Une réponse plutôt inattendue - surtout en deuxième position - mais qui, si on y réfléchit bien, est plutôt cohérente. Le gouvernement incite non seulement les propriétaires à rénover leur «passoire thermique» mais de fond en comble. Or, comment isoler les murs si le logement est occupé? Une interrogation qui pourrait générer des conflits entre le propriétaire et son locataire. Un risque qui n’incite pas 8% des bailleurs interrogés à réaliser des travaux de rénovation énergétique.

Un retour sur investissement limité

La première réponse des propriétaires interrogés par l’Anil est plus attendue, quant à elle: le coût des travaux. Plus de quatre personnes sur dix (43%) interrogés hésitent à rendre leur bien moins énergivore faute de moyens. Car ces travaux sont très coûteux. Ils le sont d’autant plus onéreux si les propriétaires envisagent une rénovation globale, comme le demande l’exécutif. Le coût des travaux essentiels (isolation de la toiture et des combles, changer de chauffage, de portes et de fenêtres) est ainsi estimé entre 9000 et 12.000 euros par le ministère de la Transition écologique (page 5 de l’annexe).

Sans compter que les Français ont besoin d’être accompagnés pour savoir à qui s’adresser. «Je suis en train de conventionner avec les régions et les intercommunalités, pour qu’il y ait un réseau de guichets partout en France», a annoncé Emmanuelle Wargon, ministre du Logement la semaine dernière sur Public Sénat.

Les propriétaires, dont les deux tiers appartiennent soit à la classe moyenne soit aux classes inférieures selon l’Insee, n’ont non seulement pas les moyens de faire ces travaux mais ils estiment qu’ils n’en valent pas la peine. Selon 29% des personnes sondées par l’Anil, le retour sur investissement est limité. Ces propriétaires redoutent que l’impact sur leur facture, si tant est qu’il soit important, se matérialise une fois qu’ils ont vendu leur bien.