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Yannick De Martino: un humour rafraîchissant

Complètement décalé, Yannick De Martino débarque avec son premier one man show comme un vent de fraîcheur sur la scène humoristique. La drôle de bibitte est bien loin des sentiers battus et de l’homogénéité qui règne quant aux sujets abordés par les humoristes de stand-up. 

Grâce à son imaginaire fertile, l’humoriste de 30 ans a fait crouler de rire un Théâtre Petit Champlain bondé mercredi soir, pour la première de son spectacle Les dalmatiens sont énormes en campagne. Un titre aussi absurde que son contenu et le choix du metteur en scène, l'auteur-compositeur-interprète Philippe Brach.

Vedette de Like-Moi! et de webséries telles Les Prodiges, le public s’est aussi familiarisé à son humour déjanté grâce à des numéros dans les galas de festivals. Mais une heure et demi de Yannick De Martino, est-ce que ça se tient? Plus ou moins. Est-ce que c’est drôle? Vraiment. Parce qu'il tire de son coté désorganisé et maladroit beaucoup d'efficacité comique. Son manque de cohésion est ainsi pardonnable. 

Les friands d’humour seront ravis par la proposition différente, unique et originale qu'il propose. Il faut toutefois aimer l’humour qui tend vers l'absurde et avoir l’esprit ouvert.  

Rien comme les autres

Son entrée en scène, une radio sous le bras, déclenche les rires sans même qu’il ouvre la bouche. Le premier numéro, qui implique cette radio, nous fait comprendre qu’on n’aura pas droit à une prestation ordinaire. De Martino nous fait tout de suite savoir qu’il ne fait rien comme les autres. Non, on n’aura pas droit à des blagues de macho, ni à des blagues sur la ville pauvre la plus proche. «Je le sais que c’est Vanier!»

La première partie est construite pour nous faire comprendre son univers particulier et sa personnalité. Longtemps a-t-il cru, plus jeune, qu’il était stupide. «Je cherchais les traits d’union sur le téléphone quand je composais un numéro», illustre-t-il, avec le ton posé qu'on lui connait. 

On apprend qu’il déteste cuisiner, se faire demander de raconter des blagues et qu’il a peur des chiens, avant qu'il nous rapporte toutes les situations cocasses provoquées par son anxiété. Mais l'humoriste fait prendre à ces tranches de vie des virages inattendus qui vont chercher l'éclat de rire à tout coup. 

Imagination fertile

Plus tard, il est hilarant lorsqu’il fait allusion à ses origines italiennes, qu’il analyse ses propres dessins sur écran géant, ou qu’il nous sert un slam aux phrases inimaginables. Puis, on a droit, ici et là, à des segments désorganisés où il joue avec les mots et nous sert des phrases absurdes. On peut autant s’imaginer un Hitler sur le Ritalin que Gaétan Barrette quand il était bébé, ou s'effondrer de rire devant son imitation d'une poule dans une tornade. 

Il n’est pas d’accord avec certaines expressions comme «faire l’amour comme un dieu». «Parce que faire l’amour comme un dieu, c’est que tu ne sens rien et que tu es enceinte», lance-t-il, avant de nous parler de son éducation religieuse.

Encore une fois pour prouver qu'il ne fait rien comme les autres, Yannick De Martino termine avec des gags qu’il a écarté de cette version du spectacle. On ne dira pas avec quoi il conclut exactement, mais c’est à l’image de tout le reste : il n’y a que lui, et personne d’autre, qui peut penser à une telle niaiserie.