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«La main de Dieu»: Paolo Sorrentino revisite son adolescence

Paolo Sorrentino nous a habitués à du délire («The Young Pope») et à du grand art («La grande beauté» et «Youth»). Mais aujourd’hui, en revisitant son enfance, il se perd dans les méandres de la nostalgie. 

Fabietto (Filippo Scotti) est un adolescent habitant à Naples avec ses parents Maria (Teresa Saponangelo) et Saverio (Toni Servillo) ainsi qu’avec son frère Marchino (Marlon Joubert). Sa vie est rythmée par ses cours, les réunions de famille et les rumeurs de l’arrivée de Diego Maradona dans l’équipe de soccer de la ville.

Et puis, il y a la tante Patrizia (Luisa Ranieri), battue par son mari, Franco (Massimilliano Gallo), et qui lui fait de l’œil et alimente ses fantasmes de jeune homme. Et puis, il y a la Baronesse (Betti Pedrazzi), la voisine du dessus, avec ses cigarettes. Et puis, il y a aussi Maria qui n’aime rien tant que de faire des plaisanteries à son mari, Saverio, communiste convaincu.

Le scénario de «La main de Dieu» est moins une histoire qu’une galerie de personnages attachants, troublants, dérangeants. Vus à travers le regard de Fabietto, ils prennent parfois un relief inattendu, les événements – dont on tait les détails à dessein – les transforment, les font évoluer. Peu à peu, Fabietto mûrit, découvre la vie, la sexualité, les secrets de ses parents, avant de tracer sa propre route.

Avec ce mélange de dureté et d’absurde dont Paolo Sorrentino a le secret (son «Il Divo» en est le meilleur exemple), le réalisateur examine sa famille, la matriarche mangeant une burratta à pleines mains, le fiancé lourdement handicapé d’une vague connaissance, la sœur de Fabietto qui demeure pendant presque tout le film enfermée dans la salle de bains.

On trouve aussi dans «La main de Dieu» une tendresse nostalgique. La tendresse du regard sur Patrizia (et sur ses seins), sur la Baronesse, sur ses parents aussi malgré leurs manquements. Mais, à mi-chemin de cette chronique familiale, Paolo Sorrentino oublie le recul nécessaire et la mise en scène obligatoire dans toute œuvre inspirée de sa propre expérience. On y sent les errements de l’adolescent de l’époque et les doutes, le cinéaste ne parvenant plus à capter l’attention. Les scènes deviennent lourdes, presque redondantes, jusqu’à la finale, presque trop facile.