France
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

Bruno Le Maire : «Protestants, nous avons besoin de vous, de votre esprit de résistance !»

Le ministre de l'Économie représentait le gouvernement au deuxième «dîner des Protestants» organisé, lundi soir, à Paris, à la Station F, temple de l'innovation entrepreneuriale en France.

C'est dans un cadre de haute technologie, la Station F, incubateur de start-up innovantes au cœur de Paris, que la Fédération Protestante de France a organisé, lundi 28 novembre, son deuxième «dîner» annuel. En France, les protestants représentent environ deux millions de fidèles, leur fédération nationale regroupe une trentaine d'unions d'Église, dont les Luthériens et les Réformés sont les plus connues.

Le président de la République était annoncé à cette soirée, puis Élisabeth Borne, première ministre, mais tous deux empêchés, ce furent finalement Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, et Sarah El Haïry, Secrétaire d'État chargée de la Jeunesse, qui ont représenté le gouvernement.

À lire aussiIl y a 500 ans, la naissance du protestantisme

Devant une salle comble où deux cents jeunes protestants engagés dans la société ont présenté leurs projets, le ministre Le Maire, qui n'a pas hésité à se définir comme «catholique», leur a lancé : «C'est dans ces temps où le monde bascule que nous avons besoin de vous, que nous avons besoin de l'esprit de résistance, que nous avons besoin de l'esprit protestant !»

À commencer par le champ «politique» pour que «l'économie ne sature pas la politique» car «c'est la politique qui doit dicter les choix et non l'inverse» et qu'il n'y a pas «d'économie sans justice». Au passage, le ministre a fortement appelé les jeunes à entrer directement en politique notamment pour lutter contre la montée du «découragement» et de la «lassitude». Appels également pour «l'écologie» et «l'égalité femme homme».

«Offrir à chacun une fin de vie digne»

Quant au débat sur «la fin de vie», Bruno Le Maire a affirmé que «les protestants ont des choses à dire» car il y a une «nécessité d'offrir à chacun de nos compatriotes une fin de vie digne», de façon à ce que «les unités de soins palliatifs doivent être ouvertes à tout le monde, sans difficultés, sans qu'il faille avoir des connaissances ou des relations pour y avoir accès». Quant aux décisions de fond sur la fin de vie, il a estimé qu'il faut «débattre, s'interroger, respecter les positions des uns et des autres avant de parvenir à une position définitive».

À lire aussiFin de vie : pas de déclaration commune des représentants des cultes, malgré des positions proches

Dans son discours d'introduction, le nouveau président de la Fédération protestante de France, Christian Krieger, avait abordé ce point sensible pour les religions : «Les théologiens et les religions ont vocation à contribuer au débat qui s'ouvre sur la fin de vie, non tant pour combattre une potentielle loi, mais avant tout en éclairer les enjeux humains et sociétaux.»

À lire aussiFin de vie : Emmanuel Macron n'est pas «pressé» de faire une loi

Il a ainsi assuré que la Fédération «participera de manière active au débat». Les protestants «saluent le caractère prudent de l'Avis 139 du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) et notamment l'encouragement à déployer les mesures de santé publique nécessaires au développement des soins palliatifs, ainsi qu'à une meilleure connaissance et application de la loi Claeys-Leonetti». De toute façon, les protestants accompagneront jusqu'au bout les personnes en fin de vie «quel que soit leur choix», a-t-il ajouté pour ponctuer son discours.

Trop de «contraintes administratives»

Revenant enfin sur «la loi confortant le respect des principes républicains», loi très mal vécue dans les communautés protestantes, le président de la Fédération a assuré que «les questionnements» protestants «ne sont pas une contestation du gouvernement, ni de sa légitimité à doter l'État des moyens pour garantir la sécurité et l'ordre public» mais une alerte sur le fait que cette loi «touche à l'expression de la liberté religieuse». En particulier avec «la multiplication de contraintes administratives» qui sont «une contrainte souvent surdimensionnée» pour des «associations locales tenues par des bénévoles».

D'où sa demande de «faire un bilan de l'application de la loi CRPR» pour «nourrir la concertation avec les autorités de l'État» car «c'est parce que nous sommes loyaux vis-à-vis de la République et attaché à une laïcité garante de la liberté de conscience et de la liberté religieuse, que nous portons ce questionnement.»