Apparu au XIVe siècle, dérivé du latin agilis, le terme agile désigne « une grande facilité à se mouvoir, à agir ». Le terme « ne se dit guère que du corps », précisait le Dictionnaire de l’Académie française dans sa première édition de 1694. Quelques siècles plus tard, le mot a largement dépassé cette limite au point d’être devenu très courant jusque dans le vocabulaire économique.

La notion d’agilité s’est progressivement répandue dans les entreprises à partir des années 1990. Elle est d’abord réservée au monde de l’informatique et au secteur des nouvelles technologies qui cherchaient à inventer un mode de fonctionnement nouveau. La rapidité d’évolution des technologies imposait en effet de ne pas copier les processus de décision habituels, jugés trop formatés et beaucoup trop lents.

À partir du début des années 2000 apparaissent alors différentes tentatives visant à définir la façon d’atteindre l’agilité. Cela donnera lieu par exemple, en 2001, à la création du Manifeste agile, mis au point lors d’une réunion regroupant de nombreux spécialistes du développement des logiciels aux États-Unis, dont le premier principe proclame : « Notre principale priorité est de satisfaire le client en livrant rapidement et régulièrement des solutions qui apportent de la valeur. »

Depuis lors, la quête de l’agilité a nourri d’innombrables ouvrages de management et s’est imposée dans tous les secteurs et toutes les tailles d’entreprises. Même les plus grands groupes affichent leur ambition d’opérer un virage vers moins de procédures hiérarchisées et plus d’agilité. Une unanimité guère surprenante tant on imagine mal une entreprise revendiquer une absence d’agilité. Le dictionnaire Larousse rappelle en effet que les contraires d’agile sont « empêtré », « engourdi », « gauche », « lent », « mou » ou « pataud »…