Congo
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

De la laisse dorée à l’Union sacrée de la nation

(Postface de la deuxième édition du livre de Paul LUKUNKU KANYAMA et Symphorien BAMUINIKILE MUDIASA, Le Devoir de savoir. Pensées pour une éthique de l’excellence, Kinshasa, Editions Universitaires Africaines, 2022)

Un regard rétrospectif, même rapide, sur ce qui s’est passé dans la sphère politique en République Démocratique du Congo depuis 2006 jusqu’en 2022, permet de prendre conscience de la pertinence des réflexions de Paul Lukunku et Symphorien Bamuinikile.

En plus, dans une certaine mesure, elles peuvent aider à faire le bilan de l’action politique pendant cette période et d’éclairer la nature de l’homme qui a été appelé à garantir le bienêtre des congolais et à impulser le progrès du pays.

La pertinence de ces réflexions publiées pour la première fois en 2005, déborde les frontières de la République Démocratique du Congo. Il suffit d’arrêter le regard, pendant quelques instants, sur les velléités ou les décisions franches de briguer un troisième mandat alors que la constitution n’en prévoit que deux, l’obstination, la myopie politique et la surdité avec lesquelles on court vers un deuxième mandat légal, certes, pendant que la population clame haut et fort l’impérieuse nécessité de l’alternance au sommet de l’Etat, les détournements des deniers public qui continuent impunément, la corruption passive et active généralisée et banalisée, le déplacement indu et sans gêne des documents officiels et sensibles censés ne pas quitter le sommet de l’Etat, etc.

Tous ces faits montrent à suffisance combien les réflexions de Paul Lukunku et Symphorien Bamuinikile interpellent toujours les hommes politiques, les éducateurs et tout homme raisonnable.

Ce dernier, selon Voltaire, est un homme qui a le goût de la vertu, une saine éducation et un esprit droit. Dans la réflexion publiée en août 2022, que l’éditeur a ajouté à la première édition, Paul Lukunku interroge l’Union Sacrée de la Nation, une coalition qui donne au Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo une majorité parlementaire qui lui permet d’exercer le pouvoir tel qu’il l’avait pensé, selon sa propre vision et les besoins de la société globale dont il hiérarchise l’exécution. Aussi,  en fait-il succinctement l’historique avant d’analyser sa nature et de conclure par quelques recommandations judicieuses. 2 L’ancêtre de l’Union Sacrée de la Nation Concernant l’historique, il y a lieu de noter que l’Union Sacrée actuelle a été précédée dans l’histoire politique de la République Démocratique du Congo par l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale (USOR) créée le 18 juillet 1991, à la suite du discours du 24 avril 1990 par lequel le Président Mobutu avait mis fin au monopartisme et ouvert la porte au multipartisme.

Avant d’être total, ce multipartisme sera d’abord limité à trois. Son ouverture totale est l’une des victoires de cette Union Sacrée de l’Opposition Radicale. Sa deuxième victoire étant la tenue de la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Evidemment il y en a d’autres comme la libéralisation de la presse écrite, celle des médias officiels, le pluralisme syndical, la création des associations de défense des droits de l’homme, etc. Malgré leur évidence, ces victoires n’ont pas été gérées correctement.

Christophe Lutundula Apala Pen’Apala en donne les raisons dans Lettre ouverte à l’USOR et alliés et aux forces du changement 1 . Il en relève dix, mais deux recoupent celles que l’on peut lire dans l’analyse de Paul Lukunku : la première et la dixième. La première porte sur le fait que le Premier ministre élu à la Conférence Nationale en 1991 n’ait pas eu le temps de gouverner, et la dixième sur l’émiettement continu de l’opposition et des forces du changement. Christophe Lutundula ne commente pas la première raison, mais Paul Lunkuku explique ce que tous les congolais avaient vu à la télévision le jour de l’investiture de l’élu de la Conférence Nationale Souveraine.

Ce dernier avait biffé publiquement, devant tous les officiels invités à ce genre de manifestation, un passage dans l’acte de nomination qu’il considérait comme un piège. Diversement commenté aussi bien dans la sphère politique congolaise que dans les chancelleries, ce geste avait fortement déplu et irrité le Président Mobutu. Sur ces entrefaites, le Maréchal décida de révoquer l’élu de la C.N.S. et de faire éclater tout l’espoir qu’il incarnait et représentait pour la majorité de la population qui aspirait sincèrement et ardemment au changement.

LUTUNDULA APALA PEN’APALA C., Lettre ouverte à l’USOR et alliés et aux forces du changement, Kinshasa, L’Arc-en-ciel, 1995.

Le Président Mobutu et l’élu de la C.N.S. se connaissaient parfaitement et s’appréciaient mutuellement jusqu’au moment où leurs visions politiques et leurs projets de société se sont opposés. Il en a résulté un combat qui évoque le proverbe selon lequel lorsque deux éléphants se battent dans la savane, c’est l’herbe qui en subi les conséquences.

Quant à l’émiettement continu de l’opposition et des forces du changement, il était dû à la volonté des leaders des autres partis de l’opposition de profiter aussi de l’opportunité qui s’était offerte pour exercer l’impérium et ainsi jouir aussi des avantages liés à cet exercice.

En ce qui concerne Nguz Karl – i – Bond dont il était proche, Paul Lukunku relève que de l’aveu de son ami, c’est la TROIKA (France, Belgique, Etats-Unis) qui lui avait demandé de tourner le dos à l’USOR et alliés pour occuper le poste de Premier ministre que le Président Mobutu offrait à l’opposition réelle ou feinte pour gouverner ou participer au partage du gâteau. C’est ainsi qu’on verra défiler à la Primature entre 1992 et 1997 : Nguz Karl – i – Bond, B. Mungul Diaka, F. Birindwa, Kengo wa Dondo et Likulia jusqu’à la percée de l’AFDL.

La population démunie ne jurait que par le changement de régime pendant que la classe politique restreinte et privilégiée s’apprêtait à prendre la poudre d’escampette. Cette classe politique était identifiée par le terme mouvancier. Paul Lukunku montre que les conditions de naissance de l’Union Sacrée actuelle sont résolument différentes de celles qui ont vu naître l’USOR et alliés. Pour les appréhender, il y a lieu d’interroger l’histoire politique de la RDC entre mai 1997 et 2019. Marche de l’AFDL sur Kinshasa à l’accord global et inclusif Le 17 mai 1997, Laurent Désiré Kabila, un Lumumbiste retiré dans les maquis du Sud-Kivu depuis la rébellion muleliste, réapparaît dans le peleton de tête de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) avec l’appui des pays voisins de l’Est de la RDC dont principalement le Rwanda et l’Ouganda. Coupant l’herbe sous les pieds des dirigeants de l’AFDL et cessant d’être leur porte-parole, L.D. Kabila s’autoproclame à partir de Lubumbashi Président de la République Démocratique du Congo. Si la population l’adule, ce n’est pas le cas des militaires étrangers avec lesquels il a conquis la RDC. Pour cette raison et d’autres, il demandera à tous les militaires étrangers 4 de regagner leurs pays respectifs.

Il s’en suivra quelques semaines après une guerre d’occupation de la RDC. En effet, le Nord-Est sera occupé par les rebelles congolais du Mouvement de Libération du Congo soutenu par l’Ouganda (MLC) et ceux du Rassemblement Congolais pour la Démocratie appuyé par le Rwanda (RCD). Pendant ce temps, Laurent Désiré Kabila sera assassiné3 et son fils lui succédera au sommet d’un Etat divisé en trois parties.

Pour mettre fin à cette tripartition et pacifier le pays, des dialogues entre belligérants seront préconisés dont le plus décisif est celui de Sun City4. Il en sortira un Accord Inclusif Global qui donnera lieu à une période de transition de cinq ans au terme de laquelle des élections démocratiques libres et transparentes seront organisées. Un président de la République et quatre Vice-présidents se partageront le pouvoir durant toute cette période. Les Vice-présidents étaient issus du pouvoir de Kinshasa, des anciennes rebellions et de la société civile.

C’est pendant cette période que sera rédigée et soumise au referendum la constitution de la Troisième république d’après laquelle le mandat présidentiel est de cinq ans renouvelable une fois. C’est aussi au cours de cette période que Paul Lukunku et Symphorien Bamuinikile publieront leurs réflexions, d’abord dans la presse, puis sous forme de livre : Pensée le pouvoir en 2022 et Le devoir de savoir en 2005. Ils écriront dans l’une des  leurs   réflexions  que la RDC a plus besoin d’un César Auguste que de 1+4.

Le profil de l’homme appelé à gouverner la République Démocratique du Congo, son action et son comportement sont leurs principales préoccupations. S’y ajoutent l’étoffe de ses collaborateurs dans tous les secteurs de la vie nationale, ainsi que le niveau de l’éducation civique de la population votante, tant il est vrai que les peuples n’ont que les dirigeants qu’ils méritent, dit-on. Leurs réflexions balisent le chemin qui conduit au trône et en déterminent les conditions. Prises ensemble, elles apparaissent comme une contribution à la maturation politique. 

En voyant le faciès de la plupart des jeunes soldats qui l’avaient accompagné dans sa marche sur Kinshasa, le Sphinx de Limete avait demandé à L.D. Kabila de déclarer la dette qu’il avait contractée auprès des pays fournisseurs de ces jeunes soldats pour qu’elle soit payée afin que les jeunes soldats et leurs chefs regagnent leurs pays d’origine. Cette prise de position et d’autres déclarations que l’entourage de L.D. Kabila n’appréciaient guère, avaient coûté au Sphinx de Limete l’exil de Lubumbashi.

Le carcan dans lequel L.D. Kabila s’est trouvé dans le cadre des accords avec les pays voisins de l’Est de la RDC, dont l’accord de Lemera lui a été fatal dès qu’il a fait volte-face.

En Afrique du Sud 5 peuple congolais dans son ensemble, gage d’une action qui peut induire le progrès et le bien-être pour tous. Par leurs réflexions, ils jouent le rôle dévolu à l’intellectuel africain ; ils accomplissent ainsi leur devoir de citoyen et de patriote exemplaires. Ils ne peuvent qu’en être félicités. Cependant, que peut-on retenir de dix premières années de la Troisième république à la lumière des réflexions de Paul Lukunku et de Symphorien Bamuinikile ? Malgré des percées évidentes des actes de blanchiment de taumbaux Comme une jeune plante qui doit croître et s’enraciner davantage dans le sol, la démocratie en république Démocratique du Congo est là, jeune et fragile. Bien qu’elle fonctionne encore cahin-caha, elle est indéniablement présente, face à de nombreux défis à relever. Mais, à cause des antivaleurs que P. Lukunku et S. Bamuinikile dénoncent, le bien-être général de la population n’a pas été au rendez-vous. Pendant ce temps la classe politique restreinte et privilégiée se préoccupait plus de son enrichissement et de la conservation du pouvoir que de son exercice pour la modernisation du pays et le développement endogène mais ouvert au monde.

Des problèmes d’infrastructures scolaires et universitaires tenant compte de la démographie galopante de la jeunesse à scolariser et de la modernité ou de la post-modernité, ainsi que des conditions humaines acceptables de travail se posent en RDC dans son immensité. Il en est ainsi des infrastructures hospitalières et des conditions de travail du personnel médical. Pendant ce temps, la classe politique restreinte et privilégiée loge une grande partie de sa fortune dans les paradis fiscaux et se fait soigner à l’étranger en cas d’ennuis de santé. Présente dans des carrés miniers, elle partage l’exploitation des richesses minières avec des sociétés étrangères au dépend de la RDC. En effet, les Chinois, les Indo-pakistanais et les Libanais principalement ont envahi d’autres part de marché où ils rivalisent avec les congolais dans la vente au détail.

Le caractère général de cette situation est telle que même les avancées significatives, pourtant évidentes, apparaissent comme des actes de blanchiment de tombeaux.

Le deuxième mandat de la Troisième république présente à peu de différences près les mêmes caractéristiques : l’enrichissement de la classe politique restreinte et privilégiée au détriment de la population congolaise, des actes de blanchiment de tombeaux et des velléités de modification ou de révision de la constitution pour rendre possible un troisième mandat présidentiel. Parmi les actes observés dès le début du mandat, la révision de l’article 71 et la suppression du deuxième tour lors du scrutin présidentiel.
Entre-temps la crise politique engendrée par les résultats contestés de l’élection présidentielle s’installe, prend de l’ampleur et se cristallise autour de l’opposition entre la majorité présidentielle et la majorité populaire qui se regardent comme chien et chat.

Pendant ce temps, l’insécurité sévit à l’Est occasionnant des déplacements massifs de populations et d’autres conséquences épouvantables comme des tueries et des viols de femmes quel que soit l’âge de la victime. Pour mettre fin à cette situation et préparer les élections initialement prévues pour 2016, les deux majorités opposées accepteront l’idée d’un dialogue. Il y en aura deux majeurs : l’un dit de la cité de l’Union africaine et le second dénommé dialogue de la Saint Sylvestre.

C’est à la suite de ce dernier dialogue que les deux majorités opposées signeront un accord selon lequel le Premier ministre sous le mandat de qui les élections de 2019 allaient être organisées viendrait de l’opposition. Dans le choix du Premier ministre on lira également la tentative de diviser l’opposition et de l’affaiblir. Ce fut le cas après le dialogue de la cité de l’Union africaine sous la modération d’Eden Kodjo.

Finalement,  les élections auront lieu en 2019 après deux ans de glissement sous le mandat du Premier ministre issu du dialogue de la Saint Sylvestre. Des actes et des comportements susceptibles de discréditer la Commission électorale et de susciter la contestation des résultats de l’élection présidentiels seront observés. Les observateurs attentifs de la vie politique congolaise ont pu dire en pensant au seuil d’éligibilité élevé, à la suppléance familiale et à la postulation à plusieurs niveaux, que la loi électorale de 2018 était élaborée pour garantir la victoire des membres du FCC (Front Commun pour le Congo) et leurs alliés.

De la laisse dorée à l’Union Sacrée de la Nation Les tentatives pour conserver le pouvoir ayant toutes échouées, il fallait recourir à un manège présenté comme une « passation de pouvoir pacifique et civilisée ».

Le ministre 7 français des Affaires Etrangères à cette époque parlera de la démocratie à la congolaise. Il y avait à la clé bien entendu des accords entre l’ancien pouvoir et le nouveau. Ces accords ont donné naissance à la coalition FCC-CASH, qui était de toute évidence et de l’avis de la plupart des observateurs politiques, un mariage contre nature. C’était, pour reprendre la métaphore biblique, du vin neuf dans les vieilles outres.

Le résultat est connu : ou la jeunesse et la force du vin neuf font éclater les vieilles, outre le vin jeune perd et de sa jeunesse et de sa force. Dans les deux cas, le vin se perd. L’animateur principal du nouveau pouvoir s’étant senti en laisse dans le cadre de ces accords, il décidera courageusement au bout de deux ans de couper la laisse dorée, objet de tant de quolibets de la part des caciques de l’ancien pouvoir.

La nouvelle Union Sacrée est née de cette coupure et de l’impérieuse nécessité d’avoir des coudées franche pour organiser une nouvelle majorité parlementaire afin de gouverner sans embûches. Cette coupure aura pour conséquence le changement de la majorité au Parlement : l’Union Sacrée de la Nation disposera de 400 députés alors que l’ancienne totalisait 293 députés.

Paul Lukunku voit dans cet acte de naissance de l’actuelle Union Sacrée l’habileté d’un leader politique qui ne cesse de surprendre par son flaire, son courage politique et par ses réalisations sociales progressives qui commencent à crever les yeux de ceux qui naguère étaient sceptiques, qui doutaient de l’efficience de sa praxis politique. Qui peut encore en douter depuis que la République Démocratique du Congo n’est plus aphone sur le plan international ? Est-ce le César Auguste que Paul Lukunku et Symphorien Bamuinikile appelaient de tous leurs vœux ? Paul Lukunku révèle que si l’idée d’une Union Sacrée est du crû de Chef de l’Etat actuel, son « affûtage » est l’œuvre des routiers de la politique congolaise parmi lesquels feu Kitenge Yezu. En plus, il dénonce les chantres de l’ancien régime devenus pour la circonstance des griots du nouveau pouvoir et singulièrement de l’animateur principal de l’Union Sacrée de la Nation.

Paul Lukunku pense sans doute aux dissidents du PPRD qui sont devenus membres et à ceux qui attendent une nomination.

Toutefois, tout en saluant la trouvaille géniale du Chef de l’Etat, il note qu’il est face à deux défis de taille à relever : le nettoyage de sa cour et la transformation des mentalités de l’homme politique congolais et de l’homme congolais tout court. Dans le premier cas, estime P. Lukunku, le Chef de l’Etat a l’obligation de nettoyer sa cour en la débarrassant des collaborateurs véreux, ceux dont le comportement est susceptible de ternir son image de manque et d’assombrir l’éclat de son action. Pour reprendre l’image du monde agricole que l’on trouve dans la bible, il doit sans état d’âme séparer l’ivraie et le bon grain. Le second est quasiment une gageure : transformer les mentalités des congolais, ceux de la base ainsi que ceux du sommet de la pyramide sociale. Pour y parvenir, Paul Lukunku parle de l’électrochoc, c’est-à-dire une thérapie à même de refaire, de recréer, de renouveler l’homme congolais. Trois possibilités sont envisageables : le miracle, la conversion et l’éducation.

1. Le miracle Il s’agit d’un miracle semblable à celui qui a fait de Paul de Tarse qui persécutait les disciples du Christ, un apôtre du même Christ. Il est passé subitement, par enchantement, miraculeusement, d’un extrême à un autre, de la méchanceté à la bonté. Faut-il y croire ou en douter ?

2. La conversion Elle implique à la fois la prise de conscience du mal que l’on fait et la volonté d’y renoncer pour rechercher le Bien. La sagesse traditionnelle, les enseignements spirituels ou la crainte de la prison peuvent conduire à ce retournement intérieur orienté vers la pratique des vertus : le partage, la compassion, la justice…

3. L’éducation Sans exclure l’apport de la famille, de l’école et de l’église, il s’agit de celle qui les intègre à travers un système éducatif comme le scoutisme qui propose de faire d’une jeune fille, d’un jeune homme un citoyen ou une citoyenne raisonnable tel que nous nous l’avons défini avec Voltaire, et qui se met volontairement, consciemment au service de sa patrie et de 9 l’humanité. Un tel homme est décidé à faire de sa vie un progrès perpétuel, en maîtrise de soi, en force de caractère, en droiture, dévouement, pureté, et à faire toutes choses, aujourd’hui mieux qu’hier, et demain mieux qu’aujourd’hui. Il promet de ne pas s’arrêter sur les fleurs du chemin et de considérer sa vie comme une mission dont rien ne doit le détourner. Il est décidé à ne plus vivre en enfant, mais en homme raisonnable.

A ce propos, V.Y. Mudimbe fait dire à l’un de ses personnages dans Le Bel immonde : « Les politiciens congolais sont d’une générosité gamine ; ils dépensent plus que les industriels américains ». S’agissant de ceux qui dans notre pays sont dépensiers, Paul Lukunku dit qu’aucun d’eux n’a su transmettre à ses héritiers une société viable. Un tel homme ou une telle femme consent à faire don de lui-même ou d’elle-même à tout venant, un être humain tout aux autres, toujours de service, pour rendre service.

Bref, un homme ou une femme prêt à servir et non à se servir5 . Au cours de la Deuxième République, le Mouvement Populaire de la Révolution (M.P.R.) avait fait de cet idéal sa devise. Mais en réalité, ses dirigeants faisaient tout le contraire. La ploutocratie en RDC date de cette époque. Ce système éducatif se charge de l’enfant dès sa septième année jusqu’à son départ à 25 ans. Ceux qui entrent dans la sphère politique sans une éducation aussi exigeante sont comme des arbres tordus ; ils tombent du côté où ils sont penchés.

Aux deux recommandations de P. Lukunku, il y a lieu d’ajouter une troisième dont dépendent la paix, l’unité du pays, la confiance des investisseurs, le développement de tous les territoires de la RDC : une armée de dissuasion à même d’imposer à tous les voisins du pays l’équilibre de la terreur, surtout aux esprits malins d’entre eux.