Congo
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Publication des vidéos jugées compromettantes de Biselele, L’ACAJ saisie le Procureur Général près la Cour de Cassation

L’Association congolaise pour l’accès à la justice, ACAJ, a, dans un communiqué rendu public le lundi 24 juillet 2023, saisi officiellement le Procureur Général près la Cour de Cassation afin de dénoncer la publication sur les réseaux sociaux, des vidéos jugées compromettantes de l’ex- Conseiller du Président de la République, Fortunat Biselele.

En effet, l’ACAJ  s’est dit inquiète de cette pratique qui consiste à la publication de la vie privée de certaines personnes sur les plateformes numériques observées actuellement  en République Démocratique du Congo.

C’est le cas de la publication, il y a quelques jours, des vidéos de l’ancien proche collaborateur du Président de la République, incarcéré le 20 janvier 2023, à la prison central de Makala, une semaine après avoir été arrêté par l’Agence Nationale de Renseignements, ANR.

«Il revient que depuis plusieurs jours, des vidéos attribuées à M. Biselele  Kayipangi et qui n’ont aucun lien objectif avec les faits pour lesquels  il est poursuivi, sont abondamment diffusées et relayées, sans son accord préalable dans plusieurs réseaux sociaux’’, a dénoncé l’organisation que dirige Georges Kapiamba.

Pour l’ACAJ, «La propagation illégale desdites images est d’autant plus inquiétante et dangereuse lorsqu’elle est présumée émaner d’agents publics appartenant aux services de sécurité de notre pays pourtant censés assurer le respect des droits garantis par la Constitution à toute personne». 

Par ailleurs, l’ACAJ note que cette pratique  typique à l’atteinte à la vie privée,  viole plusieurs dispositions notamment, l’article 195 de l’ordonnance n°23/010 portant Code numérique en RDC.

C’est dans ce contexte même, qu’elle a tenu à formuler quelques recommandations au Procureur général près la Cour de cassation et au Ministre du numérique. Au premier, l’ACAJ veut que les enquêtes soient confiées à des instances neutres et crédibles afin d’identifier les auteurs de cette bavure.’’ Pour des raisons de crédibilité et de transparence, eu égard au fait que la police et l’ANR soient sérieusement mises en cause dans ces violations des droits de l’homme, l’ACAJ demande que lesdites investigations soient confiées à des instances dont la neutralité et l’impartialité ne seraient pas susceptibles d’être remises en question’’, a défendu Georges Kapiamba.

Et au second, elle a demandé  de ’’ travailler en étroite collaboration avec  les experts et les fournisseurs de services des réseaux sociaux pour mettre en place des filtres devant empêcher la diffusion de ce genre d’images’’.

Il faut noter que les images de Fortunat Biselele ont été postées sur les réseaux sociaux un jour avant sa remise en liberté provisoire. Un acte condamné par le concerné qui a d’ores et déjà traduit les enquêteurs de l’Agence nationale des renseignements, ANR,  en justice après la diffusion de ses vidéos. 

En effet, l’ancien  conseiller du Président accuse spécifiquement les enquêteurs de l’ANR d’être à la base de la publication sur les réseaux sociaux de ses images. D’après lui, ces images proviennent de ces  téléphones portables  qui ont été saisis par ses services  lors de son arrestation, dont depuis  le 14 janvier 2023.

De plus, dans son communiqué, ACAJ a également évoqué les messages qui circulent sur la toile, menaçant de rendre publiques d’autres images puisées des mêmes appareils téléphoniques.

Cependant, étant donné que ces images étaient dans son ou ses téléphones ravis par l’ANR à son arrestation en mi-janvier 2023 pour entre autres trahison, atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat et propagation des faux bruits ; les infractions que les services ont présentées au magistrat pour qu’il soit jugé, font penser à une volonté exprimée par ses détracteurs de vouloir l’humilier’’, a-t-il renseigné. 

Une pratique dénoncée notamment par l’Honorable Papy Tamba qui a appelé les uns et les autres ‘’à privilégier les bonnes mœurs, surtout en Politique’’.

Signalons que c’est depuis le samedi 22 juillet 2023, que  Fortunat Biselele, ex- conseiller du président Félix Tshisekedi a recouvré la liberté provisoire pour des raisons de santé.

Nelly Somba