingo. Cela représente des coûts de 85 000 $ par année. L’échec de Bingo + n’est pas relié à la tablette, c’est vraiment en raison de l’offre », avance-t-il. « On pourrait aussi pouvoir offrir de l’alcool », conclut-il.

Révision de la réglementation

Le Secrétariat du bingo est aussi d’avis que le salut de l’industrie passe aujourd’hui par une révision de la réglementation.

D’ailleurs, un comité consultatif travaille présentement avec la Régie des alcools, des courses et des jeux, afin d’analyser les changements qui pourraient donner un coup de pouce à l’industrie du bingo.

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