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Protection des enfants: c’est parti... et sur une bonne piste!

« Mettre l’enfant au cœur des décisions », selon la commission Laurent. « Affirmer l’intérêt primordial de l’enfant et le respect de ses droits qui seront les éléments à considérer dans toute prise de décisions », selon le nouveau projet de loi sur la protection de la jeunesse. On ne peut qu’applaudir !

« S’engager pour nos enfants » comme le souhaite le ministre Carmant, tout le monde est partant. Ce sont des souhaits louables, bien que maintes fois répétés depuis plusieurs années. Le meilleur intérêt de l’enfant est déjà passé dans le langage de tous, même auprès des juges et des avocats, et ce n’est donc pas en soi une nouveauté. Le bémol, c’est dans le comment faire, avec qui, avec quels moyens et selon quelles priorités.

Changements souhaités

On attend toujours une transformation en profondeur des grands systèmes scolaires, de santé et surtout du système de protection des enfants. On souhaite un virage costaud pour recentrer nos façons de faire, pour prévenir pour vrai – et le plus tôt possible – repenser les offres de services en lien avec les besoins globaux et le respect de l’ensemble des droits des enfants.

À ce jour, le constat d’incapacité est flagrant en ce qui concerne un réel engagement pour les enfants. Les listes d’attente ne s’améliorent pas, et ce, dans tous les secteurs. Les services directs aux enfants restent fragmentaires à tous les niveaux. La démobilisation, le manque de ressources et de moyens sont sujets d’inquiétudes. Pourtant, le potentiel est présent, la population est prête, les intervenants n’attendent qu’un coup de pouce supplémentaire (beaucoup sous forme de reconnaissance) et plusieurs initiatives sur le terrain se développent dans les milieux. Les signes sont encourageants.

Pour notre part, en pédiatrie sociale en communauté, nous avons déployé une pratique de médecine sociale qui intègre le respect de l’ensemble des droits de l’enfant. Elle se base justement sur l’accès, la prévention et l’effort de première ligne dans les milieux, en concertation avec les différents systèmes et le réseau familial.

Les enfants eux-mêmes y sont mobilisés en comités porteurs de leurs droits ; les soins sont offerts en proximité de façon globale ; les parents y conservent toute leur dignité ; et surtout, les enfants sont outillés pour participer réellement aux processus décisionnels qui les concernent. Nous sommes aussi actifs en prévention quant à l’impact des stress toxiques sur la santé et le développement des enfants les plus vulnérables (plus de 30 000 au Québec selon les calculs). Notre façon de faire inclusive permet de réunir autour de l’enfant des personnes significatives de son réseau familial ainsi que des membres de l’équipe clinique, des enseignants, des directions d’écoles, des intervenants de la DPJ et des travailleurs des CIUSSS, des CPE et des groupes communautaires.

Le partage d’informations est primordial

L’engagement actuel du gouvernement concernant le partage d’informations pertinentes pour supporter les enfants (si cela est vraiment à deux sens) arrive à point. On s’attend surtout à des actions pour faire cesser le travail en silo et à bien d’autres mesures pour renforcer la première ligne dans les milieux.

Nous applaudissons le gouvernement qui semble déterminé à poursuivre dans la voie du changement profond. Espérons qu’il ne s’arrêtera pas en cours de route. Soigner, outiller et protéger efficacement les enfants, avec leur participation réelle, c’est aussi l’affaire des communautés. Les nombreux praticiens en pédiatrie sociale en communauté ont les outils pour faire partie de la solution.

Dr Gilles Julien, C.M., O.Q., pédiatre social et directeur clinique et président fondateur, Fondation DrJulien