Congo
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 ‘’Sociologie de la corruption’’ (Un livre de  Françoise Dreyfus lu et commenté par Salomon Valaka )

La ’Sociologie de la corruption’’ qui est notre réflexion de ce jour puise son titre de l’ouvrage portant le même titre rédigé par Françoise Dreyfus [1].  Ce titre se marie très bien, à notre avis, avec l’information nous livrée par ‘’Global Index, 2023’’, dans son dernier classement.

Disons tout de suite que ce classement a subi le courroux de l’un des meilleurs contributeurs de nos foras, mon ami Djamba Yohé, l’Encrier du Rédacteur de l’Atlantique.

En référence à la corruption donc, ce fléau qui consume les pays africains et leurs institutions, deux compatriotes, deux penseurs respectés nous ont livré ces deux thèses :

La première nous étant livrée par Djamba Yohé qui a démontré, par ses recherches, que le qualificatif ‘’Des pays les plus corrompus du monde’’ sont plutôt :

 ·         Les Etats-Unis d’Amérique de par les pertes qu’ils enregistrent dans les combines financières dès le « Wall Street » et les centres financiers de ce pays….

·         La France est un pays hautement corrompu et falsificatrice de son image projetée comme de grande probité… 

·         La Belgique est très corrompue …

·         La Russie est corrompue plus que la RDC du fait de ses manœuvres manipulatoires surtout dans le piratage des Banques et dans la Maffia d’une pègre qu’elle héberge chez-elle et dont l’une des manifestations visibles et le groupe paramilitaire « Wagner » …

·         La Chine est aussi une nation de grande corruption. « Le contrat du siècle de Joseph Kabila » est un exemple….

La seconde thèse est celle du Dr  Nyembo Kitenge qui avance que ‘’ La culture de corruption que nous dénonçons en RDC n’est pas une fatalité pour les Congolais, ni pour aucun autre peuple. D’autres nations ont connu ce fléau, qui n’est qu’une conséquence de l’atomisation excessive de la population et de la faiblesse de l’État. Au fur et à mesure que l’État se consolidera et que le pays se développera, il y aura moins de corruption.’’

Dr  Nyembo Kitenge concours même avec Djamba Yohé lorsqu’il confirme que ‘’des États-nations tels que les États-Unis, la Chine, le Japon et la Corée du Sud ont connu des niveaux très élevés de corruption dans leur histoire, avant le renforcement des Etats.

Notre point de vue et notre ‘’common sense’’ ne nous permet pas d’appuyer la thèse de Djamba qui affirme que les pays qu’il vient de citer, en l’occurrence la RD  ou encore ceux dont la liste est ci-haut postée sont moins corrompus que ceux de sa liste.

La réalité des faits ne nous permet pas d’épouser sa théorie savante. Sa qualification est simplement trop savante, disons-nous, pour se marier à la réalité quotidienne de la vie. Pour preuve,  allez aux USA ou au Canada, qui est simplement la prolongation des USA (Toronto, par exemple) dans beaucoup des domaines de la vie et larguer la bombe selon laquelle ‘’votre pays est plus corrompu qu’un pays africain’’ devant des citoyens responsables de ce pays. Soit, ils vous prendront, à juste titre, comme un fou, soit ils mettront votre intellect en doute. Ce qui est vrai est le fait que le terme ‘’corruption’’ n’est pas un lot du jour aux USA et peut des gens dans la vie quotidienne y pense. Je disais que ce terme est trop savant pour se conformer à la réalité car ce phénomène, s’il existe, c’est aux échelons supérieurs des transactions économiques et des politiciens avérés.

Tout ceci est pour confirmer la thèse du Dr  Nyembo Kitenge. Les USA, le France, etc…sont arrivés au point de stabiliser leurs institutions étatiques et donc la consolidation de l’Etat au point de minimiser la corruption et ses conséquences.

Un fait vécu dans ma ville

Un compatriote était arrivé dans ma ville, fraichement venu de la RDC. Avec tant de sacrifices, il s’est acheté un véhicule. La joie de conduire pour la première fois, la musique congolaise aidant couplé de l’inexpérience du code routier, notre compatriote roulait à tombeau ouvert sur un endroit à vitesses très réduite. Il était entouré de deux voitures de police. Durant l’interrogation, il se croyait encore au Congo lorsqu’il offrit un billet de $20.00 aux policiers comme pour s’en sortir de sa situation. Trop troublé et leur incrédibilité aidant, ils n’avaient même plus ni la force, ni le courage de culpabiliser l’infortuné Congolais. Ils lui avaient laissé partir, le prenant pour un citoyen en provenance d’un pays de merde dont la corruption est le moyen de vivre.

Nous épousons donc la thèse du Dr. Nyembo Kitenge et croyons sincèrement qu’ ‘’au fur et à mesure que l’Etat se consolidera et que le pays se développera, il y aura moins de corruption.’’

Nous ne sommes pas encore à ce niveau. Aujourd’hui la corruption et le détournement (et donc du vol) des fonds de l’Etat forment un couple balancé. Non seulement la corruption est institutionalisée au niveau de l’Etat, dans la vie courante, elle bat aussi son plein sur toutes les couches de la vie. Rares sont les filles, diplômées des universités, peu importe le niveau de leurs diplômes ou bagage intellectuel trouveront généralement et facilement un emploi décent sans qu’il y ait, au préalable, un échange avec leur corps ou leur nudité.

Le Congolais vit, continuellement, à couteau tiré avec les éléments de la police, des cadres d’emplois et de l’administration dans le cadre du traitement des dossiers ou d’engagement. Un ami inspecteur des finances m’a confié comment les chefs d’entreprises privées gérées par des expatriés (Indiens, Libanais, Chinois, Pakistanais) préfèrent verser des pots de vin aux inspecteurs des finances plutôt que de s’acquitter de leurs taxes au niveau de l’Etat.

Des professeurs d’universités veulent survivre au dos des étudiants sur qui ils imposent des frais incongrus sans raisons d’y être. Aux finalistes ils imposent des frais tels que :

Frais de la rédaction du directeur et directeur-adjoint du mémoire, frais du dépôt, relevés des côtes, certificats de bonne vie et mœurs…)

Répondant au Professeur Fweley Diangitukua, le Professeur Ali Assani rédige ce qui suit :

‘’Dans le cas des élections qui auront lieu dans notre pays à la fin de l’année, mon recours à ce principe repose sur les quatre éléments suivants :

1.       Le contrôle total de la CENI par le pouvoir en place.

2.       Le contrôle total de la COUR CONSTITUTIONNELLE par le pouvoir en place.

3.       Les matraquages des journalistes et des leaders de l’opposition pour les empêcher de battre campagne dans le pays entier.

4.       L’Union Sacrée à la solde du pouvoir en place est majoritairement composée des transfuges kabilistes et mobutistes rompus   aux fraudes électorales.   

Ce sont ces quatre éléments qui ont permis à Kabila fils de gagner toutes ses élections contre ses opposants.’’

La grève des chauffeurs des taxis et taxis-bus à Kinshasa est levée, leurs doléances ayant été prises en compte par les autorités, a annoncé lundi 5 juin à Radio Okapi, le vice-président de l’Association des chauffeurs du Congo (ACCO), Jean Mutombo. 

Ces derniers s’insurgent contre les « tracasseries multiples et autres arrestations arbitraires » dont ils sont victimes par la police. Il y a lieu de confirmer ici que dans la plupart des cas, la corruption est non seulement entretenue par la police mais elle reste l’un des moyens le plus sur de leur survie. Si cette réalité est africaine, il est presqu’inexistante dans les pays que notre compatriote Djamba  Yohé qualifie les ays les plus corrompus dans le monde.

Ce sont les éléments d’une corruption institutionnalisée que l’on trouvera que dans des pays africains dont la gestion de la chose de d’un Etat demeure encore faible.

Françoise Dreyfus, évoquant les ‘’Eléments d’une définition empirique’’ sur la corruption rapporte que  ‘’… dans l’un des tout premiers écrits universitaires consacrés, en France, à la corruption, J.  G. Padioleau propose de la définir comme « échanges de faveurs  » [Padioleau, 1975, p.  35] et distingue ce qu’il appelle la « corruption-troc  » de la «  corruption-échange social  » dans les oligarchies pluralistes… Ainsi, la corruption-troc peut être vue comme un échange donnant-donnant  immédiat qu’illustre, par exemple, l’argent glissé dans le passeport afin que le fonctionnaire de la police des frontières y appose son tampon…’’

Ce sont les éléments qui caractérisent encore la corruption dans nos Etats qui sont encore faibles et donc, consumés par la corruption, comme l’indique le Dr. Nyembo Kitenge