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Insécurité dans le Grand Bandundu : Les Evêques de Kinshasa formulent une série de recommandations pour la restauration de la paix

Après une série de visites pastorales, entretiens, témoignages recueillis auprès  de différentes couches sociales, du 16 au 21 mai, à Kenge, les Evêques catholiques réunis au sein de l’Assemblée épiscopale provinciale de Kinshasa ‘’ASSEPKIN’’ ont dressé un bilan sombre de la situation sécuritaire du Grand Bandundu. Dans leur déclaration du 21 mai, ils dénoncent l’œuvre des mains invisibles sanguinaires à partir de Kinshasa sur l’insécurité qui sévit actuellement dans le territoire de Kwamouth, dans la province de Mai-Ndombe.

«En effet, partis d’un litige foncier, ces conflits sont récupérés par des personnes qui défendent des intérêts occultes à caractère politique et économique. Visiblement, nous assistons impuissants à une pure instrumentalisation de ces conflits par certains hommes politiques en quête de légitimé locale », pensent les prélats.

Ils pensent, en outre, que derrière la mise en scène du conflit Teke-Yaka, se cachent des intérêts économiques visant à confisquer les terres aux peuples qui les ont toujours occupées dans une coexistence pacifique.

«Comment ne pas l’affirmer, lorsque nous constatons que les pyromanes d’hier sont aujourd’hui investis de la mission de sapeurs-pompiers au détriment des populations  victimes des actes barbares ? », se demandent-ils.

Les Princes de l’église catholique craignent l’extension de ces conflits sur l’ensemble des provinces du pays, éloignant durablement de la paix tant désirée.

Se référant à la parole de Dieu dans l’évangile de l’apôtre jean 14-27, les évêques exhortent, d’un cote,  la population à rechercher et à promouvoir la paix et, de l’autre côté, ceux qui ont les responsabilités au niveau de l’Etat à prendre les choses en mains pour ne pas laisser mourir impunément les personnes innocentes. Ils plaident  de pouvoir dialoguer et d’engager la vraie réconciliation entre les différentes tribus ou ethnies en conflit.

«Nous, Cardinal et Evêques, Membres de l’Assemblée Episcopale Provinciale de Kinshasa, réunis en Session ordinaire à Kenge, du 16 au 21 mai 2023, saluons cordialement tous les fidèles de nos Diocèses de Borna, ldiofa, Inongo, Kenge, Kikwit, Kinshasa, Kisantu, Matadi et Popokabaka, ainsi que toutes les personnes de bonne volonté. Nous rendons grâce à Dieu qui nous a permis de tenir notre Session ordinaire de 2023, et surtout de réconforter moralement et spirituellement le peuple de Dieu qui est dans le Diocèse de Kenge en ces moments difficiles et agités. Mus par notre sollicitude pastorale, nous nous sommes penchés, entre autres, sur la situation d’insécurité alarmante dans notre Province Ecclésiastique de Kinshasa qui regroupe les Provinces administratives de Kinshasa, du Kongo Central, du Kwango, du Kwilu et du Mai-Ndombe. Depuis plus d’une année, le conflit foncier survenu sur le territoire  de Kwamouth, dans la Province de Mai-Ndombe, s’est étendu comme un feu de brousse dévastateur qui a atteint les Provinces voisines du Kwilu, du Kwango, voire de Kinshasa. Les récents massacres et troubles perpétrés à Batshiongo, Mongata, Kipulamba, Kabuba, Tadika et à la ferme Mayobo, provoquant le déplacement massif des populations, continuent de semer la désolation et l’insécurité. A l’issue de plusieurs visites pastorales sur terrain, des entretiens, des contacts et des témoignages recueillis auprès de différentes couches de la population, nous en sommes venus à l’intime conviction que des mains invisibles sanguinaires à partir de Kinshasa se cachent derrière tous ces conflits. En effet, partis d’un litige foncier, ces conflits sont récupérés par des personnes qui défendent des intérêts occultes à caractère politique et économique. Visiblement, nous assistons impuissants à une pure instrumentalisation de ces conflits par certains hommes politiques en quête de légitimité locale. Derrière cette mise en scène du conflit Teke/Yaka se cachent des intérêts économiques visant à confisquer les terres aux peuples qui les ont toujours occupées dans une coexistence pacifique. Comment ne pas l’affirmer, lorsque nous constatons que les pyromanes d’hier sont aujourd’hui investis de la mission de sapeurs-pompiers au détriment des populations victimes des actes barbares ? A cette allure, nous craignons l’extension de ces conflits sur l’ensemble de nos Provinces, nous éloignant durablement de la paix tant désirée», peut-on lire dans la déclaration des prélats catholiques.

Christian Musungayi