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Trouver un gynécologue relève du «miracle»

Une future maman de Québec déplore qu’il faille « un miracle » afin de trouver un gynécologue pour un suivi de grossesse dans la région.

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Cet été, Jessica Acevedo Plante apprenait qu’elle était enceinte d’un « bébé-surprise ». Sous le choc, la jeune femme de 32 ans, qui est désormais célibataire, a tenté tant bien que mal de trouver un médecin pour la suivre dans cette première grande aventure.

À 12 semaines de grossesse, elle parvient à obtenir un premier rendez-vous au CHUL, qui lui confirme qu’il y a bel et bien un petit cœur qui bat. Toutefois, impossible pour le personnel médical de la référer à un gynécologue qui pourra la prendre en charge pour le reste de sa grossesse. « On me disait que je devais faire mes propres démarches », dit-elle.

Peinée, elle retourne ainsi chez elle, où elle téléphone dans une trentaine de cliniques, privées et publiques, ainsi que dans tous les hôpitaux de la région. « On me disait de rappeler en novembre, mais je suis due pour février ! » lance-t-elle.

Détresse

« Le stress, la détresse et la peine que j’avais. C’est mon premier bébé, je veux savoir où je m’en vais. C’est stressant de ne pas savoir si mon bébé est en santé. Ça m’a même effleuré l’esprit de me faire avorter, même si ce n’est pas ce que je veux », poursuit-elle.

Puis, à près de 14 semaines de grossesse, elle se présente à l’hôpital Saint-François d’Assise pour une seconde fois, en larmes, dans le but de pouvoir enfin voir un médecin. « J’étais complètement démunie, je ne savais plus quoi faire », dit-elle. Heureusement, la secrétaire parvient à lui offrir un rendez-vous dans la semaine qui suit.

Effectifs « très fragiles »

De son côté, la présidente de l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec (AOGQ), Violaine Marcoux, admet que les effectifs sont « très fragiles » au Québec.

Bien que le taux de natalité soit en diminution depuis quelques années, un léger « baby-boom » se fait sentir depuis quelques mois, dans plusieurs départements d’obstétriques, dont à Québec. 

vieillissement

Le vieillissement des spécialistes en obstétrique, qui ne sont pas remplacés par des plus jeunes, explique notamment le problème d’accessibilité, dit-elle. 

Depuis plusieurs années, l’AOGQ réclame plus de postes de résidence en gynécologie au gouvernement. « Cette année, moins de 30 % des priorités de nos propres départements ont été respectées quand le gouvernement a décidé des postes à combler », déplore-t-elle.

Par ailleurs, la Dre Marcoux affirme que la pénurie d’infirmières spécialisées en obstétrique affecte durement les départements. Résultat, il n’est pas rare que certains gynécologues reçoivent la consigne de ne plus prendre de patientes enceintes, faute de ressources en salles d’accouchement. « C’est un méga giga problème présentement », mentionne la Dre Marcoux.

Les obstétriciens-gynécologues ont la responsabilité d’environ

des accouchements au Québec 

sont âgés de 70 ans et plus

sont âgés de plus de 61 ans 

sont en congé de maternité  

Source : Association des obstétriciens gynécologues du Québec

Nombre de naissances à Québec

Du 21 juin au 15 août 2020 : 1151

Du 20 juin au 14 août 2021 : 1319

La pénurie s’accentue 

Source : CHU de Québec

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