France

Covid-19 : dans les hôpitaux, l'inquiétude monte face à la deuxième vague

La deuxième vague du Covid est arrivée dans les services de réanimation, obligeant des hôpitaux à déprogrammer certaines opérations, dans l’espoir que les nouvelles restrictions annoncées suffiront à enrayer l’épidémie avant de devoir battre le rappel de soignants éprouvés et inquiets.

Ce n’est pas la lame de fond du mois de mars mais la marée monte, et vite. "Ça fait déjà 15 jours qu’on sent que tous les indicateurs sont en train de prendre des couleurs inquiétantes", a indiqué le Pr Bruno Riou, directeur médical de crise de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), jeudi lors d’une conférence téléphonique. La "croissance inexorable" de l’épidémie pèse sur les hôpitaux parisiens, où "la situation se tend dans tous les secteurs, y compris les réanimations", a-t-il reconnu.

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Les chiffres parlent d’eux-mêmes: sur 500 lits de soins intensifs, l’AP-HP recensait 50 "patients Covid" début septembre, 132 mercredi et s’attend à dépasser les 200 à la fin du mois, c’est-à-dire la semaine prochaine, a précisé son directeur général adjoint, François Crémieux.

Opérations déprogrammées

Un afflux aux conséquences draconiennes: l’institution va reporter "environ 20%" des interventions chirurgicales prévues "à compter de ce weekend", en privilégiant au cas par cas celles qui peuvent être retardées "sans risque de perte de chance" pour les patients.

"Les déprogrammations qu’on souhaitait à tout prix éviter sont désormais nécessaires", a-t-il regretté, ajoutant que "l’enjeu des quinze prochains jours sera de ne pas devoir passer à 50% d’opérations déprogrammées".

Les dirigeants du plus grand centre hospitalier français comptent pour cela sur le tour de vis dans les grandes villes, annoncé mercredi par le ministre de la Santé, Olivier Véran, en particulier la fermeture totale ou partielle des bars, où le risque de contamination serait multiplié par trois à quatre.

Une mesure conjuguée à l’interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes dans l’espace public, ainsi que des fêtes locales ou étudiantes, afin de casser la dynamique de l’épidémie dans les "zones d’alerte renforcée" ou "maximale".

"Les équipes s’inquiètent"

Les hôpitaux concernés ont déjà pris les devants: en une semaine, les "plans blancs" ont été réactivés aux CHU de Montpellier, Saint-Etienne, Lyon, Angers, mais aussi à Perpignan, Roanne et La Rochelle.

Un dispositif qui permettra, par exemple, aux Hospices civils de Lyon d’ouvrir des "unités dédiées de médecine" pour les "patients Covid", d’augmenter "progressivement" les capacités d’accueil en réanimation de 139 à 199 lits, ou encore de "différer ou déprogrammer certaines prises en charge non urgentes (…) de manière ciblée et progressive", comme à Paris.

"Un certain nombre d’établissements sont proches de la saturation", a constaté Rémi Salomon, président de la commission médicale de l’AP-HP, soulignant que l’ajournement d’une partie des interventions est un choix "extrêmement douloureux" pour les soignants.

Traumatisme de la première vague

Marqués par la première vague, les personnels des hôpitaux parisiens ne sont "pas dans le même état d’esprit" à l’heure d’affronter la deuxième, dont "on sait qu’elle va durer plus longtemps".

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Après un été qui ne leur a pas vraiment permis de souffler – la direction fait état de "beaucoup de congés non pris" – "les équipes s’inquiètent, moralement et physiquement, de devoir recommencer" comme au printemps, a-t-il averti.

Même les plus aguerris ne cachent pas leurs doutes. Le secrétaire fédéral de FO-Santé, Didier Birig, raconte ainsi que dans le Grand Est, un infirmier anesthésiste "avec trente ans d’expérience" reste traumatisé par ce qu’il a vécu au plus fort de la crise sanitaire.

"Il travaillait dans un service de 30 lits Covid, mais il a vu très peu de patients en ressortir. Quasiment tous sont décédés. Il m’a dit qu’il aurait beaucoup de mal à revivre la même chose". Il n’est sans doute pas le seul.

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