Congo
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Les sept péchés capitaux du Congo actuel

(Par le Prof. Patience Kabamba)

*Cette semaine a été particulièrement fertile. Beaucoup de sujets se bousculaient dans ma tête pour occuper la place du MDW d’aujourd’hui. La question du conflit raconté faussement sous l’angle d’un problème intercommunautaire entre les Yaka et les Teke alors que c’est une affaire de l’avarice capitaliste entre les voleurs de la république qui ont acheté des fermes sur le plateaux des Bateke le long de la route de Bandundu des terres déjà occupées par la population et qui tenait à tout prix à faire déguerpir les occupants par tous les moyens y compris celui de l’usage de la force physique avec l’aide des AK47, et la résistance opposée par la population qui a vécu pendant des décennies sur cette terre et qui ne voulaient pas se la voir arracher.

Les vendeurs des terres déjà occupées par d’autres s’avèrent appartenir pour la grande majorité à l’ethnie Teke et les acheteurs sont des anciens membres de l’ancien régime qui ont siphonnée le trésor public congolais et qui veulent investir cet argent dans l’achat des terres déjà occupées. La résistance des occupants bute à l’impartialité des négociateurs qui tiennent à présenter les uns comme des victimes et les autres comme des assaillants. Les ethnie Teke et Yaka n’ont rien à avoir dans cette affaire. Il s’agit, d’une part des personnes qui tiennent à s’approprier des terres qu’ils ont achetées même si elles sont occupées par une large population et d’autre part des avares qui veulent vendre ou revendre des terres où habitent une population nombreuse depuis des décennies. Un élément macabre s’est introduit dans cette histoire, c’est l’usage de AK47 et de la machette. 

Un autre sujet qui bouscule mon esprit en ce moment est la sortie du rapport de monsieur John Durham aux USA. Ce rapport montre clairement que le FBI s’est associe à la campagne de Madame Clinton en 2017 pour détruire d’abord le candidat Trump, puis le président Trump. Le rapport indique clairement comment le Bureau Fédéral d’Investigation qui est supposé protéger les Américains s’est politisé en s’associant avec les médias traditionnels et le parti démocrate pour torpiller la présidence de Trump. Cette attitude s’est poursuivie pendant les élections de 2020 lorsque 51 anciens directeurs de FBI ont tous signé une lettre disant que l’ordinateur de Mr. Hunter Biden portait toutes les marques d’une histoire Russe. Tous ont signé une fausse déclaration en utilisant leur titre d’anciens directeurs du FBI pour aider Biden à devenir président. Tout cela est aujourd’hui sur la place publique et suscite plus de questions que des réponses sur un organe qui devrait protéger tout le monde, mais qui a choisi de prendre parti pour une partie d’Américains contre une autre.  Toute la confiance dans le FBI a été érodée à cause de la politisation à outrance de cet organe en faveur du parti démocrate. Les gens regardent les USA comme un modèle pour la démocratie, mais les coups bas révélés par le rapport de Durham et les histoires sur le fils du président Biden montrent que les humains sont les mêmes, ils sont prêts à compromettre les règles du jeu  pour obtenir ce qu’ils veulent. Une haine justifiée pu injustifiée pour Trump ne doit pas conduire à torpiller la loi ; malheureusement c’est cela qui s’est passé et qui se passe encore aujourd’hui. 

Le troisième sujet qui s’est présenté à la porte du MDW c’est celui sur l’intelligence artificielle. Aujourd’hui avec le ChatGPT de OpenAI  vous pouvez avoir sur internet toute une dissertation bien écrite sur un sujet quelconque ; il suffit seulement de faire entrer les idées principales. Les écrivains des scenarii à Hollywood ont fait grève parce qu’ils risquent de perdre leur travail en faveur de l’intelligence artificiel. Mais, le plus important n’est pas là, à mon avis. Le problème de l’Intelligence artificielle est d’ordre bioéthique et anthropologique. Avançons-nous vers un Robot-Sapiens pour remplacer l’homo sapiens sapiens ? Le problème que pose l’intelligence artificielle est celui d’insérer sur un robot (hard ware), le génome humain, la peau, les yeux et les lèvres humains, une intelligence humaine autonome, une émotion humaine (soft ware) pour  lui rendre capable de devenir un partenaire humain et même familial. Si le robot satisfait à toutes ces conditions, peut-il devenir une sorte d’être humain ? Si nous définissons la personne humaine par la sagesse, le sentir, la volonté, l’autonomie et la capacité à tisser des liens avec les autres, et si nous insérons tout cela sur un robot, peut-il devenir alors un être humain ? Est-ce la prélude au robot-sapiens ? Le robot intelligent et autonome peut tout faire et mieux le faire que l’être humain, mais il ne sera jamais capable d’aimer. Seul la personne humaine est capable d’aimer, et aimer même un enfant trismique ou fortement handicapé. 

Enfin, sur l’espace qui nous reste, nous voulons énumérer les 7 péchés capitaux de la RDC dont le redressement donnera une nouvelle impulsion au pays de Kasa-Vubu. (Ils sont tirés du livre dont le titre est « Un État criminel : comprendre et contrer la corruption et la violence institutionnalisées en RDC » publié sous la direction de Sash Lezhev)

L’économie politique du Congo au cours des 130 dernières années s’est caractérisée par une kleptocratie violente que l’on peut reconnaître à travers les 7 éléments suivants : 

1. Laisser les forces de sécurité se payer elles-mêmes. Mobutu a dit : “Vous avez des armes, vous n’avez pas besoin d’un salaire.” Afin d’éviter d’être renversé par la force, le régime permet aux commandants de l’armée de s’enrichir en exploitant les ressources et les citoyens, alimentant ainsi des cycles de conflits.

2. Rester au pouvoir, ou peut-être tout perdre. Quitter ses fonctions peut signifier que les élites liées au régime perdent leurs gains mal acquis et leur immunité contre les poursuites. Les mouvements prodémocratie sont ainsi réprimés, souvent violemment, car ils menacent le système corrompu. (Nous avons vécu cela aujourd’hui avec la marche de l’opposition violemment réprimée par le régime.) 

3. Veiller à ce qu’il y ait peu ou pas de responsabilité pour les élites liées au régime. L’impunité est le ciment qui maintient le système ensemble. Les systèmes judiciaires ciblent les opposants au régime ou les personnalités de bas niveau, et non les auteurs de corruption ou de violations des droits humains de haut niveau. (S’il leur arrive de séjourner en tôle, ils en ressortent rapidement pour être promu à des grandes fonctions).

4. Créer des structures étatiques parallèles et coopter des groupes rebelles pour affaiblir les menaces politiques. Des chaînes de commandement parallèles sont mises en place pour assurer la loyauté ; les rebelles sont amenés dans l’armée sans contrôle ni véritable intégration. L’armée pléthorique commet alors des exactions et collabore avec des groupes armés.

5. Veiller à ce que les hauts fonctionnaires profitent de la corruption. S’il est nommé à un poste gouvernemental, le fonctionnaire est censé répercuter les paiements le long de la chaîne. Ce système, le «rapport», a conduit le fardeau fiscal réel des citoyens congolais à environ 55%.

6. Profiter personnellement des transactions sur les ressources naturelles, sous-investir dans les services et détourner les réformes. Le régime reçoit des pots-de-vin de certains étrangers pour vendre des ressources à des prix très bas, puis des étrangers les retournent pour de gros profits, privant l’État congolais de revenus massifs. Les entreprises publiques et leurs partenaires étrangers – restent opaques. Le gouvernement sous-investit délibérément dans les services publics, car il se concentre sur le clientélisme. (Des visites intempestives des dirigeants et de leurs familles dans le Lwalaba pour les carrés miniers en témoignent.)

7. Confondre tout le monde en créant une incertitude sur les politiques afin d’augmenter la corruption. Le gouvernement crée des institutions qui contredisent ses propres lois ou politiques, et les agences de l’État imposent et perçoivent leurs propres impôts, ce qui accroît la prédation. (Pensez au RAM)