France

Convention nationale sur les violences sexuelles dans le sport : une journée riche, mais des questions en suspens

Si la journée a été saluée par tous les acteurs présents et par le monde sportif, la mobilisation des fédérations demeure faible et les mesures encore floues.

Par Chloé Ripert

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La ministre des sports Roxana Maracineanu et Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance étaient à la Convention, le vendredi 21 février à Paris. GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

« J’ai vécu cinq heures bouleversantes. » Marie-George Buffet, ministre des sports de 1997 à 2002, semble encore émue quand elle raconte au téléphone la matinée qu’elle vient de vivre. Vendredi 21 février, s’est tenue à Paris la convention nationale de prévention des violences sexuelles dans le sport, organisée par la ministre des sports Roxana Maracineanu, alors que ce domaine subit de plein fouet depuis un mois une vague de révélations sans précédent d’agressions sexuelles.

Témoignages de victimes – dont Sarah Abibtol, ancienne patineuse qui a accusé de viol son entraîneur Gilles Beyer dans son livre Un si long silence –, interventions d’associations, conférences d’universitaires sur la question… Le ministère avait déployé les grands moyens.

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A la fin de la journée, plusieurs mesures ont été actées : la nomination avec effet immédiat de l’inspectrice générale Fabienne Bourdais au poste de déléguée ministérielle chargée de la lutte contre les violences sexuelles dans le sport afin d’assurer « le pilotage des travaux » ; l’élargissement de trois à six personnes de la cellule d’écoute mise en place au sein même du ministère ou encore une réunion prévue le 25 mars « sur la planification de la généralisation des contrôles d’honorabilité », selon la garde des sceaux Nicole Belloubet.

Contrôle d’honorabilité : que les bénévoles, que le football

Lancé en octobre dernier à Orléans-La-Source au sein de la ligue Centre-Val de Loire de football, à l’initiative de Roxana Maracineanu pour répondre aux questions des violences sexuelles et du bizutage, le contrôle d’honorabilité, destiné à vérifier les antécédents judiciaires, appliqué aux bénévoles, a fait ses preuves. Si le président de la ligue concernée Antonio Texeira n’a pas présenté, comme prévu, le bilan de cette expérimentation lors de la convention, le dispositif sera néanmoins étendu à l’ensemble de la Fédération française de football.

« L’expérimentation en Centre-Val de Loire arrive à son terme, on va en tirer les enseignements avant une généralisation au niveau de la Fédération française de football : avec deux millions de licenciés, ça nous donnera un bon indicateur de comment ça peut se passer », a ainsi expliqué la ministre des sports.

Initialement prévu pour être généralisé « à toutes les fédérations », ce contrôle sera cantonné, dans un premier temps en tout cas, à la FFF. Et aux bénévoles, pour qui, contrairement aux éducateurs sportifs et aux exploitants d’établissements d’activités physiques ou sportives (APS), la consultation automatisée du bulletin N° 2 du casier judiciaire et du FIJAISV (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes) n’est pas imposée.

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