France

Accident mortel près de Montpellier : "Elle a tellement cherché la mort, que c’est arrivé ce jour-là"

La serveuse sortait de son travail en février 2019 quand elle a provoqué une collision mortelle.

C’est avec "de la rage" que l’avocate de la partie civile est arrivée à l’audience du tribunal correctionnel, ce lundi 26 octobre, pour demander que la conductrice de la Peugeot 206 qui a tué Laurena, Melgorienne de 22 ans et grièvement blessé Leïla, la passagère, il y a bientôt deux ans sur le D 58 à Lattes, "avec six circonstances aggravantes", soit renvoyée devant une cour criminelle. "Un cas d’école", selon Me Lætitia Leroy-Szwed.

Des circonstances aggravantes

En attendant la réponse du tribunal correctionnel le 23 novembre prochain, le dossier a bien été jugé. Pourquoi Anne-Laure, cette serveuse âgée de 26 ans, titulaire d’une licence de com, a pris le volant après son service dans un restaurant des environs, alors qu’elle était complètement ivre (1,93 g d’alcool dans le sang), qu’elle s’était fait un rail de cocaïne le matin et un autre avant de rouler, en plus du cannabis qu’elle avait fumé ?

Pourquoi au moment de l’accident, filmait-elle son compteur de vitesse qui affichait 107 km/h (sur une route à 70 km/h) avec son téléphone portable, en pleine manœuvre de dépassement dangereux et au mépris des appels de phares et klaxon des autres usagers ?

Alcool, drogue et vidéos

Autant de questions auxquelles la jeune femme qui comparaissait libre après un an de détention provisoire a eu bien du mal à expliquer. "J’ai déconné", lâche en sanglots la prévenue, "je n’ai pas réalisé l’état dans lequel j’étais, je n’ai pas pensé aux conséquences". Pourtant, elle a déjà été sanctionnée à trois reprises au volant, notamment pour excès de vitesse, avec suspension de permis.

Elle explique être tombée dans l’alcoolisme "pour être à la hauteur au travail", "pour s’intégrer". "Mais là, vous vous mettiez en scène, vous vous filmiez, vous étiez fière de laisser une trace pour la postérité ?", demande le président Jean-Philippe Lejeune. "C’était de l’inconscience pure et simple", martèle la prévenue.

Avant de réaffirmer comme en garde à vue que la vidéo s’adressait à son petit ami : "C’était le seul moyen de lui dire que j’arrivais". Le président lui fait alors remarquer qu’il s’agit de la 4e vidéo du genre, toujours de nuit postée par elle sur Snapchat. "Je n’étais pas moi-même", répond-elle quand le président lui rappelle ses propos troublants sur les lieux alors que Laurena agonise dans le fossé.

Elle refuse de donner son identité, de se faire dépister. "J’ai l’habitude, je suis à 1,30 g", assure-t-elle aux policiers municipaux. "Ne vous inquiétez pas je vais leur filer 70 000 € à chacun contre leur silence et ce sera régler". Avant de pester contre son sort : "Ça fait chier, c’est la troisième voiture que je plie, mes parents vont me tuer !". Ce que le juge d’instruction a qualifié de "mépris pour la vie des autres", qu’elle aurait exprimé tout au long de la procédure.

Réponse le 23 novembre

Le père de Laurena a pris la parole. "Ce que j’ai entendu, j’aurais préféré ne pas l’entendre, il n’y a rien de droit, pas d’honnêteté […] Moi je fais 1,80 m à 2 g je ne tiens pas le volant !""Je ne veux plus toucher un volant de ma vie, j’assume jusqu’au bout mes responsabilités. Je suis en prison dans ma tête par cette douleur que j’ai causée, je comprends votre colère, je demande pardon", a tenté de répondre la mise en cause.

"Tout y était pour que cela se termine de façon dramatique", analyse le procureur Sabater-Bono qui veut se garder de "faire un exemple", requérant 8 ans de prison ferme.

"C’est une fille perdue", tente de nuancer Me William Pineau en défense, noyée dans les psychotropes, qui agit en "inconséquence criminelle" mais involontairement. Selon elle, cette jeune femme "fragile", "immature", était aussi ce soir-là sous l’influence d’un petit ami qui l’aurait aussi prostituée. Retournera-t-elle en prison pour huit ans ? Réponse le 23 novembre.

"La loi est mal faite"

La partie civile : "Ce jour-là, elle ne pouvait ignorer qu’elle allait entraîner la mort, soit la sienne, soit celle des autres. Ce jour-là, elle a tellement cherché la mort que c’est arrivé".

C’est en ces termes que l’avocate de la partie civile, Me Laetitia Leroy-Szwed a plaidé l’incompétence du tribunal correctionnel dans cette affaire et réclamé qu’elle soit jugée par une cour criminelle, sous la qualification d’homicide volontaire.

La juriste en veut pour preuve les cinq circonstances aggravantes retenues (conduite sous alcool, stupéfiants, excès de vitesse, téléphone au volant et dépassement dangereux). "Ici nous ne sommes pas à l’échelle. Le législateur n’a jamais envisagé un cas pareil, la loi est mal faite".

Et de considérer que les avocats sont les premiers acteurs de la loi comme les magistrats. "Je demande une première, ça demande beaucoup de courage", a-t-elle argué, invoquant l’apport des avocats pour l’abolition de la peine de mort, la dépénalisation de l’homosexualité ou le droit de vote des femmes.

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