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Prêts à payer le gros prix pour devenir plus grands

Des hommes complexés par leur petite taille sont prêts à payer 90 000 $ pour se faire allonger les jambes, grâce à une chirurgie esthétique offerte à Montréal et unique au Canada. 

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« Ils sont tellement reconnaissants, ça n’a pas de sens. Donc, c’est motivant », réagit la Dre Marie Gdalevitch, orthopédiste de Montréal.  

Voilà trois ans que cette chirurgienne spécialisée dans l’allongement des membres offre cette opération aux jambes à des fins esthétiques. Elle est la seule au Canada à proposer ce service, au coût de 90 000 $. 

Les patients proviennent de partout au pays et paient 100 % de la facture, puisqu’il s’agit d’esthétisme. La très grande majorité (95 %) est constituée d’hommes âgés de 18 à 35 ans, et ils mesurent 5 pieds 8 pouces ou moins. 

Qu’ils soient pompiers, médecins ou ingénieurs, ils ont ce point en commun : Ils vivent mal avec leur petite taille. 

« C’est quelque chose qui les dérange au quotidien. [...] Il y en a qui sont déprimés, ça peut être vraiment majeur dans leur vie », constate la Dre Gdalevitch. 

« Le plus important, c’est que je ne les juge pas. Tant que c’est sécuritaire et qu’ils le font pour les bonnes raisons, c’est leur vie. Et les patients sont vraiment heureux après », ajoute-t-elle. 

Consultation avec un psychologue

D’ailleurs, les patients doivent consulter un psychologue avant de passer sous le bistouri. 

« Je veux savoir ce qui les motive, et je ne veux pas un patient suicidaire ou en dépression grave. Il ne peut pas être dans une crise quand j’opère. Avec la douleur après, ce serait encore pire », explique-t-elle.  

La chirurgie consiste à casser les deux fémurs ou les deux tibias (au choix du patient), pour y insérer un clou en acier inoxydable. Par la suite, le patient utilise une machine aimantée qui fait tourner le clou d’un millimètre par jour. Durant des mois, le patient doit faire de la physiothérapie au quotidien.

« L’os guérit très bien. Mais, l’allongement affecte beaucoup plus les muscles. Eux doivent s’étirer », explique la Dre. « La flexion du genou ou de la hanche est parfois plus difficile. Si le corps dit non, on arrête. Mais la plupart vont se rendre à sept ou huit centimètres. Ce sont des gens excessivement motivés. »

Un clou en acier inoxydable est inséré dans le fémur ou le tibia (fémur sur la photo), et l’allongement se fait durant les mois suivants. Le patient peut aller chercher jusqu’à 8 cm de plus au niveau des fémurs, et 7 cm aux tibias.

Photo courtoisie, Marie Gdalevitch

Un clou en acier inoxydable est inséré dans le fémur ou le tibia (fémur sur la photo), et l’allongement se fait durant les mois suivants. Le patient peut aller chercher jusqu’à 8 cm de plus au niveau des fémurs, et 7 cm aux tibias.

Des patients font même allonger les deux tibias et les deux fémurs, et gagnent 15 centimètres. En général, les patients se rétablissent en un an. 

La Dre Gdalevitch a décidé d’offrir la chirurgie parce que des patients allaient dans différents pays pour se faire opérer (Inde, Turquie, Chine), et ils revenaient souvent avec des problèmes qu’elle devait elle-même traiter. 

Longue liste d’attente 

En général, l’orthopédiste opère six patients par année, mais la pandémie a forcé l’arrêt des opérations. Présentement, 14 Canadiens (dont trois Québécois) sont en attente. 

Malgré les bienfaits, la chirurgie est encore mal perçue par des médecins. 

« Il y a comme un double standard. Personne ne dira non à une femme qui veut des gros seins, mais l’allongement est encore vu comme une technique de torture. [...] Pourtant c’est sécuritaire. Au final, une personne malheureuse avec sa grandeur n’a pas tort de dire qu’elle est perçue différemment dans la société. »   

Une opération qui redonne confiance 

Un jeune joueur de soccer talentueux qui s’est fait allonger les jambes de huit centimètres a maintenant plus confiance en lui, et est meilleur dans son sport. 

« Ça fait vraiment une grosse différence. C’est la confiance d’être plus grand, confie le jeune homme dans la vingtaine qui préfère garder l’anonymat. Je n’ai plus à penser : “Je suis petit”. Ça donne la confiance, et avec ça t’es plus heureux. » 

L’étudiant universitaire mesurait 5 pieds 7 pouces avant de subir la chirurgie à Montréal, en 2019, alors qu’il fait aujourd’hui 5 pieds 10. D’ailleurs, il avoue que sa petite taille le complexait dans la pratique de son sport.

« J’étais quand même capable de jouer, mais ça me dérangeait d’être le plus petit au soccer et en général dans la vie. Ça me trottait toujours dans la tête », avoue-t-il. 

Après avoir appris l’existence de la chirurgie d’allongement, le Montréalais n’a pas hésité. 

« La seule chose qui me faisait peur, c’était de revenir au foot comme je jouais avant. La docteure m’a convaincu que ça irait bien », dit-il.

L’année de convalescence s’est bien passée, mais le jeune homme avoue que les deux derniers centimètres ont été « intenses » à étirer. 

« J’ai pris une pause d’allongement après cinq centimètres, j’avais beaucoup mal aux nerfs », se rappelle-t-il, ajoutant qu’il a été chanceux d’être opéré juste avant la pandémie, puisqu’il a pu récupérer durant le confinement. 

« Au début, je me sentais comme un géant à côté de mes amis plus petits. Et c’était bizarre, je voyais plus haut quand j’ouvrais le réfrigérateur ».

Complètement rétabli

Or, bien que quelques amis proches ont remarqué sa nouvelle taille, il n’en parle pas ouvertement. « C’est compliqué à expliquer... Si quelqu’un me demande, je vais le dire », avoue-t-il.  

Aujourd’hui, ce joueur de soccer a complètement récupéré au niveau des jambes. Et il constate que ses huit centimètres de plus font une différence. 

« C’est sûr que ça aide. Le plus grand, le mieux c’est. Je ne le regrette pas du tout ! »

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