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Emmanuel Macron aux Etats-Unis : une visite d'Etat à fort enjeux économiques

Emmanuel Macron aux Etats-Unis : une visite d'Etat à fort enjeux économiques Emmanuel Macron est en visite d'Etat à Washington jusqu'à vendredi. Entre dîners informels et négociations, des sujets économiques vont être abordés avec Joe Biden : les conséquences de la guerre en Ukraine et les négociations sur une loi qui pourrait mettre à mal l'économie européenne.

Emmanuel Macron profite de sa deuxième visite d'Etat à Washington, la première remontant à 2018 alors que Donald Trump était encore président des Etats-Unis. Il est jusqu'à présent le seul chef politique français à avoir ce privilège d'autant plus qu'il profite de premier événement diplomatique organisé par Washington depuis que Joe Biden s'est installé à la Maison Blanche. Des détails qui flattent l'égo du locataire de l'Elysée, où l'on ne se prive pas de faire remarquer "le privilège rare" accordée à Emmanuel Macron comme une "marque de l’excellence des relations franco-américaines". Le chef de l'Etat semble effectivement apprécié outre-Atlantique pour sa "longévité" et sa "sagesse" note les correspondants du Monde. Des qualités qui valent aussi à Emmanuel Macron d'être présenté comme le dirigeants européens favorisé mener les négociations.

Emmanuel Macron s'est rendu à Washington avec une idée en tête. Si son discours est réservé au président américain, quelques indices sur les demandes qui pourraient être formulées ont fuité. Le chef de l'Etat qui porte aussi pour l'occasion la voix de l'Europe entend négocier des "exemptions" à l'Inflation Reduction Act (IRA) pour les industries européennes. Ces dispenses sont déjà appliquées aux entreprises canadiennes et mexicaines pour leur permettre de rester en course, la France prétend au même traitement. Après les négociations prévues ce jeudi 1er décembre, l'Europe espère voir Joe Biden accéder à ses demandes le 5 décembre prochain lors de la réunion de la task force. Emmanuel Macron et d'autres dirigeants européens prévoient aussi une autre réponse à l'IRA : un équivalent européen, le "Buy European Act" pour conserver une certains compétitivité sur le marché mondial.

Alors que le sujet risque d'être récurrent dans les médias ces prochains jours après les négociations entre Emmanuel Macron et Joe Biden, petit rappel sur ce qu'est l'Inflation Reduction Act. La loi de réduction de l'inflation en 2022 a été votée par le Congrès américains le 16 août pour permettre aux Etats-Unis de continuer les efforts de production en limitant les freins entrainés par l'inflation. Il s'agit d'un plan d'investissement de 370 milliards de dollars qui doit financer des mesures sur dix ans pour atteindre l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50 à 52% par rapport au référentiel de 2005 et d'ici à 2030. Dans les faits, l'IRA pourra accorder des crédits d'impôts de 7 500 dollars aux ménages américains pour l'achat d'une voiture électrique de fabrication 100% américaine et aidera à l'installation de panneaux solaires ou à la rénovation des logements. D'uatres crédits d'impôts et subventions seront accordés aux entreprises qui se fournissent de matières premières américaines. L'IRA prévoit aussi un volet social avec des négociations pour rende certains traitements médicaux plus abordables en particulier pour les seniors.

Les échanges entre Emmanuel Macron et Joe Biden tourneront en grande partie autour du volet économique et d'un point en particulier : l'Inflation Reduction Act. Cette loi prévoit, entre autres, un plan d'aide de 370 milliards de dollars pour encourager les entreprises installées sur le sol américain à produire dans des secteurs porteurs comme les voitures électriques ou les énergies renouvelables et en accélérant la transition énergétique. Ces subventions et crédits d'impôt risquent de défavoriser les industries européennes qui supporteront des coûts plus importants et ne seront pas aussi compétitives sur les prix de leurs produits. Conséquences ? Les entreprises européennes risquent d'être perdantes ou de se délocaliser aux Etats-Unis pour profiter des mêmes aides que les concurrents américains. Deux scénarios qu'Emmanuel Macron veut éviter en demandant des exemptions pour certaines industries françaises afin d'assurer une concurrence "loyale".

Plus que la guerre en Ukraine, elle-même se sont aussi ses conséquences sur les deux pays alliés de Kiev qui doivent être au coeur des discussions entre Emmanuel Macron et Joe Biden. L'Europe, et donc la France, souffre nettement plus que les Etats-Unis des sanctions prises par l'Otan contre la Russie en particulier en matière d'énergie et sur l'augmentation du prix de cette dernière. Emmanuel Macron devrait donc ouvrir le débat sur les différences du coût de l'énergie entre les Etats-Unis et l'Europe et la crainte que cet écart ne pousse les industries européennes à se délocaliser outre-Atlantique.

Depuis février 2022, Paris et Washington ne rechignent pas à fournir des aides militaires à Kiev dans le conflit russo-ukrainien. Ce soutien reste prioritaire pour les deux pays, mais Emmanuel Macron et Joe Biden militent tous les deux pour une sortie rapide de la situation de guerre même si les deux hommes n'optent pas pour une stratégie identique. Alors que le chef d'Etat français met un point d'honneur à maintenir le dialogue avec Vladimir Poutine pour parvenir à des négociations entre les deux belligérants, son homologue américain a coupé les liens avec la Russie. Reste que Joe Biden pourrait prochainement s'aligner sur la vision d'Emmanuel Macron depuis que son chef d'Etat-major a repéré une ouverture pour la tenue de discussions entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine.

Première journée chargée pour Emmanuel Macron en visite d'Etat -pour la deuxième fois- à Washington. Dans la matinée le président de la République française doit s'entretenir avec la vice-présidente Kamala Harris notamment sur les enjeux et les questions spatiales, pour l'occasion des figures américaines pourraient être présentes de même que les astronautes français Thomas Pesquet et Sophie Adenot, dernière recrue de l'Agence spatiale européenne. L'après-midi débutera avec le début officiel de la visite d'Etat notamment une cérémonie au cimetière militaire d'Arlington où reposent de nombreux combattants des diverses guerres américaines. Emmanuel Macron sera ensuite attendu à l'ambassade de France aux Etats-Unis avant de finir la journée lors d'un dîner avec son épouse, Brigitte Macron, et le couple présidentiel Biden.

Fin du voyage prévue vendredi 2 décembre pour le chef d'Etat français après une halte en Louisiane. Après son séjour à la capitale, Emmanuel Macron se rendra à la Nouvelle-Orléans: en compagnie du réalisateur Claude Lelouch et du danseur Benjamin Millepied, pour une dernière visite consacrée à la francophonie. 

Le gros morceau de la visite d'Emmanuel Macron aux Etats-Unis se jouera jeudi 1er décembre. C'est là, qu'après une cérémonie en grandes pompes impliquant les chants des hymnes et les tirs de vingt-et-un coups de canon, les deux chefs d'Etats se retireront entre les murs du Bureau ovale pour aborder les sujets sérieux et qui fâchent pour certains. Parmi les sujets brûlants qui doivent être abordés figurent la gestion de la guerre en Ukraine, alors que Washington et Paris se sont placés en grands alliés de Kiev, et surtout les négociations au sujet de l'Inflation Reduction Act (IRA), cette loi qui doit mettre en place un plan d'aide commerciale massif et protectionniste pour les consommateurs et entreprises américaines et qui fait craindre des discriminations et des difficultés pour les industries européennes.

L'amitié affichée entre Emmanuel Macron et Joe Biden doit aussi faire oublier la crise politique ayant provoqué l'ire de Paris en septembre 2021. Les Etats-Unis, alors fort d'un alliance tripartite avec le Royaume-Uni et l'Australie avait ravi le contrat juteux sur la fabrication et la livraison de sous-marins à l'Australie volant la place à la France qui s'était positionnée. Plus d'un an après l'incident géopolitique, les deux présidents ont plus intérêt à se présenter comme des alliés, tout en tirant avantage de leur coopération.

La visite d'Etat a commencé sur un ton léger avec un repas entre couples présidentiels dont l'un des buts était sans doute de montrer la bonne entente des deux chefs d'Etats. La coopération entre Paris et Washington est au coeur du voyage d'Emmanuel Macron outre-Atlantique et ce mercredi elle doit s'organiser sur plusieurs domaines : le nucléaire, le spatial et la biodiversité. Autant de sujets qui font l'actualité économique et sur lesquels les deux Etats souhaitent tenir une place de choix, un projet qui sera facilité par un travail d'équipe dont les conditions et certainement les investissements mutuels doivent être précisés.

Le président français est aux Etats-Unis avec une importante déléguation, pour faire avance de nombreux dossiers stratégiques. Plusieurs ministres sont là : Bruno Le Maire (ministres de l'Zconomie), Sébastien Lecornu (ministre des Armées), Catherine Colonna (ministre des Affaires étrangères), Sylvie Retailleau (ministre de l'Enseignement supérieur) ; des acteurs économiques de premier plan ont aussi été conviés, notamment Xavier Niel, patron d’Illiad, Bernard Arnault, patron de LVMH, Patrick Pouyanné, dirigeant de TotalEnergies.

La première soirée d'Emmanuel Macron et son épouse Brigitte a été assez décontractée : Joe et Jill Biden les ont accueillis à l'aéroport de Washington. Ils ont dîné dans un restaurant italien de la capitale fédérale. L'Elysée a qualifié ce premier têtes à têtes de "moment d’intimité présidentielle", organisé "dans le cadre très informel, très franc et très amical de la relation qu’ils entretiennent".

Le président français sait que Joe Biden et la Maison-Blanche considèrent qu'il est important de choyer son partenaire le plus proche sur le continent européen et le signal envoyé est forcément flatteur pour le chef de l'Etat, qui s'est imposé ces 5 dernières années comme le dirigeant politique le plus influent d'Europe. Ses prises d'initiative sur le dossier de la guerre en Ukraine, sur la recomposition du multilatéralisme ou sur la transition écologique sont étudiées de près à Washington. De fait, Emmanuel Macron est devenu le meilleur interlocuteur européen pour Joe Biden pour consolider l'alliance libérale-occidentale dans un début de siècle marqué par une montée en puissance des régimes autocratiques.