Congo
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Face à l’impasse électorale en perspective,RDC : Adolphe Muzito appelle au réalisme et à des solutions concertées et consensuelles !

*Au cours de sa rencontre avec Denis Kadima, Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante, ce lundi 3 juillet 2023, à Fleuve Congo Hôtel, à la lisière de la Gombe, Adolphe Muzito, Leader de Lamuka et de Nouvel Elan, a réitéré son exigence portant sur la représentation effective de l’Opposition au sein de la CENI. Puis, il a posé également le problème de l’enrôlement des électeurs à Masisi, au Rutshuru et à Kwamouth. Pour ce faire, il a suggéré le recours à l’église catholique et, même, protestante qui, pour lui, sont mieux implantées dans les zones encore sous occupation des groupes armés, pour réaliser cet enrôlement sans lequel le fichier électoral, tel qu’il a été présenté jusqu’ici, continuerait à fausser les données contenues dans la Loi portant répartition des sièges. Il a, enfin, évoqué l’épineuse question de financement -500 à 600 millions de dollars- pour la matérialisation de l’ensemble des opérations pré-électorales et électorales d’ici le 20 décembre 2023, s’il faut respecter les délais constitutionnels. Au cas contraire, le dialogue s’impose. Et là-dessus, la classe politique doit constater et s’assumer. ‘’Nous devons, en ce moment-là, nous réunir pour en parler en tant que classe politique pour assumer ensemble cette impasse due à la non-tenue des élections dans les délais constitutionnels et en tirer, éventuellement, toutes les conclusions qui s’imposent’’, a-t-il lâché, au sortir de cette rencontre.  ‘’Procéder en urgence, à travers des concertations appropriées, au reformatage du processus électoral qui s’avère obligatoire et inévitable, afin de garantir l’intégrité du territoire, la transparence, la crédibilité, l’exclusivité et l’équité des prochaines élections dans notre pays.

C’est l’unique voie qui s’impose si l’on tient à rester sur le bon chemin’’, écrit-il, d’ailleurs, dans son Plan de sortie de crise qui se profile à l’horizon, en marge de   prochaine la Présidentielle couplée aux législatives nationales et provinciales prévues, le 20 décembre 2023.

Nouvel Elan

PLAN DE SORTIE DE CRISE DU PROCESSUS ELECTORAL EN COURS

La crise électorale congolaise porte sur les quatre points, ci-après :

  1. La configuration de la CENI ;
  2. L’état du fichier électoral ;
  3. Le financement du processus électoral ;
  4. Le respect du délai constitutionnel.

I.DE LA CONFIGURATION DE LA CENI

1.1. Problématique

La coalition « LAMUKA » dont le « Nouvel Elan » est Membre co-fondateur, avait proposé en son temps que le Bureau de la CENI soit composé exclusivement des acteurs de la société civile tandis que sa plénière soit composée par les représentants des partis politiques en vue de garantir, la transparence par l’autocontrôle des acteurs en compétition.

Cette option n’a malheureusement pas été prise en compte, ce qui explique aujourd’hui le caractère politisé mais partial de la configuration du bureau et de la plénière de la CENI.

A ce jour la CENI n’est ni représentative ni inclusive.

Deux hypothèses se présentent :

a/ Poursuite du processus d’enrôlement dans les trois circonscriptions à savoir Masisi, Rutshuru et Kwamouth.

B / la consécration de la balkanisation de la RDC par le non enrôlement des électeurs dans les trois circonscriptions à savoir : Masisi, Rutshuru et Kwamouth et la non-organisation des élections dans lesdits territoires.

1.2. Solution

Nouvel Elan exige la représentation des forces politiques absentes au niveau du bureau et de la plénière de la CENI pour besoin d’équité.

II. DE L’ETAT DU FICHIER ELECTORAL

2.1. Problématique

L’article 115 de la loi électorale prévoit 500 sièges à l’Assemblée Nationale.

«La loi portant répartition des sièges promulguée dernièrement par le chef de l’Etat, viole les dispositions de l’article 115 de la loi électorale en assurant une répartition des sièges au profit de toutes circonscriptions y compris celles qui n’ont pas fait objet d’enrôlement.

Il s’agit des circonscriptions de Masisi, Rutshuru et Kwamouth, et cela en déduction des sièges de certaines provinces à savoir : Haut-Uélé, haut-Lomami, haut- Katanga, Ituri, Kasaï central, Kinshasa, Kwango, Kwilu, Maniema, Mongala, Sud-Kivu et Tanganyika.

Cette situation mérite d’être corrigée.

– Par conséquent, il faudra une nouvelle répartition de sièges basée sur le nombre de 484 seulement au lieu de 500 sièges. Ceci impliquera la révision de la loi électorale actuelle qui fixe à 500 le nombre des sièges et la révision de la loi portant répartition des sièges récemment promulguée.

– L’exclusion du processus électoral de ces trois territoires consacrerait la balkanisation du pays.

– Le risque de non reconnaissance de la légitimité du Président de la République par les populations de ces trois territoires, car n’ayant pas concouru à son élection.

2.2. Solution

a) Poursuivre les opérations d’enrôlement des électeurs dans ces trois territoires ci-haut afin d’aboutir à un fichier complet et définitif. Ce qui impliquerait l’élaboration, l’adoption, la promulgation d’une loi de répartition des sièges révisée.

Par voie de conséquence, la loi sur la répartition des sièges, promulguée par le Président de la République avec 500 sièges et avec un fichier électoral de 43.941.891 électeurs sera révisée.

b) Bénéficier du soutien transversal des pères des églises (catholique, protestante et autres) au processus d’enrôlement des congolais dans les zones sous occupation à travers l’Association des Conférences Episcopales d’Afrique Centrale (ACEAC) dans sa mission d’assurer la sensibilisation pour la paix dans la Sous-région et l’observation des élections.

III. CONTRAINTES FINANCIERES

3.1. Problématique

– Le décaissement des fonds en faveur de la CENI doit se faire dans un délai raisonnable pour permettre à celle-ci de faire face à des différentes opérations préliminaires à la tenue des élections dans le délai constitutionnel, à savoir la passation des marchés, la mise en place des commandes des équipements, le transport jusqu’au pays ainsi que l’acheminement dans les différents centres de vote ;

– A ce stade, la CENI a besoin de ± 500.000.000 SUS pour parachever les opérations électorales et payer les arrières ;

– Le Gouvernement vient de bénéficier d’un appui budgétaire de 500.000.000 $US de la part des Institutions de Bretton Woods.

Deux hypothèses se présentent à nous :

1) Mettre les 500.000.000 SUS à la disposition de la CENI au dépend des autres dépenses notamment, celle concernant la sécurité et la défense du pays ;

2) Mettre la moitié du montant, soit 250 millions $US à la disposition de la CENI et affecter le reste aux dépenses urgentes et régaliennes de l’Etat et reporter le solde pour l’année prochaine.

D’où, la nécessité d’une concertation des parties prenantes au processus pour lever l’une des options ci-haut.

V. Du délai constitutionnel

En considérant les hypothèses ci-haut, cette dernière entrainera un réaménagement technique du calendrier électoral de la CENI ;

-Appel au réalisme et à des solutions concertées et consensuelles,

-Procéder en urgence, à travers des concertations appropriées, au reformatage du processus électoral qui s’avère obligatoire et inévitable, afin de garantir l’intégrité du territoire, la transparence, la crédibilité, l’exclusivité et l’équité des prochaines élections dans notre pays.

C’est l’unique voie qui s’impose si l’on tient à rester sur le bon chemin.

Fait à Kinshasa, le 03 juillet 2023

Pour Lamuka/Nouvel Elan

Adolphe Muzito

Premier Ministre honoraire et Initiateur du Nouvel Elan