France

Arts : les jeux d’énigmes de Giorgio De Chirico

Le Musée de l’Orangerie à Paris réunit les plus célèbres toiles, ainsi que d’autres moins connues venues de collections privées, de l’artiste italien, inventeur de la peinture métaphysique.

Par Philippe Dagen

Temps de Lecture 6 min.

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Guillaume Apollinaire en 2016, Dada en 2017, Franz Marc et August Macke en 2019, Giorgio De Chirico en 2020 : le Musée de l’Orangerie à Paris est en train de devenir celui des avant-gardes des premières décennies du XXsiècle. Cette évolution est logique. L’Orangerie, forte des collections du marchand Paul Guillaume (1891-1934), conserve un ensemble considérable d’œuvres de cette période. Elle est opportune, car l’Orangerie peut recevoir dans ses salles, qui sont petites, des expositions courtes qui ne trouveraient par leur place au Centre Pompidou, où le début du XXe siècle est du reste peu étudié. Elle est réjouissante car ces expositions étaient réussies et fortes de prêts remarquables.

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« Giorgio De Chirico. La peinture métaphysique » fait mieux que s’inscrire dans cette continuité. Il faudrait être une statue ou l’un de ces mannequins aveugles dont De Chirico (1888-1978) fait ses héros pour ne pas être surpris en entrant dans les salles. Un coup d’œil suffit à vérifier qu’il ne manque à peu près aucun des paysages, natures mortes et portraits majeurs d’entre 1912 et 1918 qui font de leur auteur l’un des grands inventeurs de l’art de son siècle. La Nostalgie de l’infini (1913), qui appartient au MoMA de New York comme Le Vaticinateur (1914-1915), La Tour rouge (1913), venu du Guggenheim Museum, La Récompense du devin (1913) de Philadelphie, La Conquête du philosophe (1913-1914) de Chicago, La Mélancolie du départ (1916) de Londres, et Le Cerveau de l’enfant (1914) qui fut l’œuvre la plus aimée de sa collection par André Breton avant qu’il ne doive la vendre au Moderna Museet de Stockholm : tous sont ici.

Voir aussi Les peintures silencieuses de Giorgio de Chirico exposées à l’Orangerie à Paris

Dans les circonstances présentes, alors que les prêts et voyages d’œuvres deviennent de plus en plus incertains en raison de la pandémie, cette réunion tient du prodige – un mot du vocabulaire de De Chirico. Certaines étaient arrivées avant le début du confinement, l’inauguration étant initialement prévue le 31 mars. Elles sont restées aux murs. Elles y sont en compagnie de toiles de collections privées, moins célèbres pour certaines et d’autant plus intéressantes, Le Rêve de Tobie (1917) ou Intérieur métaphysique (avec arbres et cascade) de 1918. S’ajoutent des dessins et esquisses peu montrés de De Chirico et, à fin de comparaisons, une demi-douzaine de toiles de Carlo Carrà (1881-1966), autant de Giorgio Morandi (1890-1964) et quatre d’Arnold Böcklin (1827-1901) pour rappeler combien cet extravagant symboliste a contribué à jeter De Chirico du côté d’un art aux interprétations multiples et incertaines.

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