Dans Blade Runner, sorti en 1982, Ridley Scott imaginait de drôles de voitures volantes capables de circuler sur la route et de décoller à la verticale, dans le Los Angeles de 2019. Un vrai visionnaire… Car de la science-fiction à la réalité, il n'y avait qu'un pas qu’a réussi à franchir Lazareth. Basé à Annecy (Haute-Savoie), ce constructeur auto-moto spécialisé dans les prototypes de véhicules innovants a conçu justement en 2019 un modèle que n’aurait pas renié le réalisateur américain :  la LMV 496.

Celle-ci n’est ni plus ni moins que la première « vraie » moto volante de l’histoire. Pourquoi « vraie » ? « Nous sommes les seuls au monde à créer une machine qui peut rouler et s’envoler », explique le fondateur de l’entreprise Ludovic Lazareth, ingénieur en génie mécanique, très fier de cette « rupture technologique ». Ce dernier tient ainsi à se démarquer d’autres engins de sociétés concurrentes sortis récemment et présentés – abusivement selon lui – comme des motos volantes. « Ce sont uniquement des drones », tranche-t-il.

Appuyer sur un bouton pour passer en mode vol

Rien à voir avec la Lazareth LMV 496, qui est un véritable véhicule deux en un. « C’est une moto électrique à quatre roues pendulaires homologuée pour rouler sur la route, qui se métamorphose en drone en bougeant les roues et en écartant les bras », précise la tête pensante du projet. La LMV 496 peut donc circuler sur la route comme n’importe quelle moto grâce à son moteur électrique ayant une centaine de kilomètres d’autonomie. Pour décoller, il suffit ensuite de « s’arrêter sur un terrain plat et d’appuyer sur un bouton pour qu’elle passe en mode vol et se transforme en drone », indique Ludovic Lazareth.

Lors du passage en mode vol, les quatre roues pendulaires s'inclinent vers l'extérieur et se placent à l'horizontale.
Lors du passage en mode vol, les quatre roues pendulaires s'inclinent vers l'extérieur et se placent à l'horizontale. - Cédric Collao / www.lazareth.fr

Les quatre roues, dotées de turbines pouvant générer une puissance de 1.300 chevaux, vont alors se rabattre vers l’extérieur et passer à l’horizontale tandis qu’un moteur thermique alimente les turbines afin de décoller et voler. « La moto est très légère (140 kg) et embarque environ 50 litres de kérosène, ce qui lui confère une autonomie d’une dizaine de minutes », explique l’ingénieur. Un temps de vol certes limité mais qui pourrait augmenter à l’avenir.

Homologuée pour la route mais pas encore dans les airs

La Lazareth LMV 496 a en effet subi des améliorations constantes depuis la première mouture dévoilée au début de l’année 2019. Et les tests se sont multipliés au cours d’une année de travail acharnée, avec « un groupe de cinq personnes qui a travaillé dessus à plein temps ». Première victoire : l’homologation pour la conduite sur route.

Malheureusement, regrette Ludovic Lazareth, « la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) ne nous a pas encore donné le droit de l’utiliser en tant que machine volante. On ne peut faire les essais qu’en captif, dans une sphère fermée. » En attendant d’obtenir la précieuse homologation aérienne, le constructeur va poursuivre ses essais de stabilisation de l’engin.

Cinq exemplaires disponibles au prix de 496.000 euros

Pour l’heure, cinq exemplaires de la LMV 496 ont été construits et sont disponibles en précommande, ouverte en octobre dernier. Pour acquérir le bolide, il faut disposer du permis moto (A) et d’une licence de pilote d’ULM. Mais la première condition est d’avoir un compte en banque bien garni, chaque modèle étant vendu au prix de 496.000 euros ! Pas vraiment pour toutes les bourses donc…

Pourtant, cela n’a pas empêché un Américain de commander sa première moto volante. Et pour Ludovic Lazareth, l’essentiel est ailleurs. Celui-ci met en avant sa « grande fierté » d’être un précurseur. « On se place dans les cinq ou six sociétés dans le monde à proposer des machines volantes, se félicite-t-il. L’intérêt pour nous, c’est d’inventer une machine auto-stabilisée avec laquelle tout le monde pourra voler à terme. »