Congo
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La Géopolitique de profondeur versus la Géopolitique de surface

(Patience Kabamba)

La RDC vient de vivre une semaine difficile qui était emmaillée d’enlèvements des adultes et des enfants par des groupes des bandits qui n’exigeaient pas des rançons mais prélever des organes humains comme les reins et le foie pour des sacrifices culturels ou pour la commercialisation. Cette semaine s’est conclue par le meurtre ignominieux du député national Cherubin Okende dont le corps sans vie était retrouvé criblé des balles dans sa propre voiture. C’est le terrorisme d’un Etat qui peut vous liquider ou qui peut refuser de vous protéger. C’est du pareil au même. Il y a eu sur des réseaux sociaux plusieurs supputations sur ce meurtre. Toutes ces conjectures avaient une chose en commun, elles étaient purement surfacières. Dans son discours à Mbuji Mayi le garant de la nation a promis de mettre en veilleuse les droits de l’homme pour agir contre quiconque s’attaquerait son à ordre étatique, comprenez par cela à son pouvoir. Mais, tout cela, c’est encore de la géopolitique de surface.

Le MDW d’aujourd’hui voudrait justement tacler cette géopolitique de surface pour l’opposer à une géoponique de profondeur. La géopolitique de surface est celle qui s’explique les choses qui arrivent à partir d’un angle d’analyse. La guerre en Ukraine, la Covid-19, la guerre à l’est du Congo, les assassinats politiques, etc. Les gens oublient facilement le génitif. Il n’y a pas de covid -19. Point. Il y a la covid-19 de la marchandise, la guerre en Ukraine de la marchandise, il y a la guerre à l’est pour des bénéfices commerciaux, il y a de meurtres pour la valeur d’échange (argent).

J’avais publié une tribune il y a quelque temps où je soutenais que la guerre en Ukraine n’évoluera jamais jusqu’à devenir une guerre mondiale parce qu’il y a pas d’enjeux militaires contradictoires entre la Russie et l’Otan ou les USA. Comme l’ont dit les grands penseurs sur la guerre comme Clausewitz, Marx ou Hegel, la guerre est tout simplement la continuation de la paix. La paix, c’est le commerce. Le commerce c’est la guerre. Il n’y a pas d’enjeu commercial entre les USA et la Russie, il n’y aura donc pas de guerre commerciale entre la Russie et l’OTAN. Il n’y aura donc jamais une guerre mondiale qui ne se fait qu’entre les puissances technologiquement avancées. On retrouve dans les armes russes des puces électroniques américaines et italiennes. Sur le plan technologique, la Russie accuse un retard de plusieurs décennies qui ne lui permet pas d’engager une guerre à l’échelle planétaire. Il n’y aura donc pas de troisième guerre mondiale comme résultat du conflit ukrainien.

La géopolitique n’est pas un simple agencement d’espaces. Il faut plutôt comprendre les agencements dans la valorisation des valeurs d’échange qui produit l’espace. Ce n’est pas le pouvoir Congolais qui utilise la planche à billets, c’est la place à billets qui utilise le pouvoir Congolais. La géologique de profondeur est celle exactement de l’antisurface. Le soutien à Poutine ou à l’OTAN appartiennent justement à cette géopolitique de surface. Qu’est-ce qui détermine justement cette géopolitique de profondeur qui inclue même le meurtre du député Congolais?

Je voudrai ici évoquer l’œuvre de Marx qui est une projection dialectique qui, a partir des présocratiques, et de tous ceux qui vont s’opposer à la domination capitaliste, va dénoncer le mensonge du capitalisme. Le génitif est exactement la dictature de la valeur d’échange qui est l’incrément des valorisations qui découle de l’exploitation humaine.

La géopolitique des profondeurs nous dit que la politique est une merde et que l’Etat est une pourriture, non pas par accident, mais par essence. Il n’existait pas d’Etat en paléolithique, celui-ci n’est apparu qu’en néolithique lorsque les hommes ont détruit les communautés en faveur des sociétés d’échanges marchandes qui ont divisés les humains en riches et pauvres. L’Etat est donc l’effort de mettre ensemble les scindés et les divisés. D’où sa violence pour sa préservation à tous les prix. Une entité qui vous retire du besoin primaire, de la précarité, qui vous donne un semblant d’honneur et qui vous fait obtenir tout ce dont vous avez rêvé dans la vie, on la défend mordicus sous le prétexte de garantir l’ordre public. Le discours de Mbuji Mayi n’a fait qu’obéir à cette puissance de la marchandise qui broie autour d’elle tout ce qui lui oppose une petite résistance. Depuis la révolution néolithique où la qualité de vie a cède la place à la quantité de l’avoir, tuer un homme qui se met sur le chemin de la quantification est devenu un acte normal. La guerre de l’Ukraine est dans la droite ligne de l’économie monde qui doit détruire les surproductions pour remettre les usines en état de fonctionner encore. Toutes les destructions des jeeps, canons, chars ou avions que l’on voit en Russie doivent avoir lieu pour recommencer et redistribuer les marchés du monde. La guerre Ukrainienne a pour but de prévenir un second traité de Rapalo qui a osé opérer une unité euro-asiatique contre l’impérialisme américain. Les USA  n’ont de réels concurrents technologiques de haut niveau que l’Europe, pas la Russie. Après la première Guerre Mondiale, les décisions du traite de Versailles avaient plongé l’Allemagne dans une pauvreté indescriptible ; les Allemands vivaient dans  la honte et la rage au cœur. Ils avaient donc conclu secrètement un traité de coopération militaire avec la Russie en 1924 où la technologie allemande utiliserait de la matière première russe. C’est ainsi que l’Allemagne était capable d’envahir une bonne partie de l’Europe en 1939. Tout ce que les USA cherchent, c’est justement d’éviter un second Rapalo. La guerre de l’Ukraine a donc lieu pour opposer l’Europe à la Russie. Voilà une géopolitique de profondeur qu’il vaut mieux comprendre pour dépasser les géopolitiques de surface qui s’arrêtent à soutenir Poutine ou l’OTAN.

Bref, la domination de la valeur d’échange qui a consacré la quantité aux détriments de la qualité, l‘avoir aux détriments de l’être, l’argent aux détriments des relations humaines, est la surdétermination de toute la structure étatique et globale. Nous vivons dans la dictature démocratique de la valeur d’échange (l’agent). C’est plutôt celle-ci qui dicte les comportements et non le contraire. Il y a donc des déterminations historiques et dialectiques qui font que ce qui se produit aujourd’hui – le meurtre de Cherubin Okende, la guerre à l’Est du pays, ou la guerre en Ukraine sont tous des périphéries subséquentes. Il faut comprendre la marche de la marchandise et  le développement de la valeur d’échange pour mieux interpréter les faits dans leur totalité dialectique. C’est la géopolitique des profondeurs. Elle ne se voit pas. Il s’agit donc d’appréhender  ce qui ne se voit pas. On voit les richesses, les maisons, les montres extrêmement chères, mais tout cela dépend de la valeur d’échange qu’on ne voit pas. Les profondeurs sont invisibles à ceux qui ne considèrent pas la totalité mais s’arrêtent aux explications de surface.