France
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

Après le sixième 49.3 du gouvernement, la sixième motion de censure des insoumis rejetée

«Je ne me résous pas à la litanie des 49.3 suivis des motions de censure», s’était désolée Elisabeth Borne, vendredi, avant de dégainer malgré tout un sixième 49.3, sur le quatrième et dernier volet du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), avant même qu’un seul amendement ne soit discuté. Un passage sans vote - d’aucuns diront en force - déclenchant dans le même coup une sixième motion de censure signée par la France insoumise depuis octobre (dont deux avec le reste de la Nupes), et la huitième en comptant les deux motions du RN.

Sans surprise, le gouvernement n’a pas tremblé ce lundi, et son budget pour la Sécu ne souffrira plus d’obstacles. Dans un Hémicycle clairsemé, seuls 93 députés ont voté en faveur de la motion de censure, bien loin des 289 voix requises. Les élus du Rassemblement national ont préféré s’abstenir, renvoyant la responsabilité à leurs «camarades LR, absents ou craintifs, sans qui tout cela ne sert à rien». Fidèles à leur ligne «constructive» et voulant éviter «le chaos» les élus d’extrême droite (traduire : éviter une dissolution qui pourrait leur être fatale) ont en effet choisi de s’abstenir.

«Et de six, comme une mauvaise farce»

A la tribune, élus verts, roses et rouges se sont relayés pour dénoncer un PLFSS dénué, à leurs yeux, de fonds suffisants pour affronter la crise à l’hôpital public ou la désertification médicale. Sans se retenir, non plus, d’égrainer leur aigreur tenace après l’obstruction parlementaire subie lors de la niche LFI, jeudi, dont seule la constitutionnalisation de l’IVG a réchappé, car validée par la majorité. Un pont tiré entre obstruction et usage répété du 49.3, comme «une mauvaise farce», souffle l’élu de Guyane rattaché à la Nupes, Jean-Christophe Castor. Sans grand espoir de réussite, la députée LFI de Loire-Atlantique, Ségolène Amiot, a appelé les bancs de l’opposition (quand ceux de la Nupes étaient eux aussi bien vides) à refuser de rejoindre l’ «armée des clones de la Macronie» et à refuser «la provocation» d’un usage répété du 49.3.

C’est peu dire que les appels de la Première ministre à un «débat» dans «le respect et la sérénité», vendredi, avaient éveillé le scepticisme. «Vous allez utiliser de nouveau le 49.3 dans une demi-heure, alors arrêtez !», avait répliqué la cheffe de file des Insoumis à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, avant que sa prémonition ne se confirme, sans surprise. C’est de façon tout aussi attendue que les députés de la droite ont refusé, pour la huitième fois ce lundi, de prendre part au vote. L’élue LR du Jura Marie-Christine Dalloz ne s’est néanmoins pas privée d’une acerbe référence historique : «Michel Rocard a été le champion du 49.3 [avec 28 usages entre 1988 et 1991, lorsqu’il était Premier ministre, ndlr], mais contrairement à vous, il avait attendu huit mois avant de déclencher son sixième 49.3. Au rythme où vous allez, vous allez le détrôner très rapidement». Applaudie sur les rangs de la Nupes, la députée LR s’est bien gardée «d’aller jusqu’à voter la motion de la France insoumise». De quoi inspirer un regret amusé à Alexis Corbière : «Hormis la dernière minute, c’était impeccable !»