France

Athlétisme - Mayer sur le dopage : «C’est très bien qu’il y ait une hécatombe en ce moment»

«Ça me rend fou». Actuellement en stage à Saint-Malo avec le reste de l’équipe de France d’athlétisme, Kevin Mayer n’a pas pu échapper aux questions portant sur le dopage. Un sujet d’actualité… Après Clémence Calvin et Morhad Amdouni, au tour d’Ophélie Claude-Boxberger d’être concernée. La spécialiste du 3.000 m steeple a en effet été contrôlée positive à l’EPO. La nouvelle est tombée ce mardi. «C’est bien que ça sorte, juge le recordman du monde du décathlon. Je ne sais pas qui est dopé en équipe de France. Si ça se trouve, j’ai un pote qui l’est et je ne suis pas au courant. Le seul ami qui l’a été, c’est Quentin Bigot. Et depuis, je ne veux plus avoir de relations personnelles avec lui. Maintenant, je ne peux pas me méfier de tout le monde. Je vis l’instant présent, je m’entends bien avec les gens. S’ils veulent se doper, tant pis, ils se feront choper. C’est très bien qu’il y ait une hécatombe en ce moment. Ça montre qu’enfin les choses bougent et vont vers un sport plus propre.» En attendant, l’image de l’athlé en prend un sacré coup…  

«Après, j’ai surtout peur pour le demi-fond. Parce que ça ne sort nulle part ailleurs, poursuit Mayer. Mais j’ai peur pour le demi-fond et l’athlétisme en général parce que quand les choses se passent bien et qu’il n’y a pas d’énorme résultat, ça ne sert à rien de faire un article dessus. Quand il y a un contrôle positif, ça sert de faire un article… Donc qu’est-ce qui va ressortir quand il y a une bonne ambiance, mais pas forcément de bons résultats ? Les scandales sur le dopage. Donc ça donne une mauvaise image de l’athlétisme… L’athlétisme français ? Non, l’athlétisme tout court. Il faut parfois arrêter avec le nationalisme et penser global. Je pense que chaque sport à son image, sa prestance et ça pourrit l’image de l’athlétisme en général.»

D’autres athlètes tricolores ont emboité le pas de Kevin Mayer, à l’image de Rénelle Lamote («J'ai l'impression d'avoir été trahie, qu'il y a une mafia de l'athlétisme, je tombe de haut») ou Mélina Robert-Michon («Beaucoup de déception et de colère»). Mayer, lui, n’est pas prêt de passer l’éponge… En fait, l’intéressé ne comprend pas, n’admet pas, ne digère pas. «Le dopage me rend fou ! Ça me rend d’autant plus que personne ne m’a jamais proposé de me doper, glisse-t-il. Donc tous les gens qui disent que les athlètes sont (pris dans un engrenage), je n’y crois pas beaucoup, pas plus que les entraîneurs qui disent qu’ils ne sont pas au courant que l’athlète se dope. Je suis dans le brouillard au sujet du dopage en fait parce que je n’ai jamais été confronté à ça.» Malheureusement pour l’athlétisme et le sport français en général, tout le monde n’est pas aussi étranger au dopage que le natif d’Argenteuil, argenté en 2016 aux Jeux de Rio…