Congo
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Financée par la SICOMINES, la Centrale hydroélectrique de Busanga bénéficie aux communautés locales et à toute la RDC

(Par Joseph Alfred Matondo)

Une vue de la Centrale hydroélectrique de Busanga financée par la Sicomines

*Construite sur financement de la Sino-congolaise des mines (SICOMINES) S.A, à hauteur de 656 millions de dollars américains, la centrale hydroélectrique de Busanga est opérationnelle depuis l’année dernière (2022). Ce méga projet hydroélectrique est situé dans la province du Lualaba, à 110 kilomètres du chef-lieu Kolwezi. Il s’agit d’un projet réalisé en appui au projet minier de SICOMINES issu de la Convention de Collaboration signée en 2008 entre le Gouvernement congolais et le Groupement d’entreprises chinoises.

Dernier né des barrages dans la région du Grand Katanga, après Mwadingusha (construit en 1930 avec une capacité de production de 71 MW mais qui n’en délivrer que 24) ; Nzilo (construit en 1952 avec une capacité de production de 100 MW réduite toutefois à 75 MW) ; Koni (construit en 1955 avec une capacité de production de 42 MW et qui n’en délivre que 14) ainsi que Nseke (construit en 1957 avec une capacité de production de 260 MW réduite cependant à 195 MW ), le barrage hydroélectrique de Busanga s’est imposé comme le premier grand projet d’infrastructure énergétique dans la région et en RDC depuis plus de 60 ans avec une capacité de 240 MW en production et en fourniture.

Si l’énergie produite par le Projet hydroélectrique est destinée, en priorité, à l’alimentation des installations de SICOMINES jusqu’à la fin du projet minier, la centrale hydroélectrique de Busanga est aussi et surtout, depuis sa mise en service, une solution en matière de desserte en électricité dans la province du Lualaba et dans le Grand Katanga. Nul n’ignore que la Société nationale d’électricité (SNEL) fait face actuellement à de nombreuses difficultés qui sont à la base d’un grand déficit énergétique dans le pays.

Lors de la 18ème édition de la semaine minière congolaise, DRC Mining Week 2023, le Directeur Général adjoint de cette société, Freddy Lwamba Muba, a d’ailleurs reconnu ce déficit et expliqué que c’était dû notamment au fait qu’aucun projet de centrale n’a été mise en œuvre au pays entre 1982 à 2014 – donc avant la construction du barrage hydroélectrique de Busanga – ; aux actes de vandalisme perpétrés à répétition sur les réseaux Haute Tension de la SNEL qui perturbent l’exploitation du réseau et la desserte en électricité de ses clients ; ainsi qu’au mauvais facteur de puissance de certains clients Haute Tension qui détériore la qualité de l’énergie.

D’aucuns se demandent, cependant, pourquoi le projet de Busanga est bénéfique pour la RDC et au peuple congolais ? Nous allons essayer de répondre par quelques arguments.

Premièrement, parce que sa mise en service permet à la SICOMINES d’atteindre ses objectifs fixés, à savoir une capacité annuelle de production prévue de 250 000 tonnes de cuivre par an. Nous savons tous que la SICOMINES est une joint-venture née de la signature d’une convention, en 2008, entre la Générale des carrières et des mines (Gécamines) et le groupement d’entreprises chinoises qui consistait au financement des projets d’infrastructures en faveur de la RDC par l’exploitation minière et dont le début de la production a été retardé par l’absence de l’énergie électrique nécessaire. Or, il est prévu dans l’accord que le financement des projets d’infrastructures sera remboursé par les bénéfices issus de la production minière. Du coup, le projet de Busanga exerce indirectement une influence positive sur le développement des infrastructures en RDC.

Deuxièmement, les investisseurs chinois composés de China Railway Resources Group Co., Ltd. (« CRR ») et Power China Resources Limited (« PCR ») ont créé la Sino-Congolaise Hydroélectrique de Busanga SA avec les actionnaires congolais composés de la Gécamines, de la SIMCO (Société Immobilière du Congo SAS) et de Congo Management SARL. (« COMAN »). Au sein de la joint-venture, les actionnaires congolais détiennent une participation de 25%, ce qui permet à la partie congolaise de bénéficier également du projet hydroélectrique.

Troisièmement, dans les 240 MW produits par le barrage de Busanga, 170 MW sont destinés à la garantie de la capacité annuelle de production de SICOMINES prévue de 250 000 tonnes de cuivre par an et les 70 restants reviennent à la commercialisation de l’électricité en RDC et à l’alimentation de certaines infrastructures. Ce qui favorise sans doute le développement de l’industrie de la RDC.

Il faut également rappeler que l’opérationnalisation du Barrage de Busanga permet à la SNEL de récupérer 50 MW d’électricité. Il s’agit de la quantité d’énergie électrique que fournissait cette société à la SICOMINES avant la mise en service du barrage de Busanga. Et ce, selon les articles de la Convention de Collaboration signée en 2008 dans laquelle la RDC s’était engagée à fournir de l’électricité à la SICOMINES.

Si l’on ajoute ces 50 MW aux 70 MW susmentionnés, ça donne un total 120 MW d’énergie électrique disponible pour la population congolaise et les industries de la RDC.

Ainsi, précisons-le, la centrale hydroélectrique de Busanga qui produit l’équivalent de 10% de l’électricité totale produite dans l’ensemble de la RDC, fournit de l’électricité à SICOMINES, à toutes les provinces et villes environnantes. Ce qui fait d’elle le moteur du développement durable de l’économie de la région du Grand Katanga et de toute la RDC.

Le projet Busanga a permis également de promouvoir l’augmentation des initiatives locales pour l’emploi, d’autant plus qu’il a activement encouragé la gestion de l’emploi localisé, résolu plus de 3.000 (trois mille) emplois, formé des compétences opérationnelles, augmenté le niveau des revenus et améliorer les conditions de vie des populations. Mais aussi l’amélioration de l’environnement local qui demeure une nécessité pour la population locale à travers notamment, la construction d’un nouveau village doté d’installations publiques, en l’occurrence une école, un hôpital, des routes, des puits d’eau potable etc.

A cela, s’ajoutent des fonds d’indemnisation spéciaux ayant complètement modifié le cadre et les conditions de vie des habitants délocalisés sur le site où a été construit le barrage.