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À Istanbul, l’appel du muezzin a retenti depuis Sainte-Sophie

L’appel à la prière a rarement résonné aussi fort sur l’esplanade de Sultanahmet, quartier de la péninsule historique d’Istanbul. Le chant du muezzin, qui s’élève depuis les minarets de Sainte-Sophie, a soudain fait taire la foule rassemblée en cette journée historique.

« Aujourd’hui je suis venu pour vivre ce moment que notre peuple attendait depuis longtemps, pour être ici en ce jour merveilleux, pour célébrer ce moment où Ayasofya [ndlr : Sainte-Sophie en turc] redevient une mosquée, se réjouit Mustafa, stambouliote de 22 ans, au regard bleu et à la barbe soignée. Sainte-Sophie signifie beaucoup pour nous. C’est le symbole de notre indépendance. Le symbole de la conquête. Grâce à cette décision, Sainte-Sophie a retrouvé sa vraie nature. »

Erdogan n’a pas perdu de temps

Après des semaines de suspense, le Conseil d’État a en effet décidé vendredi 10 juillet que Sainte-Sophie redeviendrait une mosquée. Cette emblématique basilique byzantine, construite au VIe siècle sous l’empereur Justinien, avait été transformée en mosquée lors de la conquête de la ville par Mehmet II en 1453. Mais elle était devenue un musée à l’initiative du fondateur de la république turque laïque Mustafa Kemal en 1934.

Le président Recep Tayyip Erdogan n’a pas perdu de temps pour valider et entériner la décision. Dès vendredi, il a ramené la gestion du bâtiment sous la coupe de la Direction des Affaires religieuses. « Avec ce changement de statut de musée en mosquée, l’entrée de Sainte-Sophie sera désormais gratuite, a précisé le président Recep Tayyip Erdogan, lors de son allocution dans la soirée de vendredi. Comme toutes les autres mosquées, les portes de Sainte-Sophie seront ouvertes à tous : aux Turcs comme aux étrangers, aux musulmans comme aux autres croyants. »

Cette transformation du statut de l’édifice est célébrée comme une « victoire de l’appel à la prière contre le son des cloches », un « accomplissement de la conquête de la ville » et un sauvetage « de l’héritage turco-islamique », interprète l’universitaire Umut Azak sur le site d’information Gazete Duvar. C’est une nouvelle revanche des milieux islamo-nationalistes sur l’occidentalisation du pays entreprise par Mustafa Kemal Atatürk lors de la fondation de la république turque en 1923.

Mais la décision n’a pas manqué de surprendre. Régulièrement remobilisée ces dernières années par le président Erdogan en période de difficultés, comme pour la campagne des élections municipales au printemps 2019, la thématique du changement de statut de Sainte-Sophie faisait office de joker.

La décision lui permet, certes, de réaffirmer son autorité sur la métropole d’Istanbul, dont son parti a perdu la mairie en 2019 au profit du parti d’opposition du CHP (Parti républicain du peuple). Mais l’absence d’échéances électorales proches pose la question du gain politique immédiat. Le CHP, de son côté, est resté discret.

→ À LIRE Sainte-Sophie, le rêve ottoman d’Erdogan

Les réactions internationales, elles, ne se sont pas fait attendre. La décision a été qualifiée de « provocation envers le monde civilisé », par le gouvernement grec. L’église orthodoxe russe et l’Union Européenne ont fait part de leurs « regrets » tandis que l’Unesco a critiqué cette décision du gouvernement turc prise « sans concertation ». La France a « déploré » ce changement de statut.

En chute dans les sondages d’opinion, Recep Tayyip Erdogan compte ainsi resserrer les rangs dans son camp à quelques jours des commémorations de la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016. La première prière à la mosquée de Sainte-Sophie est annoncée pour le vendredi 24 juillet.

→ HISTOIRE Sainte-Sophie d’Istanbul

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