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Toute la vérité sur le conflit Teke-Yaka, Bita Inana : ‘’Laurent Batumona n’est ni la cause originelle, ni parrain de la milice mobondo’’

Les guerres civiles constituent aujourd’hui la forme la plus fréquente et la plus meurtrière des conflits armés. La majorité de ces conflits sont ethniques  dans le sens où ils opposent des belligérants issus de groupes ethniques distincts. Bita Inana passe en revue la littérature qui évoquent les causes des conflits ethniques Teke-Yaka que d’aucuns attribuent par mauvaise foi à Laurent Batumona qui n’est ni la cause, moins un parrain. Bita Inana fournit un aperçu sur les causes et présente quelques faits centraux sur le conflit. Les conflits interethniques opposant les Yakas et les Tekes dans le territoire de Kwamouth, province de Maindombe a ses origines. Ils sont évoqués dans l’historique retracé par un fils du terroir, Bita Inana. C’est quoi la milice mobondo, ses origines ?

La milice mobondo tire son cadre conceptuel de la déformation du terme Yaka « bondu » qui veut dire anti-balle, une formule mystique, fétiche que le roi de Bayaka, Sa Majesté Kiamvu Tsimba Nkumbi avait utilisé pour résister aux armes à feu des colons Belges. Ce concept a commencé à être arbitrairement attribué à l’acteur politique de l’espace grand Bandundu proche du Chef de l’État pour le discréditer vis-à-vis de l’opinion publique et réduire son influence électorale sur la scène politique. Les Tekes et les Yakas sont deux tribus qui se partagent le plateau du Kwango, du Maindombe et de Kinshasa depuis des siècles.

Ces peuples s’érigent aujourd’hui en opposition à cause de vente des terres aux personnalités politiques et militaires à nationalité douteuse pour certains. Bien que l’incident déclencheur du conflit ait impliqué certains fermiers Yaka et les chefs coutumiers Teke, le conflit de Kwamouth n’a rien à voir avec un conflit tribal et n’a ni cause originelle, ni parrain, à l’occurrence l’allié traditionnel du Président de la République, Laurent BATUMONA qui nourrit les habitants du plateau de Bateke par le truchement de projets communautaires que regorge sa ferme créé depuis 1984. Les Yakas et Tekes sont nés, grandis et cohabitent ensemble comme une binarité parfaite depuis des siècles.

Qu’est- ce qui les divise ?

Ce qui divise ces peuples, explique Bita Inana, ‘‘c’est la vente des terres aux personnalités à nationalité douteuse et à certains dignitaires de premier rang.  ‘’Joseph Kabila, l’ancien Président congolais qui, en dépit de sa ferme de Kingakati, a acquis des Chefs de terres Tekes des étendues énormes de terres. Il les a obtenues avec la bénédiction des notables Tekes dont les chefs de terre Epuma, Nguma, et par le truchement d’un Député Provincial de Kinshasa. Vital Kamerhe  a, aussi, acheté plus de 5000 hectares à Mongata non loin de Bukanga Lonzo avec la complicité du chef coutumier Mayala, fils du chef Mongata. Le chef coutumier Mayala est bien la personne qui a été le commissionnaire du gouvernement Matata pour que les terres de Bukanga Lonzo soient bradées en flouant le vrai ayant-droit.  Les chefs de terres ont été exclus aux négociations avec les investisseurs du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo. Coincés par les grands clients, qui exercent la pression de jouir pleinement de leurs espaces achetés, les chefs de terre Teke ont multiplié les stratagèmes dont le plus éloquent est celui de l’augmentation des droits fonciers pour décourager les fermiers locaux à quitter les espaces au profit de nouveaux grands acquéreurs. Les droits fonciers ont consisté à percevoir autant des sacs de cossettes de manioc et de maïs qui dépassent leur récolte car, les villageois cultivent pour la survie. L’aventure commence au village Bokala dans le territoire de Kwamouth, le berceau de la crise tribale où le premier incident s’est produit. Un fermier Yaka est parti de Nkana vers Bokala  pour chercher la protection des droits fonciers, d’une part et, de l’autre, pour contester l’augmentation des droits coutumiers exigés par les chefs de terres Teke. Le fermier Yaka sera tabassé à mort par les proches du chef Teke Epuma. Ce fermier Yaka meurt de suite des coups et des blessures. Ce meurtre a provoqué une  vigoureuse protestation de peuple Yaka qui a fini par une bagarre au village Bokala dont  quatre personnes sont mortes dans le camp des Yakas. Ainsi, débute une longue épopée d’un conflit duquel vont s’inviter d’autres forces obscures, qui vont manipuler les Tekes afin d’orchestrer une chasse non seulement aux bayakas, mais aussi aux autres non originaires installés à Kwamouth depuis des milliers d’années.

Pour défendre les terres bradées et venger leurs frères, les Bayaka font recours aux princes de leur roi Imona, fils de Feu Sa Majesté Kiamvu Kumbu  et Saddam qui vont exhumer la puissante formule mobondo, laquelle avait permis aux Yaka de résister aux armes à feu des colons Belges. Il faut noter qu’à l’époque coloniale, les chefs coutumiers avaient initié les jeunes Yakas aux fétiches mobondo afin de les rendre invulnérables aux attaques des ennemis et aussi pour protéger leurs terres.

Les vrais mobondo sont interdits de violer, de voler, de piller ou verser du sang de leurs frères, de peur d’être atteint par les balles ou flèches de l’ennemi.

Pour le cas de Kwamouth, il faut savoir que les jeunes ont été également initiés pour se battre, non seulement contre les chefs de terres Teke ayant trahi le pays par la vente de tout un groupement  au Raïs Kabila, mais aussi aux militaires ou policiers qu’ils rencontrent sur leur chemin. Les  vrais mobondo veulent mettre un terme au règne des chefs coutumiers vendeurs des vastes étendues de terres de leurs ancêtres, aux personnalités douteuses au détriment des communautés locales qui sont dépouillés de leur héritage foncier. La descente de Laurent Batumona dans le grand Bandundu pour annoncer l’arrivée du Président de la République n’avait rien à voir avec les évènements malheureux perpétrés par les miliciens mobondo à Mongata et Batsiongo.

En effet, le vendredi 12 mai 2023 était la date où la population de la ville de Kenge attendait Laurent Batumona qui devrait tenir un meeting importante sur le social du grand Bandundu. Ce meeting a été reporté au samedi 13 mai 2023 à cause  de l’escalade des miliciens mobondo. Cette escalade avait  comme but de bloquer le passage de Mayala qui était dans le collimateur des mobondos. C’est ce qui a été à la base des affrontements entre miliciens et forces loyalistes. Mayala était poursuivi par des mobondos pour avoir facilité encore le déplacement de plus de 500 bovins avec leurs éleveurs banyamulenge de Mongata vers Bukanga Lonzo. Un parc agro-industriel qui n’a rien servi ni aux communautés locales, ni au pays.  Informé par ses proches, le fils du Chef Teke Mongata s’est enfui à Takunji dans le secteur de Fatundu (Kwango), secteur d’origine de sa mère, pour enfin tenter d’échapper aux mobondos qui le poursuivaient. Selon certains témoignages des voyageurs de la RN 1 venus de Kenge.

Mayala,  vendeur des terres a alerté certains dignitaires qui sont ses clients pour réprimer les mobondos et assurer sa protection. Les gens ont mal interprété la coïncidence avec le meeting du MSC de Laurent Batumona dans le Grand Bandundu notamment, à Kenge, Kikwit et Masimanimba pour présenter Félix Tshisekedi comme l’unique candidat à l’élection présidentielle. D’autres politiques étaient passés également par cette route dont la Ministre près du Président de la République. Les forces loyalistes envoyées sur terrain n’avaient pas pu privilégier la voie diplomatique déjà enclenchée par le Chef de l’État.  Au niveau de Batsiongo tout comme à Mongata, la montée de la tension était due au refus du colonel envoyé depuis Kenge de laisser passer les combattants mobondo poursuivre leur ligne afin de retrouver le fugitif Mayala. Obéissant aux ordres hiérarchiques, le vaillant officier a entamé les tirs provoquant la colère des mobondos, sortant la force mystique ayant fait périr sept soldats et deux civils’’.

Laurent Batumona ni de loin, ni de près impliqué

Au regard de ce qui précède, indique M. Inana, ‘‘la réalité est que Laurent Batumona n’est ni de loin, ni de près impliqué dans douloureuse affaire mobondo. Il gêne les intérêts des aigris qui se déguisent en Tshisekediste.  C’est bien lui qui paie le loyer du siège des FPAU, la création de trois regroupements politiques n’est pas l’antitshisekedi comme  pensent ses détracteurs. Laurent Batumona est un Député Provincial élu sur la liste UDPS. Haut cadre du RASSOP qui a engendré les FPAU après débauchage de plusieurs cadres par Kabila. Il est le cofondateur des FPAU. La création de trois regroupements politiques a pour objectifs de : maximiser les chances de rafler autant de sièges en vue d’accorder une majorité parlementaire à Félix Tshisekedi’’.

La Pros.