France
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

Des rongeurs momifiés trouvés en altitude n'ont finalement pas été les victimes de sacrifices incas

À plus de 6000 mètres d'altitude, dans un paysage désolé, des cadavres desséchés de rongeurs ont été découverts depuis les années 1970. Les terribles sacrifices rituels des Incas - dont les enfants pouvaient être victimes - ne sont finalement pas en cause, révèle une étude publiée le 23 octobre 2023 dans la revue Current Biology.

Des premières découvertes faites par des archéologues

Dans les années 1970 et 1980, des archéologues ont mené des expéditions sur des sommets andins. Ils ont alors remarqué la présence de cadavres de petits rongeurs et ont rapidement pensé que les petits mammifères avaient bénéficié du passage des Incas sur la route menant à leurs sites sacrés, grimpant dans les provisions puis se laissant porter. Une autre hypothèse était qu'ils faisaient partie de la cérémonie et étaient destinés, eux aussi, au sacrifice.

"Les premiers rapports de rongeurs à des altitudes supérieures à 6000 mètres ne provenaient pas de biologistes mais d'archéologues, car des momies de souris ont parfois été découvertes en association avec des structures cérémonielles incas et des sites funéraires au niveau ou à proximité des sommets de plusieurs hauts volcans andins", souligne l'étude. 

Des rongeurs momifiés

Mais l'équipe de Jay Storz, qui s'est fait une spécialité de démontrer les aptitudes de certains rongeurs en altitude, a définitivement écarté cette piste grâce à la génétique. Le chercheur de l'Université du Nebraska et ses collègues ont capturé des rongeurs de l'espèce Phyllotis vaccarum vivants, à plus de 3000 mètres d'altitude, dont un à plus de 6000 mètres.

En outre, l'équipe de recherche a aussi repéré 13 rongeurs morts, comme momifiés, sur les sommets des volcans Salín (Argentine et Chili), Púlar et Copiapó (Chili), tous d'une hauteur supérieure à 6000 mètres. "Ce sont essentiellement des rongeurs momifiés lyophilisés", remarque le chercheur américain dans un communiqué. Une occasion unique d'analyser l'ADN préservé de ces animaux et d'écarter une bonne fois pour toutes les Incas.

Bien après la chute de l'Empire inca

En mesurant les concentrations en carbone 14, les chercheurs ont déterminé que huit petites momies trouvées sur le Salín et une provenant du Copiapó sont en réalité mortes récemment, après 1955. L'analyse des quatre momies provenant du Púlar révèle que les rongeurs ont trouvé la mort il y a environ 350 ans, soit un siècle après la chute de l'Empire inca.

Une analyse génétique plus poussée a par ailleurs révélé que les rongeurs qui se trouvaient sur ces sommets ne représentaient pas une population différente de ceux que l'on retrouve en bas ou sur les versants. Femelles comme mâles, tous sont visiblement capables de monter des sommets par leurs seuls efforts et d'y vivre. Les Incas n'ont rien à voir là-dedans.

Les chercheurs aimeraient maintenant mieux comprendre les adaptations physiologiques qui permettent à ces petits rongeurs de s'établir dans un environnement si hostile qu'il sert de modèle pour envisager la vie sur Mars. Mais surtout, davantage comprendre pourquoi ils s'y rendent.