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Autisme : les acteurs charentais en colère

Plusieurs associations charentaises ont porté un recours devant le tribunal administratif de Poitiers. L’espoir, pour les associations, est celui d’un nouvel appel d’offres. Quatre d’entre elles (Adapei 16, la Fédération charentaise des œuvres Laïques/Fcol, Agir et vivre l’autisme/Ava et l’EIRC) s’étaient organisées pour se répartir territorialement les places. Pour Frédéric Moreau, président de l’EIRC, c’est l’incompréhension qui domine : « Nous avons travaillé ensemble pour construire une solution. L’ARS elle-même nous invite à coopérer. Pourtant, ça n’aboutit pas. » Ce dernier considère qu’il y a « des vices de forme sur l’appel à projet ».

Des acteurs locaux mettent en place des projets, mais pour quoi faire ?

Plusieurs inquiétudes naissent de la prise de décision de l’ARS. D’abord celle de se sentir « dépossédé » : « Ces nouvelles places sont attribuées à une structure qui prend des parts de marché et qui ne connaît pas le territoire. Les acteurs locaux sont mis de côté », grimace Frédéric Moreau. « Nous sommes inquiets car on nous demande d’être mobilisés mais sans avoir les clefs. Des acteurs locaux mettent en place des projets, mais pour quoi faire ? », gronde Frédéric Moreau.

L’implication des parents en question

D’autres points agacent les associations charentaises. « Nous sommes des associations de parents d’enfants autistes », rappelle Chantal Étienne, elle-même maman d’une jeune fille autiste. « Dans nos structures, des parents d’enfants autistes font partie de la direction. Certains siègent aussi à la commission autisme de l’ARS, avec un rôle d’experts que n’ont pas des organisations qui n’intègrent pas les parents dans leurs décisions. »

Christophe Chartier, administrateur d’Ava, qui dispose d’un IME (institut médico-éducatif) à Ma Campagne, à Angoulême, et père d’un jeune autiste, s’insurge : « Il y a peu de parents dans la structure de l’Epnak. On se sent trahis par rapport à ce qu’on a proposé. C’est du temps perdu depuis trois ans. » Frédéric Moreau souligne « un décalage avec la réalité. On va suivre la même logique qu’avec les Ehpad en ouvrant la porte aux grosses boîtes ».

Car c’est bien ce qui, en creux, inquiète le plus les parents. « L’Epnak prône l’audace. Mais de l’audace, pour nos enfants, on s’en moque ! Ce qu’on veut, c’est de la sécurité. » « On met le bien-être en priorité. On a vraiment peur des maltraitances », abonde Chantal Marcus, coprésidente de l’EIRC et maman d’une jeune fille autiste.

Tous attendent désormais la suite. « Nous voulons aussi des éclaircissements sur les budgets qui évoluent peu », pointe Guillaume Préveraud, directeur de l’Adapei Charente. « On aimerait sortir de la crise. » Les finances posent question quant à l’avenir de l’Oasis, à Saint-Yrieix, service géré par la Fcol qui accueille de jeunes autistes en dehors du temps scolaire. Un appel d’offres a été lancé pour la gestion de ce poste. Reste à savoir si une association charentaise remportera ce dernier.

Pour l’ARS, une proposition « qui ne répondait pas aux critères »

Concernant sa décision, l’agence régionale de santé (ARS) indique que la commission autisme a voté à l’unanimité pour le projet de l’Epnak.
Selon l’institution, le projet porté par les associations charentaises « ne répondait pas pleinement aux critères de sélection définis dans le cahier des charges (non-respect de la limite budgétaire, absence de documents obligatoires, manque de cohérence et d’harmonisation des projets) «.
Elle rappelle que l’Epnak est « gestionnaire d’ESRP (établissement et service de réadaptation professionnelle) et d’ESPO (établissements et services de pré-orientation) à Bordeaux et à Limoges, avec des antennes à Poitiers, Rochefort et Angoulême » et que le centre hospitalier Camille-Claudel, qui va accueillir la majorité de ces nouvelles places, siège lui aussi à la commission autisme.