Congo
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12 juin 1823 – 12 juin 2023 : 200 ans depuis la naissance du Fondateur des pères Scheutistes

Les missionnaires de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM, autrement connus sous le nom des Pères Scheutistes) ont célébré, ce lundi 12 juin 2023, à la Paroisse Notre-Dame de Fatima à Kinshasa, le bicentenaire de la naissance de leur Fondateur, le Révérend Père Théophile Verbist.

Ce natif d’Anvers était, à l’origine, un abbé du diocèse de Malines, en Belgique. Après y avoir été ordonné prêtre en 1847, il a assumé successivement les fonctions de surveillant au petit séminaire de Malines, aumônier à l’école militaire à Bruxelles et directeur-confesseur des Sœurs de Notre-Dame de Namur. Devenu en même temps membre, puis directeur national, de l’œuvre de la Sainte Enfance, il a participé à l’idéal de communiquer aux jeunes un esprit missionnaire, et à récolter des dons pour l’éducation chrétienne des enfants abandonnés à travers le monde, suivant les objectifs de cette organisation ecclésiale devenue aujourd’hui Œuvre Pontificale de la Sainte Enfance.

La fondation de la Congrégation des Pères de Scheut

Monsieur l’Abbé Théophile Verbist profitera de son engagement dans l’œuvre de la Sainte Enfance pour matérialiser un rêve qu’il avait depuis des années : participer à l’œuvre d’évangélisation de la Chine. Ainsi fonde-t-il, en 1862, une ‘‘congrégation belge pour la mission en Chine’’, avec un intérêt particulier pour les enfants abandonnés. Il arrive en Chine, avec quatre compagnons, en 1864, mais y meurt quatre ans plus tard.

Ayant vu le jour dans ce faubourg Bruxellois appelé Scheut, cette Congrégation est parfois appelée Congrégation des Pères de Scheut. Scheut est aujourd’hui un grand quartier de Bruxelles, traversé entre autres par la chaussée de Ninove.

Scheut à Kinshasa, hier et aujourd’hui

Très tôt, cette nouvelle Congrégation Belge deviendra internationale, en acceptant aussi des Hollandais comme membres. Après la Chine, le deuxième pays de mission sera le Congo, alors Etat Indépendant du Congo. En effet, sur demande du Roi Belge, les premiers Scheutistes arrivent au Congo en 1888.

Ces pionniers de la mission au Congo ont implanté l’Eglise Catholique dans plusieurs régions, dont l’actuel diocèse de Boma en premier lieu, puis Kinshasa, Kananga, etc. A Kinshasa, ils sont les fondateurs de plusieurs paroisses, dont la Cathédrale Notre-Dame du Congo, Sainte Anne, Saint Léopold, Saint Pierre, Sainte Thérèse, Saint Alphonse, Saint Raphaël, et bien d’autres paroisses qui sont aujourd’hui sous la responsabilité du clergé kinois. La RTNC2 (appelée Télé Star en ses débuts, avant d’être récupérée par l’Etat à l’époque de Mobutu), et le stade Tata Raphaël sont aussi des œuvres initiées par des Scheutistes.

Aujourd’hui, à Kinshasa, les Scheutistes travaillent dans les paroisses Saint Eugène (Menkao, plateau des Bateke), Saint Kizoti (Kingabwa), Notre-Dame de Fatima (Gombe), Sainte Perpétue (Kinsuka-pêcheur), Sainte Elisabeth (Mompage), Saint Léonard (Mbudi), Sainte Louise de Marillac (Lutendele), Sainte Honorine (Mandela), et une récente implantation à Menkao II, dans le plateau des Bateke.

Ils gèrent aussi des œuvres telles que le Centre de Recherches Interdisciplinaires Frans Bontinck (CRI-FB), les éditions l’Epiphanie et les éditions du Centre de Recherches Pédagogiques (CRP).

Les Congolais dans la CICM

La Congrégation des Pères de Scheut compte près de 740 membres, dont près d’un quart (soit plus de 160) sont Congolais. Nombreux d’entre eux travaillent en Amérique, en Asie, en Europe, et dans d’autres pays d’Afrique, où ils occupent aussi des positions de leadership. Deux d’entre eux ont déjà assumé le ministère de Supérieur Général, qui est la plus haute position de leadership, avec pour siège à Rome. Il s’agit des Révérends Pères Edouard Tsimba Ngoma (de 2005 à 2011) et Charles Phukuta Khonde ( de 2017 à juin 2023).

Au sein de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), on compte neuf Evêques membres de cette Congrégation, dont cinq sont déjà Emérites.

Célébration du bicentenaire à Kinshasa

Les Scheutistes œuvrant à Kinshasa ont célébré le bicentenaire de leur Fondateur en plusieurs étapes, dont un match de football qui a opposé, vendredi 19 mai, les prêtres aux jeunes en formation ; une conférence sur la vie du Révérend Père Théophile Verbist, suivi d’un concert musical et un dîner de gala, vendredi 9 juin. Le Père Pierrot Kasemuana, intervenant de ladite conférence, est revenu sur le rêve de Théophile Verbist d’aller prêcher la foi aux peuples chinois. « Le but général de la Congrégation était la conversion des infidèles, mais le but spécifique était la prédication de la foi aux peuples chinois et le salut des enfants qui y étaient abandonnés en grand nombre », a-t-il précisé.

Deux temps-forts ont caractérisé la clôture de la célébration du bicentenaire de la naissance de Théophile Verbist, ce 12 juin : d’abord un carnaval, dans l’avant-midi, à l’école primaire Notre-Dame de Fatima. Il a été piloté par les élèves qui fréquentent les écoles des Pères de Scheut, à savoir, l’école maternelle et l’école primaire Notre-Dame de Fatima, et le Complexe Scolaire Père Mpiana, situé à Mbudi. Enfin, une messe d’action de grâce a couronné cette journée mémorable.

« La mission que Dieu confie à Isaïe comme à Théophile Verbist n’est pas du tout facile. Le peuple auquel Isaïe est envoyé ne l’écoute pas vraiment, et à un moment le prophète se lamente en se disant qu’il a travaillé pour rien, qu’il a perdu son temps ! Le chemin de Théophile Verbist n’était pas aisé non plus. Si son souci du salut des âmes et du soin des orphelins en Chine date déjà dès le début de son ministère presbytéral, il a fallu cependant un chemin plein de surprises pas toujours agréables avant d’arriver en Chine, et même après l’arrivée », a déclaré Monseigneur Cyprien Mbuka, Evêque Emérite de Boma, dans sa prédication au cours de ladite messe.

« Si la congrégation CICM continue à porter la Bonne Nouvelle à toute la création, au-delà même de ce que le Fondateur avait imaginé, c’est que Dieu a accueilli favorablement son offrande de soi ; il a exaucé ses prières. Notre Fondateur a fait ce qu’il avait à faire, et en cela il n’a pas perdu son temps. Dieu le lui a rendu en faisant grandir la graine qu’il a plantée jusqu’à en faire un arbre rayonnant sur d’innombrables nations. Que Dieu soit loué et que notre Fondateur reçoive notre gratitude », a-t-il conclu.

Prosper Mbumba

Journaliste indépendant