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Cour suprême : ultime victoire de Donald Trump ?

Au Sénat, d'habitude, on prend son temps. Parfois même beaucoup de temps. Mais cette fois, les élus républicains ont fait preuve d'une diligence inhabituelle. Un mois jour pour jour après que Donald a dévoilé le nom de sa candidate à la Cour suprême, celle-ci vient d'être validée par la chambre haute du Congrès. Amy Coney Barrett, 48 ans, reprend le fauteuil de l'icône libérale Ruth Bader Ginsburg, morte il y a 38 jours, le 18 septembre. Le processus de désignation puis de confirmation aura été l'un des plus rapides de l'histoire.

Les démocrates ont protesté contre ce processus, qu'ils jugent « illégitime » car il intervient à quelques jours de l'élection présidentielle. Ils rappellent qu'en 2016, Mitch McConnell, le chef des républicains au Sénat, avait refusé d'auditionner un juge nommé à la Cour suprême par Barack Obama, alors à huit mois de la fin de son mandat. Leur argument ? C'était bien trop près du scrutin et les électeurs devaient avoir leur mot à dire dans l'orientation de la Cour ! Autre temps, autres pratiques…

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Mitch McConnell a depuis changé son fusil d'épaule. Il a fait de la confirmation une priorité absolue, délaissant tout autre projet de loi y compris le plan de relance économique tant attendu pour aider les foyers et les entreprises affectés par la pandémie. « C'est le processus de confirmation d'un juge à la Cour suprême le plus précipité, le plus partisan et le moins légitime de l'histoire », a déclaré Chuck Schumer, le chef des démocrates au Sénat.

Les démocrates n'avaient aucun moyen de stopper la confirmation. Ils ont bien eu recours à toutes les manœuvres légales possibles pour retarder le vote. Mais les républicains détiennent la majorité et la confirmation ne nécessite qu'une majorité simple.

Pour les républicains et Donald Trump, c'est une énorme victoire. Ils ont nommé trois juges à la Cour suprême et détiennent maintenant une majorité décisive de 6 votes contre 3. Et ils comptent sur cette « nomination express » pour leur apporter des voix supplémentaires le 3 novembre.

Si la confirmation de Barrett était aussi urgente, c'est aussi que le résultat de la présidentielle risque d'être contesté et qu'il revient à la Cour suprême d'en décider l'issue comme en 2000. De plus, la Cour doit examiner le 10 novembre un recours contre la loi sur l'assurance santé créée par l'ex-président Barack Obama et qui a permis d'étendre la couverture à des millions d'Américains. Le rêve de Trump, c'est de l'abolir.

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Amy Coney Barrett peut pousser un soupir de soulagement. Son audition s'est passée non seulement de manière expéditive mais de manière plutôt calme, contrairement à celle de Brett Kavanaugh, le juge nommé avant elle. Kavanaugh était accusé d'agression sexuelle et sa comparution au Sénat a suscité une confrontation haineuse.

Barrett, une fervente catholique, mère de sept enfants (dont deux adoptés), est très populaire à droite car elle soutient des vues conservatrices et anti-avortement. Longtemps professeure à l'université de Notre-Dame, elle a été nommée il y a seulement trois ans comme juge de cour d'appel.

Les démocrates, lors des auditions la semaine dernière, ont pressé la magistrate de questions sur le droit à l'avortement notamment. Elle a laissé entendre que l'arrêt de 1973 ayant reconnu ce droit n'était pas gravé dans le marbre. « Ça ne veut pas dire qu'il doit être annulé », a-t-elle précisé.

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Les sénateurs démocrates ont surtout concentré leurs attaques sur la réforme de la Santé, sur laquelle la juge a exprimé des réserves dans le passé. Barrett a rétorqué qu'il « n'était absolument pas vrai » qu'elle voulait l'abolir. Elle a répété « ne pas avoir d'objectifs politiques » et n'avoir « fait de promesses à personne ».

La composition de la Cour suprême est capitale aux États-Unis, car, tôt ou tard, toutes les grandes questions atterrissent devant elle. La nomination de Barrett a relancé une idée très populaire dans les milieux de gauche : augmenter le nombre de sièges au sein de la plus haute instance pour contrebalancer l'influence des trois magistrats nommés par Donald Trump. Le très centriste Joe Biden n'y est guère favorable, mais, pour ne pas s'aliéner l'aile gauche, a promis de créer une commission composée d'élus des deux camps.

En attendant, est-ce que cette confirmation express va mobiliser davantage les électeurs démocrates pour aller voter ? Parce qu'il n'y a pas que la Cour suprême. Les républicains, poussés par Mitch McConnell, ont nommé plus de deux cents juges dans les cours d'appel fédérales, dont beaucoup de jeunes qui vont siéger à vie.

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