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28ème lettre sociale congolaise : revisitation du contrat chinois : résultat d’un modèle congolais réussi d’une communication de combat de l’Inspection générale des Finances

« C’est une règle générale : l’homme qui réussit le mieux dans la vie est celui qui détient la meilleure information ». Benjamin Disraeli.

Chères lectrices, chers lecteurs,

1. Les structures ne valent que ce que valent leurs animateurs, dit-on, la présente lettre sociale congolaise analyse et explique la communication utilisée par l’Inspection Générale des Finances sur le Contrat Chinois.

2. Sans cette communication de l’Igf, il était impossible de penser et organiser la révisitation du contrat chinois. S’il est une évidence selon laquelle les hommes passent mais les institutions restent, il en est une autre selon laquelle les hommes passent mais les traces de leur passage demeurent. C’est en vertu de ces deux évidences que je me permets d’affirmer que Monsieur Alingete Key Jules, qui préside à la destinée de l’Inspection Générale des Finances, a laissé ses traces par son combat qui a abouti à la révisitation du contrat chinois. J’use de mon pouvoir intellectuel pour situer la communication de l’Igf dans le contexte de la communication de combat qui a permis à la RDC d’être restaurée dans ses droits par la révisitation du contrat chinois.

3. Par le contrat chinois, il faut entendre l’entente entre le gouvernement congolais et les entreprises chinoises dans le but d’échanger des ressources naturelles contre la construction d’infrastructures. Ce contrat a suscité à son temps des questions interrogatoires sur le fait qu’il a été conclu entre l’Etat congolais et les entreprises privées chinoises. De l’avis de beaucoup de congolais, ce contrat devrait être conclu entre l’Etat congolais et l’Etat chinois.

4. Pour la mise en œuvre de ce contrat chinois, certains services de l’Etat ont été créés. Parmi ces services, il y a l’Agence Congolaise des Grands Travaux. L’objet de cette Agence est, selon l’article 3 du décret n°08/17 du 26 portant création, organisation et fonctionnement de l’Agence Congolaise des Grands Travaux, « la coordination, la supervision et le contrôle de l’exécution des projets d’infrastructures spécifiés dans les conventions et accords de collaboration signés entre la République démocratique du Congo et les partenaires chinois. Elle joue le rôle de Maître d’Ouvrage Délégué et celui de guichet Unique dans la mise en œuvre des projets ».

5. A dire vrai, le contrat chinois a mis deux groupes d’hommes de deux cultures ensemble. Dans ce contrat, les chinois se sont servis de leur « China business anthropology » l’Anthropologie chinoise d’affaire pour l’intérêt général de la communauté chinoise alors que les congolais s’y sont présentés pour les intérêts mesquins et personnels. Au sujet de l’anthropologie chinoise d’affaire, Tian Guang (2022 :485) écrit ceci : « as an important branch of applied anthropology, business anthropology has developped well in China in the recent past ». Comme une importante branche de l’anthropologie appliquée, l’anthropologie d’affaire s’est bien développée en chine dans un passé récent. Par cette anthropologie d’affaire, les chinois se sont présentés dominants et plus gagnants que les congolais. Il suffit d’entendre le nom même le plus usité de cette entente pour se rendre compte du rôle de cette anthropologie : contrat chinois au lieu de Contrat Sino-Congolais. A cette époque, on n’entendait pas parler de « win win » gagnant gagnant.

6. C’est alors que le document rendu public le 15 février 2023 par l’Inspection Générale des Finances venait de mettre à nus certains comportements et pratiques qui ne pouvaient pas permettre à la RDC de gagner dans ce contrat. 7. Car, l’analyse bibliologique de ce document renseigne d’une manière fortement ramassée la violation de l’article 1er de l’arrêté royal du 22 juin 1926 lors de la constitution de Sicomines en 2008, la carence d’équilibre dans le partage des revenus : « sur des revenus évalués à 10 milliards de dollars américains, l’Etat congolais n’a bénéficié que 800 millions de dollars américains alors que la partie chinoise a gagné environ 90,9 milliards de dollars américains contre les engagements à leur charge de 6,2 milliards de dollars américains pendant 14 ans, le paiement irrégulier et injustifié de 4,8% des montants des travaux au titre de somme à valoir » : Pour tous les travaux signalés par l’Agence Congolaise des Grands Tavaux(ACGT), ces frais s’élèvent à USD 37.256.434,59 ».

8. C’est l’approche de la communication militante, conflictuelle et constructive qui a été utilisée par l’Igf pour rendre public ce document. Cette approche est différente de l’approche publicitaire de la communication qu’utilisent la plupart des entreprises et services de l’Etat pour vendre leur prétendue belle image parfois imaginaire.

9. Pour comprendre la communication de l’Igf, il importe de se référer à Thierry Libaert et Jean Marie Pierlot (2015) qui montrent que dans l’approche militante, conflictuelle et constructive de la communication, on fait valoir les idées pour convaincre. Ces ses auteurs précisent qu’il ne s’agit pas de convaincre autrui, ce qui est une perte de temps, mais il s’agit de communiquer pour élargir ses soutiens et donc se mettre dans un rapport de force favorable.

10. L’aspect constructif de la communication de l’Igf trouve son sens dans la mesure où elle a permis aux congolais de se construire une représentation de la réalité qui les entoure. La réalité de misère et pauvreté causées par la fraude, la prédation, le pillage de nos ressources. Cette réalité est aussi stigmatisée par Pape François (2023 :2) qui a dit dans son homélie à Kinshasa : « ce pays, largement pillé, ne parvient donc pas à profiter suffisamment de ses immenses ressources : on en est arrivé au paradoxe que les fruits de sa terre le rendent « étranger » à ses habitants ».

11.L’approche constructive de la communication de l’Igf est aussi à comprendre à travers le livre « How to read a book. The classic guide to intelligent reading de Mortimer Jérôme Adler et Charles Van Doren(1965) qui écrivent ceci : « The communication is an effort on the part of one man to share some thing with another,his knowledge, his decisions, his sentiments. It succeds only when it results in a common some thing, as an item of knowledge which two men have in common ». La communication est un effort de la part d’un homme à partager quelque chose à un autre, sa connaissance, ses décisions, ses sentiments. Elle réussit seulement quand elle en résulte quelque chose de commun en tant qu’élément de connaissance que deux hommes ont en commun.

12.Sur ce, la révisitation du Contrat Chinois est donc le résultat de la communication de combat de l’Igf qui met en commun les congolais et les chinois pour revisiter le contrat signé en 2008.

13. Voilà pourquoi,  aucune opinion ne pouvait résister au document de l’Igf sur le contrat chinois.

14.Certes, le document de l’Igf a suscité beaucoup de réactions qui n’ont pas pu tenir la route. C’est le cas par exemple de la sortie médiatique du Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux. Pourtant, cette Agence est mise au banc des accusés dans le document de l’Igf sur la problématique d’un montant de 37.256.434,59 USD constitutif d’un paiement irrégulier et injustifié dont la destination était encore inconnue.

15. Concernant sa sortie médiatique, les Quotidiens La Prospérité n°6028 et L’Avenir n°7960 du 27 février 2023 écrivent le premier à sa page 12 et le second à sa page 4 : « Contrairement à ce qu’avancé l’Inspection Générale des Finances(IGF), sur la surfacturation de certains de certaines infrastructures dans le contrat Sino- Congolais, le Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux(ACGT), Nico Nzau prend parti pour la Sicomines. Il a avoué au micro de Top Congo lors d’une émission spéciale sur le sujet, qu’avant la date d’avril 2008 toutes les infrastructures de la RDC étaient dans un très mauvais état(…). (…) Nico Nzau a affirmé qu’il n’y a pas eu surfacturation dans les travaux, car, dit-il, l’ACGT voulait à tout prix réaliser un travail de qualité. (…) ». Une question soulevée par cette sortie médiatique à laquelle la prochaine lettre sociale congolaise tentera de donner des réponses est : Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux a-t-il donné des réponses aux préoccupations présentées par l’Igf sur cette Agence ?

16. L’efficacité de la communication de combat de l’Igf sur le contrat chinois est à découvrir à travers la résolution du conseil des ministres du 17 mars 2023 pour revisiter le contrat chinois. Au sujet de cette révisitation, les médias ont relayé ceci : « Le Président Félix Tshisekedi appelle à la révisitation du contrat chinois pour corriger les désavantages subis par la RDC dans la conception et la mise en œuvre de cet accord ».

Chapeau bas au Président de la République, à l’Igf, au peuple congolais et aux entreprises chinoises qui ont compris la nécessité de cette revisitation. Mais, qui participera pour le compte de la RDC.

17. J’ai fait ma part.

Si vous êtes intéressés par cette lettre sociale congolaise, rejoignez la coupe pleine au numéro + 243 994 994 872 pour appel normal, WhatsApp ou twitter et à l’e-mail jsphngandu@gmail.com pour la suite.

Fait à Kinshasa, le 18 mai 2023

Jean Joseph Ngandu Nkongolo

Anthropobibliologue, Expert en Anthropobibliologie du Travail, Formateur Psycho Socio-professionnel et Chercheur à l’Observatoire Congolais du Travail