France

En redressement judiciaire, Bio c’Bon aiguise les appétits

Le troisième acteur de la distribution bio en France cherche un repreneur. Le sort de plusieurs milliers de particuliers qui détiennent le quart du groupe est en suspens.

Par Cécile Prudhomme

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Jusqu’à présent, Thierry Chouraqui était resté très discret. Autant, affirmeront certains, que l’entreprise qu’il dirige, Bio c’Bon. Troisième acteur de la distribution spécialisée de produits biologiques derrière Naturalia et Biocoop, le réseau a été placé, à la surprise générale, en redressement judiciaire le 2 septembre par le tribunal de commerce de Paris. Sortant de son silence « pour rétablir la vérité au regard de tout ce qui a été dit », M. Chouraqui justifie, auprès du Monde, cette décision par le besoin de protéger l’enseigne en France et ses 1 035 salariés.

« En raison des évolutions du marché du bio ces trois dernières années, et notamment de l’arrivée massive des grands groupes de distribution alimentaire sur ce segment, nous devions nous adosser, à un moment donné, à un groupe plus important pour pouvoir continuer le développement », explique le dirigeant. D’autant que « de nombreux mouvements sociaux sont venus mettre à mal les centres-villes, où nous sommes très implantés. Les “gilets jaunes”, en novembre 2018, puis les grèves contre la réforme des retraites, fin 2019, ont eu un impact sur notre chiffre d’affaires ». A cela se sont ajoutés des couacs d’approvisionnement dus à une nouvelle plate-forme logistique, le tout provoquant une « légère baisse du chiffre d’affaires en 2019, à 146 millions d’euros ».

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« Pour assurer la pérennité du groupe, des négociations exclusives ont été conclues en juin avec le groupe familial Zouari », souligne Thierry Chouraqui. Mais les discussions pour céder une participation majoritaire dans Bio c’Bon à cet important franchisé du groupe Casino, qui, en janvier 2020, s’est offert 44,5 % de Picard, se sont interrompues quelques semaines plus tard. « Tenu à une certaine confidentialité », M. Chouraqui reconnaît que « dans un système de négociation classique, cela peut prendre un peu de temps ».

« Assurer la pérennité de l’enseigne »

Et du temps, Bio c’Bon n’en avait plus. Le chiffre d’affaires du premier semestre continuait de décliner, aggravé par l’épidémie de Covid-19. « Beaucoup de gens ont fait leur confinement à la campagne, et principalement nos clients. L’activité que nous avons connue avec le Covid a été très difficile, et il fallait faire vite pour assurer la pérennité de l’enseigne. On a donc décidé de passer sous la protection du tribunal pour enclencher un processus de cession par mise en concurrence. »

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