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Plaidoyer pour la cravate

Comme tout le monde, je me suis longtemps contenté de porter la cravate dans les grandes occasions, et là encore, autant que je le pouvais, je la fuyais. 

Pire, je m’habillais comme la chienne à Jacques, à la manière d’un éternel étudiant trop plongé dans ses livres pour prendre le temps de se vêtir décemment. 

Puis de vrais soucis de santé m’ont obligé à fondre considérablement, moi qui payais le prix à la taille de mes excès de table à répétition.

Tradition

Je devais me refaire une garde-robe. Aussi bien marquer le coup. Incarner un avant et un après la maladie. Je me suis rendu chez le tailleur, comme si un vieux désir inconscient, ou refoulé, resurgissait. 

Je voulais désormais m’habiller convenablement. Non plus comme un ado dépenaillé, mais comme un homme, simplement, à tout le moins comme un homme d’avant les délires des temps présents. 

Alors je me suis acheté quelques habits. Et peu à peu, je me suis mis à porter la cravate. 

À la télé, d’abord, mais pas seulement. Elle m’a d’abord servi de prétexte. Puis ailleurs. Pas tout le temps, non plus, mais souvent. Et désormais, par plaisir. 

Porter le costume et la cravate représente une manière d’entrer en société. 

Un code auquel on se plie, une manière de sortir du débraillé que nous impose une époque déconstructrice. 

Plaisir

Je n’en fais pas une religion pour les autres. Mais renouer avec cette tradition me plaît.

En ces matières, je suis encore un débutant, je multiplie les fautes de goût. Mais je me suis convaincu d’une chose : l’élégance masculine n’est pas qu’une manie de coquet fanfaron. 

C’est une manière de se tenir droit, de se présenter au monde, et de trouver le charme dans l’existence dans un agencement de codes et de détails qui rendent la vie belle une cravate à la fois.