Canada

Le favori s’électrise

La cinquième génération du RAV4, qui a fait ses débuts l’année dernière, propose une version hybride moins énergivore que sa devancière qui plaît aux Canadiens, et plus encore que la Prius. 

Tout le monde connaît le Toyota RAV4. C’est normal puisqu’il fait partie de notre faune automobile depuis presque un quart de siècle. Puis, en 2019, il a bousculé l’ordre établi en devenant le troisième véhicule le plus vendu au Canada, après les grandes camionnettes Ford Série F et Ram. Du coup, cet utilitaire compact a relégué au quatrième rang la Honda Civic, qui occupait cette position prestigieuse au palmarès des ventes depuis 2011 ; un revirement reflétant l’engouement toujours croissant des consommateurs à l’égard des camionnettes et utilitaires en tous genres. 

La popularité en hausse d’un modèle engendre naturellement la multiplication de ses variantes, le constructeur espérant ainsi mieux satisfaire des attentes diversifiées. Dans le cas du RAV4 2020, modèle de cinquième génération introduit sur le marché l’an dernier, cela s’exprime par rien de moins que neuf variantes inscrites au catalogue. Trois d’entre elles sont des hybrides et elles suscitent de plus en plus d’intérêt. L’an dernier, les automobilistes canadiens les ont même préférés à la Prius : ils ont acheté 14 246 RAV4 hybrides (soit 22 % de tous les RAV4 vendus), mais seulement 8696 Prius. Parions que le RAV4 Prime 2021, l’hybride rechargeable promis pour l’été prochain, accentuera encore davantage l’écart séparant ces deux modèles.

CONCEPTION POLYVALENTE

Le constructeur offre plusieurs peintures de carrosserie deux tons comme celle-ci, avec un toit noir.

Photo courtoisie, Toyota

Le constructeur offre plusieurs peintures de carrosserie deux tons comme celle-ci, avec un toit noir.

Lorsqu’on sait qu’un acheteur sur cinq choisit une RAV4 hybride, on réalise que les véhicules électrifiés n’ont plus besoin d’une allure hétéroclite, comme la Prius, pour être désirables. L’essai réalisé au volant d’une version Limited hybride nous l’a démontré.

La silhouette repensée du RAV4, plus massive qu’auparavant, plaît assurément si l’on se fie aux nombreux commentaires élogieux que nous avons entendus. Heureusement, cette esthétique repensée n’enlève rien à l’aspect polyvalent et pratique qu’on attribue à cet utilitaire depuis toujours. Pas surprenant, puisque la batterie qui alimente ses moteurs électriques est assez petite pour être logée sous le siège arrière. Cela évite d’amputer le volume utile du coffre, qui est particulièrement vaste. Il a une hauteur libre importante et lorsque les dossiers de la banquette arrière sont repliés, on dispose d’un volume supérieur à celui de son principal rival, le Ford Escape hybride : 1977 L contre 1722. 

Le nouveau RAV4 est construit sur une plateforme GA-K très rigide de la famille TNGA (pour « Toyota New Global Architecture »), celle-là même qui sert à la Camry, à l’Avalon et au Highlander. La version hybride, pour sa part, partage la motorisation des Camry SE et XLE hybrides. Elle combine un moteur 4-cylindres à essence de 2,5 L à cycle Atkinson à des moteurs-générateurs électriques. Cet ensemble transmet une puissance nette de 219 ch aux roues motrices par le biais d’une boîte de vitesses automatique à variation continue caractérisée par une grande souplesse de fonctionnement. De plus, toutes les versions du RAV4 hybride ont une transmission intégrale de série, un système « sur demande » qui justifie en quelque sorte le sens donné à l’acronyme désignant ce véhicule : « Recreational Active Vehicle with 4-wheel-drive ».

MOTORISATION VIVE

On reconnaît le RAV4 hybride à son écusson à fond bleuté, que partagent tous les modèles Toyota à motorisation hybride.

Photo courtoisie, Toyota

On reconnaît le RAV4 hybride à son écusson à fond bleuté, que partagent tous les modèles Toyota à motorisation hybride.

Par rapport au RAV4 hybride de la génération antérieure, la nouvelle motorisation livre 25 ch de plus (puissance nette). Cela se traduit par une accélération de 0 à 100 km/h vive qu’on accomplit en 7 s et des poussières. Le modèle 2018 nécessitait près de 9 s pour en faire autant. En outre, le nouveau système de transmission intégrale adopté pour ce RAV4, qui emploie un moteur électrique monté à l’arrière pour entraîner les roues arrière, hausse de 30 % le couple transmis à ces roues, par rapport au système AWD-i de la génération précédente. Cela améliore l’expérience de conduite sur route sinueuse, mais aussi lorsque les conditions climatiques sont moins clémentes.

Comme pour les Camry SE et XLE hybrides, les moteurs électriques de cet utilitaire sont alimentés par une batterie au nickel-hydrure métallique (NiMH) de 1,6 kWh. Cette forme d’électrification permet au RAV4 de se déplacer sans intervention du moteur thermique sur de très courtes distances seulement. Le RAV4 Prime, lui, pourra parcourir une soixantaine de kilomètres en mode électrique, mais son prix (qui n’a pas encore été annoncé) sera assurément plus élevé. 

PLUS ÉCOÉNERGÉTIQUE

Ces commandes situées devant le levier de vitesses sont petites et difficiles à situer d’un bref coup d’œil.

Photo courtoisie, Toyota

Ces commandes situées devant le levier de vitesses sont petites et difficiles à situer d’un bref coup d’œil.

En mariant ainsi le thermique et l’électrique, Toyota affirme avoir réduit la consommation moyenne de ce véhicule d’environ 20 % comparativement à l’hybride de la génération antérieure. Les chiffres publiés par ÉnerGuide le confirment, puisque la cote moyenne a chuté de 7,3 à 6,0 L/100 km. La cote moyenne du nouveau RAV4 hybride est donc inférieure de plus de 2,0 L à celle d’un RAV4 ordinaire à quatre roues motrices (8,2 à 8,6 L, selon la version). Fait à noter : au terme de notre essai, nous avons relevé une moyenne de 7,2 L. Notre cote, qui est légèrement plus élevée, s’explique sans doute par les nombreux déplacements effectués sur autoroute durant notre essai. Après tout, c’est en ville qu’un véhicule hybride du genre devient le plus écoperformant.

Toyota offre quatre versions de cet utilitaire hybride à des prix allant de 32 350 $ (LE) à 42 790 $ (Limited). Non, le RAV4 n’est plus le véhicule bon marché qu’il était en 1996. Même la version d’entrée de gamme à moteur thermique et deux roues motrices affiche un prix de 28 090 $. En revanche, sa dotation est étoffée et la finition, sans reproche. Cela dit, les matériaux pourraient gagner un brin en qualité, à mon avis. 

L’écran tactile, qui domine la partie centrale du tableau de bord, s’intègre mal à l’ensemble.

Photo courtoisie, Toyota

L’écran tactile, qui domine la partie centrale du tableau de bord, s’intègre mal à l’ensemble.

Selon la version hybride choisie, la dotation comprend des roues en alliage de 17 ou 18 po, de même qu’un écran tactile de 7 ou 8 po (au design plutôt quelconque). Le volant et les sièges avant chauffants sont de série, tout comme les phares à DEL, et la chaîne d’infodivertissement intégrant les systèmes CarPlay d’Apple et Android Auto. Pour sa part, la version Limited, plus cossue, se distingue par ses sièges baquets recouverts de cuir SofTex chauffants et ventilés, et sa banquette arrière chauffante. Le siège du conducteur offre huit réglages assistés, mais pas le siège du passager avant, ce qui est dommage pour un modèle
qualifié de haut de gamme.

Soulignons enfin que ces utilitaires ont un ensemble de dispositifs d’aide à la conduite Toyota Safety Sense 2.0 constitué, entre autres, d’un système d’avertissement de proximité du véhicule (activé lorsqu’un véhicule hybride roule en mode EV) et d’un détecteur d’obstacles dans les angles morts avec alerte de circulation transversale arrière. Bref, tout y est pour rendre ces véhicules hybrides encore plus populaires.

FICHE TECHNIQUE

Prix de base 

28 090 $ (LE 2RM) ; 30 190 $ (LE 4RM) ; 31 690 $ (XLE 2RM) ; 33 790 $ (XLE 4RM) ; 36 590 $ (XLE Premium 4RM) ; 38 890 $ (Trail 4RM) ; 41 710 $ (Trail TRD Hors Route 4RM) ; 41 250 $ (Limited 4RM) ; 32 350 $ (LE 4RM hybride) ; 35 350 $ (XLE 4RM hybride) ; 38 740 $ (XSE 4RM hybride) ; 42 790 $ (Limited 4RM hybride).

Transport et préparation 

Groupe motopropulseur

(Modèles thermiques) L4 DACT 2,5 L, 203 ch à 6 600 tr/min, 184 lb-pi à 5 000 tr/min ; (modèles hybrides) L4 DACT 2,5 L+ moteur électrique, puissance nette de 219 ch. Boîte de vitesses automatique à 8 rapports (modèles thermiques) ; boîte automatique à variation continue (modèles hybrides). Roues avant motrices ou transmission intégrale.

Particularités  

Suspension indépendante aux quatre roues. Freins à disque aux quatre roues. Antiblocage de série. Pneus : 225/65R17 (LE et XLE thermiques ; LE et XLE hybrides), 225/60R18 (XLE XSE et Limited hybrides), 235/55R19 (Trail et Limited thermique).

Cotes  

Empattement : 2690 mm ; longueur : 4596 mm ; largeur : 1854 mm ; hauteur : 1702-1707 mm. Poids : 1529-1724 kg. Volume du coffre : 1059-1977 L. Capacité de remorquage : modèles thermiques, 680-1588 kg (1500-3500 lb) ; modèles hybrides, 794 kg (1750 lb). Volume du réservoir : 55 L. Consommation moyenne (Limited hybride) : 7,2 L/100 km.

Concurrence 

Points forts 

Points faibles 

COTES DE L’AUTEUR

Une Toyota « affectueuse »

auto

Photo courtoisie, Toyota

La voiture-concept Toyota LQ sait interagir avec son conducteur. Dévoilée au Salon de l’auto de Tokyo, en octobre 2019, sa création s’articule autour d’un thème principal en trois points : apprendre, grandir et aimer ! 

Elle dispose d’un système d’intelligence artificielle baptisé Yui conçu pour apprendre au contact du conducteur afin de personnaliser son expérience de conduite.

Yui peut interpréter l’état émotionnel et le niveau de vigilance du conducteur pour influencer son comportement. Par exemple, pour accroître sa vigilance ou réduire son stress, il peut attirer son attention à l’aide d’échanges vocaux interactifs ou exploiter des fonctions intégrées au siège. 

Il peut aussi modifier l’éclairage de l’habitacle, la climatisation, ou même exhaler un parfum pour susciter une réaction. Yui saura également sélectionner et lire une musique appropriée au moment ou diffuser des informations en temps réel sur des thèmes revêtant un intérêt particulier pour le conducteur. Appelons cela de l’intelligence artificielle... affectueuse !

La Mazda3 et le Jaguar I-PACE élus véhicules de l’année 2020

Les prix de la Voiture canadienne de l’année et du Véhicule utilitaire canadien de l’année 2020 ont été remis lors de la cérémonie d’ouverture du Salon international de l’auto de Toronto. La Voiture canadienne de l’année 2020 alors que le Véhicule utilitaire canadien de l’année 2020 est le Jaguar I-PACE.