Accusé d’avoir violemment réprimé des manifestations d’opposition, la Biélorussie se dit prête à un dialogue « constructif » avec l’étranger ce vendredi. Des centaines de manifestants se sont rassemblés dans plusieurs villes du pays après l’élection d’Alexandre Loukachenko, revendiquée lundi et accusée d’être frauduleuse. La principale leader d’opposition appelle à poursuivre les rassemblements « pacifiques ».

« La partie biélorusse est prête à un dialogue constructif et objectif avec ses partenaires étrangers sur toutes les questions liées au déroulement des évènements au Biélorussie lors de la campagne électorale et après son achèvement », indique un communiqué publié à l’issue d’un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie biélorusse, Vladimir Makeï, et son homologue suisse Ignazio Cassis.

Des appels à la mobilisation

Depuis dimanche soir, le Biélorussie est le théâtre de manifestations de protestation contre la réélection controversée du président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans dans cette ex-république soviétique. Les protestations contre sa victoire ont été violemment réprimées par les forces antiémeutes, faisant deux morts, des dizaines de blessés et donnant lieu à au moins 6.700 arrestations. Depuis mercredi, des chaînes humaines, souvent composées de femmes vêtues de blanc, se sont multipliées à travers le pays ainsi que les débrayages toujours plus nombreux dans les usines pour réclamer la fin de la répression et des élections libres.

La candidate d’opposition à la présidentielle au Biélorussie Svetlana Tikhanovskaïa a appelé vendredi à des manifestations « pacifiques de masse » dans tout le pays durant le week-end pour dénoncer la violente répression de la contestation post-électorale. « Je demande à tous les maires de se faire les organisateurs les 15 et 16 août de rassemblements pacifiques de masse dans chaque ville » biélorusse, a dit dans une vidéo mise en ligne l’opposante qui a rejoint la Lituanie voisine en début de semaine après avoir subi, selon son entourage, des pressions.

Berlin favorable à des sanctions

Les Etats-Unis et l’UE ont dénoncé les fraudes électorales et la répression, les Européens menaçant Minsk de sanctions. Une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l’UE se tient ce vendredi concernant la situation dans ce pays. Une rencontre rassemble ce vendredi les ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles pour se saisir de ce dossier.

Le gouvernement allemand s’est d’ores et déjà dit vendredi favorable à des sanctions contre le pays. « Du point de vue du gouvernement, il devra aussi être question des sanctions », a indiqué le porte-parole du gouvernement allemand, ajoutant que cette rencontre constitue « un pas important pour formuler une réponse commune européenne aux événements en Biélorussie ».

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a également réclamé vendredi des sanctions contre ceux qui « violent les valeurs démocratiques et les droits humains » en Biélorussie. Elle a exprimé sa « confiance » dans le fait que la réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 « démontrera un soutien fort pour les droits du peuple, les libertés fondamentales et la démocratie ».