logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo
star Bookmark: Tag Tag Tag Tag Tag
Canada

Trump et la procédure de destitution éclipsent la primaire démocrate

WASHINGTON | Joe Biden est menacé par le scandale ukrainien, Bernie Sanders a fait une crise cardiaque et Elizabeth Warren est en pleine ascension. Mais ces rebondissements dans la course à l’investiture démocrate font peu de bruit aux États-Unis, où les médias sont centrés sur l’enquête en vue d’une destitution qui vise Donald Trump.

Depuis près de trois semaines, les investigations des parlementaires démocrates pour constituer un dossier de mise en accusation («impeachment») du président républicain dominent les antennes américaines.

À tel point qu’elles éclipsent même la primaire démocrate, juste avant ce qui pourrait marquer un moment-clé de la campagne: le débat prévu mardi soir entre douze candidats rêvant d’être celui ou celle qui défiera Donald Trump lors de la présidentielle de novembre 2020.

Désireux de convaincre les électeurs à moins de quatre mois du premier vote de la primaire, les prétendants à l’investiture démocrate devraient évoquer pendant trois heures un vaste éventail de sujets, de la santé au climat en passant par l’économie et les armes.

Mais c’est l’avenir politique du républicain Donald Trump qui centre pour l’instant l’attention.

«L’enquête en vue d’une procédure de destitution domine en grande partie l’actualité, et nous allons voir si les démocrates parviennent à tourner cela à leur avantage», analyse Mitchell McKinney, professeur en communication politique à l’université du Missouri.

Longtemps largement en tête de la course démocrate, l’ancien vice-président américain Joe Biden a été happé, sans le vouloir, par l’affaire ukrainienne.

Son nom revient en effet sans cesse dans les récits du scandale, car au cœur de l’affaire réside une question: dans quelle mesure le président américain a-t-il fait pression sur son homologue ukrainien pour qu’il cherche des informations compromettantes sur... Joe Biden?

Donald Trump martèle que son appel était «parfait» tout en accusant, sans preuve, l’ex-bras droit de Barack Obama et son fils, Hunter Biden, d’être «corrompus».

Joe Biden pourrait tourner la situation à son avantage, estime M. McKinney, s’il parvient à convaincre les électeurs qu’avec cette demande, Donald Trump a de fait admis que c’est lui qu’il redoutait le plus.

«Biden doit démontrer son agressivité et sa capacité à s’emparer du fait que Donald Trump l’attaque directement», explique le professeur à l’AFP.

Après des premiers jours plus en retrait, le vétéran de la politique américaine semble bien avoir désormais opté pour cette stratégie.

Affirmant que M. Trump avait «trahi» les États-Unis, Joe Biden a appelé pour la première fois mercredi à ouvrir une procédure de destitution contre le président américain.

L’âge en question

Cela faisait en revanche déjà plusieurs mois que la sénatrice Elizabeth Warren, 70 ans, appelait à lancer une telle procédure.

L’ancienne professeure en droit à Harvard a grimpé dans les sondages cet été, jusqu’à rattraper Joe Biden et parvenir à une égalité technique dans la moyenne des sondages établie par RealClearPolitics.

Épargnée lors des trois premiers débats, la sénatrice progressiste pourrait donc cette fois être la cible de rivaux démocrates soucieux de freiner son ascension.

Les candidats à la primaire pourraient aussi s’en prendre à Joe Biden, en argumentant que le fait que son fils ait accepté un siège au conseil d’administration d’un grand groupe gazier ukrainien pendant qu’il était vice-président fleure le conflit d’intérêts... Et risque de donner des munitions à Donald Trump dans un éventuel duel présidentiel.

Déjà, la saga de l’«impeachment» a secoué la campagne électorale et les candidats tentent de recalibrer leurs messages.

«C’est une question compliquée d’un point de vue politique», avait admis Bernie Sanders le 24 septembre, jour de l’annonce au Congrès de l’ouverture d’une enquête en vue d’une procédure de destitution.

Une semaine plus tard, M. Sanders, 78 ans, faisait une crise cardiaque.

Depuis sorti de l’hôpital, il a admis en début de semaine qu’il devrait réduire le nombre de ses (nombreux) réunions de campagne. Avant de donner un message plus combatif jeudi: Je me sens très bien et nous allons mener une campagne vigoureuse», a-t-il déclaré sur CNN.

Cet épisode a tourné les projecteurs sur l’âge non seulement de M. Sanders, mais aussi de Joe Biden, qui aura 77 ans le mois prochain.

Bernie Sanders doit «convaincre les électeurs qu’il n’est pas hors course», estime M. McKinney.

S’il n’y parvient pas et que «Warren réussit à consolider (son soutien) dans l’aile progressiste, nous pourrions voir son ascension se poursuivre jusqu’à dépasser Joe Biden» plus nettement.

Themes
ICO