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« Déménagement » : face au divorce, la lutte éperdue d’une enfant pour sauver son royaume

Trente ans après sa réalisation, le film magistral du cinéaste japonais, sur une petite fille qui refuse la séparation de ses parents, sort en salle en France.

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L’AVIS DU « MONDE » – CHEF-D’ŒUVRE

Malgré tout ce qui nous parvient du cinéma japonais, de larges pans en demeurent encore ignorés, comme à l’endroit du réalisateur Shinji Somai, mort prématurément d’un cancer du poumon en 2001, à l’âge de 53 ans. Admirée au sein de l’Archipel, son œuvre n’a que peu dépassé les frontières, et jamais connu de distribution en France à l’exception de Typhoon Club (1985, arrivé sur les écrans en août 1989), son film le plus emblématique, sur un groupe de lycéens immobilisés entre les murs de leur établissement à cause d’une tempête.

Formé sur les bancs stakhanovistes du genre érotique, dit « roman porno », Somai est l’une des rares voix singulières à émerger dans les années 1980, qui concentrent l’essentiel de sa filmographie. Sa création commence en plein reflux de la production nippone, le système des studios achevant de s’effondrer, au moment où celle-ci trouve moins d’exposition à l’international, outre les grands anciens qui tournent encore (Akira Kurosawa) ou les aînés éparpillés de la Nouvelle Vague (Nagisa Oshima, Shohei Imamura). La décennie suivante, ce seront des cinéastes plus tonitruants, comme Takeshi Kitano, qui emportent le morceau à l’étranger. Somai eut le malheur de tomber dans l’interstice.

La sortie inespérée de Déménagement (1993), son dixième film sur treize, trente ans après sa présentation à Cannes (section Un certain regard, la même année que Sonatine, de Kitano), vient à point nommé relancer l’intérêt autour de ce merveilleux styliste, inestimable peintre de l’adolescence. Le film met une énergie folle et un véritable déluge de formes à raconter un événement intime a priori anodin, à savoir le divorce « effectif » de deux adultes ordinaires, c’est-à-dire ce qu’il reste à faire une fois les papiers signés, soit un douloureux processus de séparation physique et morale. Mais vue par les yeux de leur petite fille, Renko (Tomoko Tabata), la chose prend la dimension d’une faille ouverte dans l’édifice de la réalité, d’un renversement complet du monde sensible.

Intransigeance

Le récit s’ouvre sur le « déménagement » du père, Kenichi (Kiichi Nakai), quittant le domicile familial pour une garçonnière plus fonctionnelle. La mère, Nazuna (Junko Sakurada), working girl en tailleur, se persuade comme elle peut qu’une nouvelle vie commence, sans compter qu’il faut encore solder la précédente. Tous les deux sont de simples employés de bureau, à Kyoto. Et, tout du long, Renko n’aura de cesse de courir de l’un à l’autre, puis de l’autre à l’une, pour les convaincre du contraire, ramer en sens inverse, compenser leur divergence et tenter de les rabibocher.

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