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353 atteintes à la laïcité signalées dans les établissements scolaires en novembre

313 atteintes avaient été relevées en septembre et 720 en octobre. Le port de signes et tenues est toujours la catégorie la plus représentée.

En ce 9 décembre, journée de la laïcité, le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse a révélé les derniers chiffres en matière d'atteintes à la laïcité, désormais publiés tous les mois à la suite d'un engagement de «transparence» pris par le ministre Pap Ndiaye. Des données intéressantes, mais qui doivent être examinées avec précaution, notamment parce qu'elles ne sont pas exhaustives.

En novembre, 353 signalements d'atteinte au principe de laïcité ont été recensés, contre 720 en octobre et 313 en septembre. Soit une «baisse» par rapport au mois dernier qui «nous incite à continuer à bien veiller à appliquer la loi de 2004 [sur les signes religieux à l'école, NDLR.] avec fermeté et discernement, tout en accompagnant les équipes pédagogiques et en formant les personnels», a commenté Pap Ndiaye sur Franceinfo. 16% de ces faits ont eu lieu dans le premier degré, 48% dans les collèges et 36% dans les lycées. Les auteurs sont très majoritairement des élèves (85%), mais aussi quelques parents d'élèves (7%) ou personnels (5%).

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Comme en septembre et en octobre, ces atteintes à la laïcité concernent majoritairement les ports de signes et tenues (39%). «Deux situations sont identifiées : le port de signes manifestant ostensiblement une appartenance religieuse et le port de tenues qui ne manifestent pas par nature une appartenance religieuse, comme des jupes ou robes longues, des abayas et des qamis», précise la Rue de Grenelle. Suivent les provocations verbales (12%), les suspicions de prosélytisme (12%), les contestations d'enseignement (10%), les revendications communautaires (8%), les refus d'activité scolaire (8%) et les refus des valeurs républicaines (4%).

L'autocensure des enseignants

Parallèlement à ces remontées de terrain récoltées par le ministère, l'Ifop a réalisé pour la revue Écran de Veilleune étude en ligne auprès de 1009 enseignants de France métropolitaine. Selon cette enquête, depuis septembre 2021, 30% des enseignants ont été confrontés à des contestations d'enseignement au nom de la religion et 23% au port par les élèves de couvre-chefs à caractère religieux (voile, kippa...). Parmi ces 23%, un peu moins d'un professeur sur deux (48%) n'a pas signalé cet incident à l'administration. Ce qui confirme que les chiffres de la rue de Grenelle ne sont pas totalement exhaustifs.

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Toujours d'après l'Ifop, un peu plus de la moitié des professeurs (52%) se sont déjà autocensurés dans leur enseignement pour éviter de possibles incidents sur les questions de religion. Cette proportion monte à 65% dans les établissements classés réseaux d'éducation prioritaire (REP), qualifiés de «ligne de front de la bataille culturelle menée par les influenceurs et autres activistes islamistes» par François Kraus, directeur du pôle politique de l'Ifop. Les professeurs d'histoire-géographie sont les plus concernés par cette autocensure: 64%, contre 58% pour leurs collègues de lettres ou encore 51% pour ceux d'éducation physique et sportive.

Par ailleurs, un peu plus deux ans après l'assassinat de Samuel Paty à la sortie de son collège des Yvelines, une majorité d'enseignants appréhendent d'être confrontés à une situation conflictuelle en matière de laïcité. 62% craignent de présenter des caricatures de personnages religieux en classe, 59% d'avoir à gérer des situations d'élèves qui veulent porter des tenues traditionnelles et/ou religieuses, 43% d'aborder certains sujets historiques comme le Shoah ou le conflit israélo-palestinien. «La France des profs a peur, et développe des stratégies d'évitement des sujets potentiellement conflictuels», commente François Kraus.