France

Beyrouth, tensions en Méditerranée, visite de Merkel... L'été international de Macron

Le président français Emmanuel Macron (g) et la chancelière allemande Angela Merkel au sommet de l'UE à Bruxelles, le 20 juillet 2020

Le président français Emmanuel Macron (g) et la chancelière allemande Angela Merkel au sommet de l'UE à Bruxelles, le 20 juillet 2020 - JOHN THYS © 2019 AFP

Le 20 août prochain, Emmanuel Macron accueillera Angela Merkel au Fort de Brégançon. Une visite qui clôturera un été fort en événements géopolitiques.

Chaque été, Emmanuel Macron termine ses vacances au Fort de Brégançon, dans le Var, en invitant une figure politique internationale. Après Theresa May en 2018 et Vladimir Poutine en 2019, ce sera au tour d'Angela Markel cette année. La chancelière allemande sera reçue par le couple Macron le 20 août prochain, a appris BFMTV.

Cette rencontre, qui devrait sans nul doute permettre d'aborder le plan de relance européen, sera aussi l'occasion de revenir sur un été fort en événements géopolitiques. Depuis le début du mois d'août, Emmanuel Macron est en effet intervenu dans un grand nombre de dossiers internationaux: explosion à Beyrouth, élections en Biélorussie ou encore l'escalade des tensions entre la Grèce et la Turquie.

•"Je t'aime, Liban"

Le 4 août, une double explosion survient à Beyrouth, au Liban, dont le bilan s'élève désormais à 171 morts, 6500 blessés et laissant la ville éventrée. Aussitôt, Emmanuel Macron réagit d'un tweet - "la France se tient aux côtés du Liban. Toujours." - et se place en première ligne pour organiser l'aide internationale.

Deux jours après le drame, le président est ainsi le premier chef d'Etat à se rendre dans la capitale libanaise. Sur place, il témoigne son "amitié" et n'hésite pas à prendre position sur la crise politique et économique qui secoue le pays, appelant les dirigeants à prendre leurs "responsabilités", et à refondre "un ordre politique nouveau". Des paroles qui lui auront valu des critiques en provenance d'une partie de la classe politique française, qui lui reproche un ton "paternaliste".

"Le soutien de la France au peuple libanais dans cette tragédie ne se discute pas. En revanche, le one man show arrogant et moralisateur auquel s’est livré Emmanuel Macron, aujourd’hui à Beyrouth, est indécent", a par exemple tweeté le vice-président du parti de Marine Le Pen, Jordan Bardella.

Outre cette visite, Emmanuel Macron s'est mis à pied d'oeuvre pour mettre en place l'aide internationale, organisant conjointement avec l'ONU une visioconférence réunissant plusieurs chefs d'Etat et représentants d'organisations internationales. Le chef de l'Etat a par ailleurs envoyé une aide humanitaire colossale, mobilisant notamment le navire Tonnerre. Ce dernier, transporant plusieurs tonnes d'aides pour le Liban est arrivé ce vendredi matin à Beyrouth. Il avait quitté Toulon, dans le Var, dimanche avec à son bord quelque 700 militaires et plusieurs tonnes de fret pour aider aux opérations de déblaiement.

Si Emmanuel Macron a tant tenu à réagir face à la situation au Liban, c'est parce que les deux pays partagent une longue histoire commune. Dans les esprits, le souvenir du mandat français, qui confiait le Liban à la France jusqu'en 1943, est vivace. Aujourd'hui, certains Libanais utilisent encore la locution "tendre mère" pour parler de la France tandis qu'il existe une importante diaspora entre les deux pays.

Emmanuel Macron n'a pas été le seul président à se rendre au chevet du Liban après des événements meurtriers. En 1983, François Mitterand s'y était rendu après un attentat-suicide contre le Drakkar, le quartier général du contingent français de la Force multinationale. En 2005, Jacques Chirac avait à son tour fait le déplacement pour présenter en personne ses condoléances à la famille de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri, assassiné deux jours plus tôt. Enfin, Nicolas Sarkozy y était allé en 2008 pour appeler les libanais à la réconciliation alors que le pays était en proie à d'importantes violences.

• Une présence militaire renforcée en Méditerranée

Emmanuel Macron a par ailleurs pris parti dans le regain de tension entre la Grèce et la Turquie, en Méditerranée orientale. Depuis début août, les relations entre les deux pays se sont détériorées, Athènes accusant Ankara d'effectuer des recherches énergétiques illégales dans la partie orientale de la Méditerranée, une zone riche en hydrocarbures. Paris a haussé clairement le ton, et affirmé son soutien entier à la Grèce.

Ce jeudi, la France a ainsi décidé de renforcer "temporairement" sa présence militaire dans cette zone. Dans un communiqué, l'Elysée justifiait cette décision par “les décisions unilatérales de la Turquie en matière d’exploration pétrolière” dans la région. 

Les tensions actuelles sont en grande partie dues à un différend entre Athènes et Ankara concernant les délimitations de leurs frontières maritimes. Athènes accuse Ankara de violer son territoire en effectuant des recherches énergétiques au sud de l'île grecque de Kastellorizo (Meis, en turc), mais la Turquie refuse d'admettre que ce petit territoire situé près de ses côtes limite son champ d'action.

Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron n'a de cesse de dénoncer les ambitions régionales de la Turquie, l'accusant de "violer" la souveraineté de la Grèce et d'avoir "une responsabilité criminelle" dans le conflit libyen. Déjà en juin, c'est le dossier libyen qui crispait les échanges entre les deux parties.

• Des Français tués au Niger

Emmanuel Macron a aussi réagi à la mort de six Français, salariés de l'ONG Acted, tués lors d'une attaque dans la zone de Kouré, dans le sud-ouest Niger. Alors que l'attaque a eu lieu dans la seule zone classée "jaune", c'est-à-dire, où les déplacements demeurent possibles bien que déconseillés sauf raison impérative, dans ce pays en proie à des violences de groupes jihadistes, le Président a promis un renforcement de la sécurité des Français au Sahel.

"J'ai décidé de renforcer les mesures de sécurité pour nos ressortissants dans la région", a réagi Emmanuel Macron à la fin d'un conseil de défense qu'il a présidé en visioconférence depuis le fort de Brégançon. Il n'a pas donné de détails sur les mesures qui devraient être mises en place, notamment par le ministère des Affaires étrangères.

Le conseil de défense a examiné "les conséquences militaires" et "l'ensemble des dispositifs (français) dans la région", a indiqué Emmanuel Macron. "Nous poursuivons l'action pour éradiquer les groupes terroristes avec l'appui renforcé de nos partenaires", a-t-il poursuivi.

Quelque 5.100 militaires français sont déployés au Sahel dans le cadre de la force Barkhane pour lutter contre les groupes jihadistes armés, en soutien aux armées des cinq pays de la région, dont le Niger.

• Une marée noire à l'Ile-Maurice

Parmi les autres dossiers, la marée noire qui touche l'Ile-Maurice depuis l'échouage d'un vraquier le 25 juillet.

La France a annoncé envoyer ce samedi des équipes et du matériel depuis La Réunion vers Maurice, en réponse à une demande d'aide du Premier ministre mauricien. Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, qui se déplace à partir de lundi à La Réunion pour quatre jours, se rendra par ailleurs dimanche sur l'Ile pour superviser la mise en place de cette aide.

Il "s'entretiendra à cette occasion avec le Premier ministre mauricien" et "fera également un point sur le dispositif antipollution mis en place et l'état d'avancement des opérations de pompage avec les équipes françaises mobilisées depuis La Réunion", a précisé le ministère.

• Un appel au dialogue en Biélorussie

Alors que des violences ont éclaté en Biélorussie après la réélection d'Alexandre Loukachenko, à l'issue d'élections controversées, Emmanuel Macron a exprimé, au cours d'une vidéoconférence avec Vladimir Poutine sa "très grande préoccupation", et a souligné la nécessité de retrouver "la voie du dialogue".

Cette réaction est la première d'Emmanuel Macron depuis la victoire d'Alexandre Loukachenko pour un sixième mandat.

Cinq jours après, les manifestations se poursuivent dans les rues de la capitale, Minsk, et dans les principales villes du pays. Ce mercredi, les autorités locales ont rapporté la mort d'un manifestant interpellé lors de l'un de ces rassemblements, la deuxième disparition recensée depuis le début de ce mouvement de contestation violemment réprimé.

Cyrielle Cabot Journaliste BFMTV

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