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Au Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie met son veto à la résolution condamnant ses annexions

Dix pays ont voté pour le texte, la Chine, l’Inde, le Brésil et le Gabon se sont abstenus. Moscou a formellement annexé vendredi les régions ukrainiennes de Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson.

Sans surprise, la Russie a utilisé son veto, vendredi 30 septembre, pour empêcher l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant son annexion de quatre régions ukrainiennes. Le texte va maintenant être soumis à l’Assemblée générale où tous les Etats membres ont une voix.

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En dehors du veto russe, la résolution a recueilli dix voix en sa faveur et quatre pays se sont abstenus – la Chine, l’Inde, le Brésil et le Gabon –, un résultat que les Occidentaux ont décrit comme une preuve de l’isolement de la Russie.

Le projet de texte vu par l’Agence France-Presse avait été rédigé avant la signature, vendredi, par le président russe, Vladimir Poutine, des documents d’annexion des régions de Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson. Ce projet de résolution condamnait les « soi-disant référendums illégaux » qui ne peuvent avoir « aucune validité » ni « servir de base à une altération du statut de ces régions ».

« Pseudo-annexion »

Préparé par les Etats-Unis et l’Albanie, il appelait tous les Etats et autres organisations « à ne pas reconnaître une pseudo-annexion » des quatre régions et exigeait également le retrait des troupes russes « immédiatement, complètement et sans conditions ».

« Vous nous forcez intentionnellement à utiliser notre veto pour pouvoir vous lancer dans des envolées lyriques sur le fait que nous abusons de notre droit », a accusé l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, dénonçant une « action ouvertement hostile de l’Occident ».

Si le veto russe ne faisait aucun doute, les yeux étaient tournés vers la Chine, officiellement neutre mais parfois accusée par les Occidentaux d’être trop conciliante avec la Russie. Comme en février au lendemain de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la Chine s’est abstenue vendredi. « Toute action du Conseil de sécurité doit favoriser l’amélioration de la situation et la résolution de la crise, plutôt que d’intensifier les conflits et exacerber la confrontation », a commenté l’ambassadeur chinois Zhang Jun, répétant que Pékin soutenait la souveraineté et l’intégrité territoriale « de tous les pays ».

« La Russie est plus seule que jamais », a estimé l’ambassadeur français Nicolas de Rivière. Seule, certes, mais « pas aussi seule que l’Occident le voudrait », a nuancé Richard Gowan, analyste au sein de l’ONG International Crisis Group. Si le plus important était que la Chine s’abstienne, « le nombre important d’abstentions laisse entendre que la lassitude observée concernant l’Ukraine est toujours à un niveau élevé », a-t-il ajouté.

Effritement

Les Occidentaux vont désormais se tourner vers l’Assemblée générale, qui devrait se prononcer dans les prochains jours. « Nous allons à l’Assemblée générale, où chaque pays a un vote. Les nations du monde diront clairement qu’il est illégal et tout simplement inacceptable d’essayer de redessiner les frontières d’un autre pays par la force », a lancé l’ambassadrice américaine, Linda Thomas-Greenfield.

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Ce futur vote à l’Assemblée générale, où aucun des 193 Etats membres n’a de veto, permettra d’évaluer plus précisément le degré d’isolement de la Russie, alors que certains pays en développement s’agacent que l’Occident concentre toute son attention sur l’Ukraine.

Au printemps, l’Assemblée générale avait voté trois résolutions concernant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la troisième fin avril s’était traduite par un effritement de l’unité internationale face à Moscou.

Le 2 mars, lors d’un premier vote historique, 141 pays avaient condamné l’invasion russe, cinq pays avaient voté contre (Russie, Biélorussie, Syrie, Corée du Nord et Erythrée) et 35 s’étaient abstenus.

Le 24 mars, l’Assemblée avait réclamé un accès humanitaire sans entrave et la protection des civils en Ukraine : un vote qui avait rassemblé 140 voix pour, cinq contre (les mêmes) et 38 abstentions.

Mais le 7 avril, seuls 93 pays avaient soutenu la suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, 24 s’y étaient opposés et 58 avaient choisi l’abstention.

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Le mystère Nord Stream demeure

Après la session sur les « référendums » d’annexion, le Conseil a discuté, à la demande de la Russie, des quatre fuites touchant les gazoducs Nord Stream en mer Baltique. Alors que l’origine et l’auteur des explosions restent mystérieuses, la Russie, vers laquelle tous les regards se sont tournés, a de nouveau suggéré l’implication des Etats-Unis qui ont, eux, nié toute responsabilité.

Quant à l’ONU, elle « n’est pas en mesure de vérifier ou de confirmer aucun des détails rapportés », a déclaré Navid Hanif, sous-secrétaire général chargé du développement économique, soulignant les risques que les fuites font peser sur les marchés de l’énergie et sur l’environnement.

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Le Monde avec AFP