En 1997, quand la Grande-Bretagne a renoncé à sa souveraineté sur Hong Kong, la Chine s’est engagée à garantir les libertés politiques et économiques de l’île pendant cinquante ans. Quelque vingt ans plus tard, Pékin a fait fi de ses promesses en imposant une loi draconienne sur la sécurité nationale à une population décidée à résister à l’autoritarisme.

La politique d’“un pays, deux systèmes” n’était pas un geste de bonne volonté, mais une obligation inscrite dans le traité. En s’accordant le pouvoir d’interpeller, de déporter ou d’incarcérer qui bon lui semble, la Chine abandonne tout faux-semblant quant au respect du droit international. Il est désormais évident que la rétrocession de Hong Kong n’a pas tant signifié la fin d’un empire – le prince de Galles s’en était lamenté – que l’avènement d’un impérialisme beaucoup plus pernicieux, mais dont l’Occident a tardé à admettre l’existence.

Ouvrir la porte aux Hongkongais, une décision honorable

Dominic Raab, le secrétaire d’État britannique des Affaires étrangères, a raison quand il affirme que ce décret constitue une violation “claire et grave” de la déclaration conjointe sino-britannique [signée en 1984 et fixant la rétrocession à 1997]. Les Hongkongais soupçonnés d’activités terroristes ou séditieuses risquent aujourd’hui la prison à vie, ou d’être assujettis à une surveillance étouffante. Privés

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Éditorial