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«Absurde» ou inéluctable : bras de fer politique sur le futur prix pass Navigo

Inflation tout court ou inflation du ticket de métro en plus? La région Ile-de-France étudie la possibilité d’une hausse du passe Navigo à 90 euros au 1er janvier 2023, relançant son bras de fer avec l’Etat afin de pouvoir augmenter la contribution des entreprises au financement des transports en commun franciliens pour éviter ce scénario.

Cette hausse, «ce ne serait pas une bonne nouvelle, a commenté lundi matin le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, invité sur France Inter. Ce n’est pas le bon moment, Les Français qui prennent les transports en commun font partie des classes moyennes que le gouvernement veut accompagner».

Face aux difficultés financières de l’autorité régionale des transports Ile-de-France Mobilités (IDFM), sa présidente LR Valérie Pécresse avait un temps agité la menace d’un abonnement mensuel à 100 euros, contre 75,20 euros aujourd’hui, puis dit espérer 80 euros. Selon des documents consultés dimanche par l’AFP, la hausse serait finalement située entre ces deux chiffres, à 90 euros. Mais une autre piste prévoit une augmentation à 80,80 euros si le Parlement vote une hausse de la contribution des entreprises, via un amendement au projet de loi de finances (PLF).

«Valérie Pécresse peut appuyer sur le bouton ou ne pas le faire […] Si Mme Pécresse fait face à des difficultés, nous nous mettons autour de la table», a fait valoir Olivier Véran, rejetant la faute sur le conseil régional d’Ile-de-France.

Une délibération tarifaire doit être soumise le 7 décembre au conseil d’IDFM. «Le blocage du gouvernement dessine la voie d’un passe Navigo à 90 euros», ce qui serait «socialement inacceptable», écrit la présidente de région, Valérie Pécresse dans une lettre aux administrateurs de la structure, datée du 25 novembre. Elle y évoque un «contexte inédit d’envolée des coûts de fonctionnement des transports franciliens, liée à la crise énergétique».

950 millions de déficit

Le financement des transports en commun franciliens est partagé entre région, ville de Paris et Etat et abondé par une contribution des entreprises, d’environ la moitié du total. Mercredi, les sénateurs ont rejeté une proposition d’augmenter cette contribution, en accord avec le gouvernement au nom de la baisse de la fiscalité sur les entreprises notamment industrielles voulu par Emmanuel Macron.

«Nous avions un déficit structurel cette année de 950 millions, a décrypté sur France 3 le vice-président du conseil régional chargé des transports, le maire d’Evry Stéphane Beaudet. Nous avons retrouvé des fonds de notre côté avec les collectivités membres d’IDFM, la région et la ville de Paris […] Il reste à financer 450 millions».

Pour le ministre des Transports, «c’est intenable d’avoir un passe Navigo à 100 euros». «Les régions sont en train de fixer les prix pour 2023, et ce sont des choix politiques. Certaines baissent le prix du train, d’autres ne l’augmentent pas […] Aucune région n’a augmenté de 35 % le prix du train», a-t-il estimé dimanche sur Europe 1 /CNews, rappelant que les tarifs et l’offre des transports du quotidien sont la responsabilité des régions, non de l’Etat.

«Cette hausse du pass Navigo est à la fois injuste et parfaitement absurde, a tonné dimanche l’écolo David Belliard, vice-président d’Ile-de-France Mobilités, dans les colonnes du journal 20 minutes. On est en train de dire que dans un monde où on a une accélération des dérèglements climatiques et où il nous faut aller vers des mobilités qui sont les plus propres possibles, nous allons mettre à contribution celles et ceux qui tous les jours ont le courage de prendre des transports en commun, c’est-à-dire des mobilités moins carbonées et qui en plus subissent la dégradation de la qualité des transports publics».

«Des discussions sont en cours, nous verrons dans les prochains jours et prochaines semaines comment on peut aider», a souligné Clément Beaune, en rappelant les deux milliards d’euros d’aides précédemment versés par l’Etat à la région pendant la crise du Covid. Sous forme d’avance remboursable et non de subvention, rappellent les élus du conseil régional.